
Gavroche a compilé les nouvelles disponibles sur les médias thaïlandais a propos de l’adolescent responsable de la tuerie de l’école de Nonthaburi. Sur cette base, voici ce que l’on peut dire de l’auteur de cette tragédie.
Les premières investigations permettent de mieux reconstituer le parcours de l’adolescent qui a ouvert le feu vendredi 7 août à l’école Debsirin Nonthaburi, au nord-ouest de Bangkok après avoir tiré sur ses grands parents
L’adolescent, âgé de 14 ans, était scolarisé en Mathayom 3, niveau correspondant approximativement à la classe de troisième en France. Il vivait avec ses grands-parents à Bang Bua Thong, dans la province de Nonthaburi.
Des membres de sa famille interrogés par la presse thaïlandaise le décrivent comme un garçon qui n’était pas agressif et qui entretenait une relation étroite avec ses grands-parents. Ses proches disent également ne pas avoir identifié auparavant de signe laissant présager une telle violence.
Une possible pression liée aux études
La question de la scolarité constitue l’une des pistes examinées par les enquêteurs.
Après avoir été informé par la police, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a indiqué qu’un ami proche de l’adolescent avait fait état d’un stress lié aux études. Sa grand-mère, elle-même enseignante ou ancienne enseignante selon les informations rapportées, aurait souhaité qu’il obtienne de bons résultats et se serait montrée exigeante sur sa scolarité.
Le Premier ministre estime également, au vu du déroulement des faits qui lui a été présenté par les enquêteurs, que l’adolescent avait préparé son attaque.
Des recherches sur les tueries américaines huit jours auparavant
L’examen de l’ordinateur familial apporte un élément particulièrement important.
Selon un rapport de l’équipe d’enquête cité par le quotidien thaïlandais Matichon, l’adolescent avait effectué le 30 juillet, soit huit jours avant la tuerie, des recherches sur des fusillades commises aux États-Unis depuis son ordinateur personnel.
Cet élément intéresse particulièrement les policiers, qui cherchent à déterminer si certaines attaques commises à l’étranger ont pu lui servir de référence.
Les enquêteurs poursuivent également l’examen de son activité numérique.
Il avait déjà montré l’arme sur Instagram
Un autre élément suggère que l’adolescent connaissait depuis quelque temps l’existence du pistolet de son grand-père.
Selon les informations communiquées au Premier ministre, il avait publié sur Instagram une image de cette arme pendant les célébrations de Songkran, plusieurs mois avant le massacre.
Le pistolet était détenu légalement par son grand-père.
Ce point donne une dimension particulière au drame : contrairement à d’autres affaires dans lesquelles des armes ont été obtenues clandestinement, l’adolescent a eu accès à une arme légalement présente dans son propre foyer.
Selon les informations recueillies par Matichon auprès des enquêteurs, l’arme était conservée dans un meuble à l’étage de la maison. Le garçon aurait utilisé une chaise pour l’atteindre. La police ne pouvait cependant pas encore déterminer si le meuble avait été laissé ouvert ou si l’adolescent avait trouvé la clé.
Près de 100 cartouches emportées
Les constatations policières renforcent l’hypothèse d’une préparation.
Trois boîtes contenant chacune 50 cartouches se trouvaient près de l’arme. D’après Matichon, l’adolescent en aurait pris deux. Deux cartouches étant tombées, il serait parti de chez lui avec 98 munitions.
Il aurait tiré sur son grand-père alors que celui-ci préparait à manger, puis sur sa grand-mère qui se trouvait dans une chambre.
Après avoir tué ses grands-parents, l’adolescent aurait placé l’arme et les munitions dans son sac d’école avant de se rendre normalement en classe.
Cette séquence est l’un des éléments sur lesquels s’appuie la police pour considérer que l’acte pourrait avoir été préparé.
Il assiste à son premier cours avant d’ouvrir le feu
L’enquête permet également de reconstituer les dernières minutes précédant la fusillade.
Après les meurtres commis au domicile familial, le garçon arrive à Debsirin Nonthaburi et assiste normalement à son premier cours de la journée, avec l’arme dissimulée dans son sac.
Selon le récit de l’équipe d’enquête rapporté par Matichon, un changement d’emploi du temps intervient ce matin-là : un professeur de mathématiques remplace l’enseignant qui devait assurer le cours de sciences sociales. L’adolescent ouvre ensuite le feu sur ce professeur avant de poursuivre son attaque dans l’établissement.
Il retourne finalement l’arme contre lui alors que la police encercle les lieux.
Les autorités ont indiqué qu’il disposait encore de plus de 30 cartouches lorsque l’attaque a pris fin.
Un adolescent sans antécédent violent connu
L’un des éléments qui interrogent désormais familles, enseignants et enquêteurs réside dans l’absence apparente de signes annonciateurs clairement identifiés.
Ses proches affirment qu’il n’était pas connu comme un adolescent agressif. Les responsables scolaires avaient également indiqué, dans les premières heures suivant le drame, qu’aucun comportement violent particulier n’avait été signalé auparavant.
Cette absence de signal évident contraste avec certains éléments découverts après les faits : l’intérêt manifesté pour l’arme familiale, sa publication sur Instagram, les recherches effectuées quelques jours auparavant sur des fusillades américaines et la quantité importante de munitions emportée le matin de l’attaque.
Un mobile qui reste à établir
La pression scolaire évoquée par un ami, les relations familiales, l’activité numérique de l’adolescent et son intérêt pour les armes constituent autant d’éléments examinés par les enquêteurs. Aucun ne peut, à lui seul, être présenté comme l’explication du massacre.
C’est probablement la distinction la plus importante à conserver à ce stade : la police dispose désormais de nombreux indices sur ce que l’adolescent a fait avant le 7 août, mais elle doit encore déterminer pourquoi il est passé à l’acte.
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