
La Thaïlande intensifie sa lutte contre les réseaux d’escroquerie en ligne. Le 9 avril, Anutin Charnvirakul a annoncé la saisie et le gel de 8,27 milliards de bahts supplémentaires, portant le total des avoirs confisqués dans cette affaire à plus de 20 milliards de bahts.
Une opération d’ampleur contre un réseau transnational
Lors d’une réunion au Bureau de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLO), le ministre de l’Intérieur a précisé que les autorités ciblaient plusieurs figures clés du réseau. Parmi elles figurent une femme identifiée sous le nom de Taengthai, l’homme d’affaires cambodgien Yim Leak, Veereenyah Yim, ainsi que Benjamin Mauerberger, alias Ben Smith, et son épouse Cattaliya Beevor.
Les enquêteurs les soupçonnent d’implication dans des activités criminelles graves, allant de la fraude organisée au trafic de stupéfiants et d’êtres humains.
Dans ce dispositif, les autorités concentrent une attention particulière sur Benjamin Mauerberger, qu’elles considèrent comme un acteur central du blanchiment d’argent pour des réseaux frauduleux basés au Cambodge.
Des saisies massives et ciblées
Dans le cadre de cette nouvelle opération, les autorités ont approuvé le gel de 34 actifs supplémentaires pour une durée maximale de 90 jours. Elles ont saisi notamment des véhicules, des comptes bancaires, des créances et des titres financiers.
Au total, les autorités ont désormais gelé ou confisqué 102 biens, pour une valeur estimée à 20,39 milliards de bahts.
Anutin Charnvirakul a souligné l’ampleur du phénomène et les dégâts causés par ces réseaux transnationaux, très actifs en Thaïlande et dans la région.
Une pression judiciaire renforcée
Le gouvernement entend poursuivre sans relâche ces réseaux. Anutin a insisté sur la détermination des autorités à agir sans ingérence ni traitement de faveur, malgré les moyens juridiques dont disposent certains suspects.
Parmi les biens saisis figure un symbole de cette affaire : le yacht de luxe Atlas, appartenant à Benjamin Mauerberger. Les autorités l’ont placé sous la garde de la marine royale thaïlandaise et préparent sa mise aux enchères sur une plateforme officielle.
Un suspect clé toujours en fuite
Benjamin Mauerberger, homme d’affaires sud-africain bien introduit en Thaïlande et au Cambodge, a quitté Bangkok en septembre dernier pour Dubaï. Depuis, il a poursuivi ses déplacements en mer. Selon des sources d’investigation, son yacht actuel, le Wanderlust, se trouverait près des Seychelles.
Les autorités poursuivent leurs investigations. Elles envisagent d’émettre une notice rouge d’Interpol, dès que le dossier pénal sera suffisamment étayé.
Les victimes appelées à se manifester
Parallèlement, l’AMLO prépare la phase d’indemnisation. Son secrétaire général, Thepsu Bowornchotedara, a annoncé que les victimes pourront déposer des demandes dans un délai de 90 jours après publication officielle.
Elles devront fournir des preuves, notamment relevés bancaires, justificatifs de virements et rapports de police. Les demandes pourront être déposées auprès des bureaux de l’AMLO, des commissariats ou via des canaux en ligne.
Une offensive judiciaire de long terme
Ces nouvelles saisies s’inscrivent dans la continuité d’une décision judiciaire rendue fin février, qui a autorisé la confiscation de plus de 13 milliards de bahts dans plusieurs affaires liées à des réseaux d’escroquerie régionaux.
Les autorités poursuivent désormais deux objectifs : remonter les circuits financiers à l’échelle de l’Asie du Sud-Est et récupérer les fonds pour indemniser les victimes.
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