
Chaque semaine, notre ami Richard Werly, conseiller éditorial chez Gavroche, partage sa vision de la France sur le site d’actualités suisse Blick. Vous pouvez vous abonner à sa lettre d’information, Republick, ou la consulter en ligne.
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Tout le monde devrait lire les avis des Gracques, ce collectif de hauts fonctionnaires, de personnalités politiques et d’experts français qui, depuis près de trente ans, se penche sur la France à chaque élection présidentielle.
J’en parle parce que, très aimablement, ce cénacle aussi huppé qu’intelligent et perspicace m’a confié, samedi 11 avril, l’animation d’une table ronde intitulée « Flux migratoires, intégration et vivre ensemble » lors de sa journée d’études. Tout un programme ! Juste avant, les finances publiques du pays et le fonctionnement de son administration avaient été pareillement disséqués. Les Gracques, pour tout vous dire, essaient de ressusciter Michel Rocard (décédé en juillet 2016) à toutes les sauces. Ils avaient, en 2017, misé pour cela sur Emmanuel Macron. C’est dire leur perspicacité…
J’arrête toutefois de persifler. Le sujet est trop grave. Car dans tous les domaines évoqués lors de cette journée, une évidence m’est apparue. Simple. Terrible. Incontournable. L’État français, cette religion laïque, ne fonctionne plus. Ou, plus exactement, personne n’est aujourd’hui capable de le contrôler et de lui faire exécuter les décisions voulues. Les dépenses sociales explosent, car personne ne sait les arrêter. Les juges sont tellement indépendants que la justice, asphyxiée de dossiers, fonctionne en roue libre. Et je pourrais rajouter des exemples.
Alors, on fait quoi ? L’ancien ministre des Finances, Eric Lombard, un « super Gracque » a défendu l’importance de la méthode : vérifier, contrôler, faire exécuter ce qui a été voté. Demander des comptes aux administrations, tout simplement.
Banco ?
Bonne lecture, avec les Français !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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Richard Werly possède ce charme discret de nous plonger dans l’un de ces cénacles bourgeois, bien que composé de personnalités intelligentes (et perspicaces ?) dont la « gauche » sait accoucher. Mais de quoi ?
Des Gracques ! Mais quel intérêt ?
De nous faire revisiter nos années latin et le magnifique Tite-Live (Ab urbe condita), sans doute, mais de là à vouloir faire revivre les cadavres… celui de l’État dont notre éditorialiste nous annonce avec gourmandise la mort. C’est un leitmotiv werlyen, plutôt une obsession. Un cadavre exquis qui fait le plat de résistance d’éditos successifs, répétés en boucle et avec gourmandise, comme celui de Loana décrit dans la splendeur de sa putréfaction dans un édito précédent, et qui m’avait questionné et intrigué, tenté de soumettre l’image convoquée à un psychanalyste. Décidément, quelle fascination pour le morbide !
Pour ma part, je croyais que cet « aréopage sachant », une forme eczémateuse d’élitisme prônant le « vivre ensemble », était déjà mort depuis belle lurette et que le cadavre avait cessé d’empester l’immeuble.
Eh bien non, en ces temps de résurrection, la vie éternelle semble lui avoir été accordée. De quelles idées nouvelles a-t-il accouché en matière de « vivre ensemble » ? Vivre à Barbès et à La Chapelle ? Les membres illustres de ce cénacle auraient-ils pris l’engagement de partager leur couche avec le dernier migrant qui hante les rues de notre capitale ? Auraient-ils décidé d’accepter l’ouverture d’un centre d’hébergement en face de leur immeuble ?
En ces temps de pré-électoralisme déchaîné, pour quel « néo-macronien » roulent les « Gracques » ? À moins que ce soit pour celui qui, dans une proclamation divine, a déclaré que l’État, c’était « lui »…