
Le Vietnam tourne une page. Mardi 7 avril, l’Assemblée nationale a élu à l’unanimité To Lam à la présidence de la République, consacrant un basculement politique majeur à la tête du pays. Sans surprise, les 495 députés présents ont validé une décision déjà actée en coulisses fin mars. Mais au-delà de la formalité, c’est bien un changement de modèle qui se dessine.
La fin du jeu à quatre
Jusqu’ici, le pouvoir vietnamien reposait sur un équilibre subtil : les fameux « quatre piliers » – secrétaire général du Parti, président, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale – répartissaient l’autorité entre plusieurs figures. Avec To Lam, cette architecture vacille.
Déjà reconduit en janvier à la tête du Parti communiste vietnamien (PCV), il cumule désormais les deux fonctions clés : chef du Parti et chef de l’État. Un double pouvoir qui fait de lui l’homme fort du Vietnam, sans équivalent depuis des années.
Une consolidation assumée
Ce n’est pas totalement une surprise. To Lam avait déjà brièvement concentré ces fonctions après la disparition de Nguyen Phu Trong en juillet 2024. Mais cette fois, le cumul s’inscrit dans la durée, avec un mandat présidentiel de cinq ans. Le Vietnam se rapproche ainsi de modèles bien connus dans la région, comme la Chine de Xi Jinping ou le Laos de Thongloun Sisoulith, où le pouvoir se concentre entre les mains d’un seul dirigeant.
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