
Un rat, une statue, et toute une histoire. À Siem Reap, les autorités cambodgiennes ont rendu hommage vendredi à Magawa, un rat détecteur de mines devenu une figure presque légendaire dans le royaume. Peu banal, mais hautement symbolique.
Un héros à quatre pattes
Magawa n’était pas un animal ordinaire. Formé par l’ONG belge APOPO, ce rat géant africain a contribué, entre 2016 et 2020, à détecter plus d’une centaine de mines et d’engins explosifs, permettant de sécuriser plus de 140 000 mètres carrés de terrain.
Un travail discret, mais crucial dans un pays encore marqué par des décennies de conflits. Décédé en 2022, Magawa avait été décoré d’une médaille d’or britannique pour bravoure animale — une distinction rare qui avait contribué à sa renommée mondiale.
Une mémoire encore vive
Lors de la cérémonie, le vice-président de l’Autorité cambodgienne de lutte contre les mines, Ly Thuch, a salué une contribution “qui a redonné confiance aux populations”. Car derrière l’hommage, il y a une réalité toujours présente : au Cambodge, la menace des mines n’appartient pas totalement au passé. Dans certaines régions, marcher, cultiver ou jouer reste encore une prise de risque.
Déminer pour reconstruire
L’inauguration de cette statue est intervenue vendredi 3 avril, la veille de la Journée internationale de sensibilisation aux mines.
Un rappel opportun : le déminage reste une condition essentielle du développement économique et social du pays. “Ce n’est pas seulement une question technique, mais un fondement de la paix”, a insisté Ly Thuch.
Un symbole, mais aussi un message
Au-delà de l’anecdote — un rat devenu héros national —, Phnom Penh envoie un signal. Celui d’un Cambodge qui continue de tourner la page des conflits, tout en rappelant que la mission n’est pas terminée. Et que parfois, ce sont les plus petits acteurs qui laissent les traces les plus durables.
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