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VIETNAM – ÉCONOMIE : Bientôt une augmentation du salaire minimum vietnamien de 7,8 %

Date de publication : 19/07/2026
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Viettel usine

 

Le Vietnam poursuit sa transformation économique. Le Conseil national des salaires a approuvé le 16 juillet une hausse moyenne de 7,8 % du salaire minimum régional, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027, sous réserve de l’approbation finale du gouvernement.

 

Au-delà de cette revalorisation, la décision traduit une évolution de fond. Longtemps considéré comme l’un des pays les plus compétitifs d’Asie grâce au faible coût de sa main-d’œuvre, le Vietnam cherche désormais à accompagner la progression des revenus tout en poursuivant sa montée en gamme industrielle.

 

Un compromis entre salariés, entreprises et gouvernement

 

L’accord est intervenu à l’issue d’un deuxième cycle de négociations réunissant représentants des salariés, des employeurs et des autorités publiques.

 

La Confédération générale du travail du Vietnam plaidait pour une hausse comprise entre 8,5 % et 9,8 %, estimant qu’elle était nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs. À l’inverse, la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI) défendait une augmentation limitée à 5 %, avec une entrée en vigueur repoussée au 1er juillet 2027, afin de limiter les coûts pour les entreprises.

 

Le compromis finalement retenu fixe une hausse moyenne de 7,8 %, applicable dès le début de l’année prochaine.

 

Des salaires adaptés aux réalités économiques

 

Comme plusieurs pays asiatiques, le Vietnam applique un salaire minimum différencié selon le niveau de développement des territoires.

 

Dans la région I, qui regroupe notamment Hanoï, Hô-Chi-Minh-Ville et les principaux centres industriels du pays, le salaire minimum mensuel passerait de 5,31 à 5,7 millions de dôngs (environ 190 euros). Les régions II, III et IV bénéficieraient également d’une revalorisation comprise entre 310 000 et 350 000 dôngs, portant leur salaire minimum respectivement à 5,08 millions, 4,45 millions et 4,04 millions de dôngs par mois.

 

Cette organisation permet d’adapter les rémunérations au coût de la vie et au niveau de développement économique de chaque région.

 

Une réponse à l’inflation et aux ambitions économiques

 

Cette hausse intervient dans un contexte de progression des prix. Selon l’Office général des statistiques du Vietnam, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 4,38 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de l’an dernier.

 

Pour les syndicats, cette revalorisation doit permettre aux salariés de mieux faire face à cette hausse du coût de la vie tout en accompagnant l’objectif affiché par les autorités vietnamiennes d’accélérer durablement la croissance économique.

 

Le salaire minimum avait déjà été relevé en janvier 2026, signe que le gouvernement privilégie désormais des ajustements plus réguliers.

 

Une évolution suivie de près en Asie du Sud-Est

 

Pour les entreprises étrangères implantées dans la région, cette décision confirme une tendance de fond : les coûts de la main-d’œuvre augmentent progressivement au Vietnam.

 

Le pays conserve un avantage compétitif important par rapport à plusieurs de ses voisins, mais l’écart se réduit progressivement. Cette évolution est observée avec attention en Thaïlande, où les industriels et les investisseurs comparent en permanence les coûts de production, la qualification de la main-d’œuvre, la qualité des infrastructures et la stabilité du cadre d’investissement avant de choisir l’implantation de leurs usines.

 

Le Vietnam change de modèle

 

La hausse du salaire minimum dépasse donc le cadre d’une simple mesure sociale. Elle illustre la volonté de Hanoï de faire évoluer son modèle économique.

 

Le Vietnam reste aujourd’hui l’une des économies les plus attractives d’Asie du Sud-Est pour les investisseurs industriels. Mais les revalorisations successives des salaires montrent que le pays entend désormais construire sa compétitivité sur une industrie plus productive, des compétences mieux rémunérées et une montée en gamme de son appareil économique, plutôt que sur le seul faible coût de sa main-d’œuvre.

 

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