
La baisse des prix du pétrole redonne un peu d’air à l’économie thaïlandaise. Sans transformer les perspectives du royaume, elle conduit les économistes de Kiatnakin Phatra (KKP) à relever légèrement leur prévision de croissance pour 2026, de 1,9 % à 2,1 %. Une amélioration bienvenue, mais qui ne suffit pas à dissiper les fragilités persistantes de l’économie.
Importatrice nette d’énergie, la Thaïlande bénéficie directement du recul des cours du brut après l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Une facture énergétique moins élevée réduit les coûts de transport, améliore les comptes extérieurs et soutient plusieurs secteurs clés, au premier rang desquels le tourisme.
Le tourisme reste le principal moteur
Pour KKP, le premier bénéficiaire de cette baisse des prix du pétrole est le secteur touristique. Des billets d’avion moins coûteux favorisent notamment les voyages long-courriers, ce qui devrait soutenir le retour des visiteurs européens lors de la haute saison de fin d’année.
Les économistes anticipent désormais 32,7 millions de touristes étrangers en 2026, contre 31,8 millions dans leur précédente prévision. Ce chiffre resterait toutefois inférieur de 0,8 % à celui de 2025, confirmant que la reprise du tourisme demeure plus lente qu’espéré. En 2027, les arrivées pourraient atteindre 34,9 millions.
Cette révision intervient alors même que les derniers indicateurs publiés montrent un ralentissement de la fréquentation touristique depuis le printemps, preuve que le secteur reste sensible aux évolutions de la conjoncture internationale.
Une croissance qui reste modeste
Malgré cette amélioration, la prévision de 2,1 % reste faible au regard des performances historiques de la Thaïlande. Avant la pandémie de Covid-19, le royaume enregistrait régulièrement une croissance comprise entre 3 % et 4 % par an.
Les ménages devraient certes profiter d’une baisse de leur facture énergétique, mais leur fort niveau d’endettement et la faiblesse du crédit continueront de peser sur la consommation. Les économistes estiment ainsi que le recul des prix du pétrole offrira davantage un soulagement qu’un véritable moteur de croissance.
L’intelligence artificielle soutient les investissements
KKP souligne également que les investissements massifs dans les centres de données et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle en Asie créent une dynamique régionale favorable. La Thaïlande devrait en bénéficier indirectement grâce aux investissements privés, aux échanges commerciaux et à l’activité industrielle qu’ils génèrent.
Dans le même temps, la baisse des prix de l’énergie conduit les économistes à revoir leur prévision d’inflation pour 2026 à 2,4 %, contre 3 % auparavant. Cette évolution conforte le scénario d’une Banque de Thaïlande qui devrait maintenir ses taux directeurs inchangés jusqu’en 2027, estimant que le ralentissement de l’inflation provient avant tout de facteurs extérieurs.
Des fragilités structurelles demeurent
Pour autant, les difficultés de fond de l’économie thaïlandaise restent inchangées. La demande intérieure demeure peu dynamique, la compétitivité de certains secteurs exportateurs s’érode et le déficit courant devrait persister malgré une facture énergétique moins élevée.
En d’autres termes, la Thaïlande profite aujourd’hui d’un environnement international un peu plus favorable. Mais cette amélioration ne règle pas les défis structurels auxquels le pays est confronté depuis plusieurs années. Comme Gavroche l’a récemment souligné à travers ses analyses du tourisme, de l’immobilier ou encore de la consommation des ménages, la reprise économique reste inégale et dépend encore largement de facteurs extérieurs plutôt que d’un véritable redémarrage de la demande intérieure.
Gaston Baht
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