
Reconduit voici quelques jours pour cinq ans comme secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam n’est pas pour rien un ancien policier de haut rang. C’est avec discipline, et sans aucune intention d’ouvrir des espaces de liberté dans ce pays cadenassé, que le pouvoir de Hanoï entend continuer de gouverner en profitant avec opportunisme des difficultés de ses voisins et rivaux. La Chine, à sa frontière nord, est désormais dans le viseur des États-Unis de Trump. Le Cambodge, son ancien vassal du sud, sort avec difficulté de l’emprise mafieuse chinoise. La Thaïlande demeure un poumon économique aux ambitions limitées, car avant tout guidée par le souci de préserver l’équilibre entre domination de l’élite oligarchique et espace de liberté politique. Quant au Laos, sa vocation de pays satellite est confirmée. Le Vietnam sort donc de ce contexte régional avec de solides cartes en main.
L’autre atout du Vietnam est sa capacité à ne plus se faire d’ennemis. Ce pays, qui a tant souffert de la guerre avant de devenir envahisseur au Cambodge après la chute des Khmers rouges, mise désormais sur l’économie pour s’imposer et sur les alliances pour résister à la pression chinoise sur les Spratleys et les Paracels. Le tourisme complète cette stratégie. Oubliée la seule carte industrielle : le Vietnam offre une économie diversifiée aux investisseurs, avec pour vitrine la toujours vibrante Hô-Chi-Minh-Ville. Cinquante ans après la chute de l’ex-Saïgon aux mains des troupes communistes, la revanche est prise sur l’histoire. Le Vietnam est, en 2026, un pivot asiatique qui gagne à tous les coups.
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