
La Thaïlande est confrontée à l’un des plus importants scandales de corruption ayant touché le recrutement de la fonction publique territoriale. Les autorités recommandent la révocation de 5 814 fonctionnaires après la découverte d’irrégularités dans les résultats des concours de recrutement de 2025. Une décision définitive est attendue le 23 juillet, lors de la réunion des trois commissions nationales compétentes.
L’affaire dépasse largement le cadre de quelques tricheries individuelles. Selon les enquêteurs, un réseau organisé aurait perçu des pots-de-vin afin de modifier les copies d’examen et les résultats après la tenue des épreuves, permettant à des candidats d’obtenir un poste dans l’administration locale.
Un réseau de fraude à l’échelle nationale
L’enquête, menée conjointement par la Commission nationale anticorruption (NACC) et la police, a mis au jour des écarts entre les copies d’examen et les résultats officiellement publiés.
Les enquêteurs ont identifié trois catégories de dossiers. Ils soupçonnent que les organisateurs de la fraude ont modifié les notes de 3 621 candidats afin de transformer un échec en réussite. Ils estiment également que 1 713 candidats, pourtant déjà admis, ont bénéficié d’une majoration artificielle de leurs notes. Enfin, ils examinent encore 480 dossiers présentant des écarts d’un ou deux points, susceptibles de résulter d’erreurs de numérisation ou d’autres anomalies administratives.
Les deux premières catégories concentrent l’essentiel des soupçons de fraude. Les 480 derniers dossiers feront l’objet d’un examen complémentaire afin de déterminer si les écarts constatés relèvent d’erreurs techniques ou d’irrégularités plus graves.
Les autorités attendront d’avoir réexaminé l’ensemble des copies d’examen avant de recruter d’éventuels candidats de remplacement.
Trois principaux suspects arrêtés
Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Anutin Charnvirakul, a confirmé l’arrestation de trois principaux suspects, identifiés comme Phichit, Win et Sataporn. Les autorités les accusent notamment d’association de malfaiteurs, de faux en écriture publique, de manipulation de données informatiques et de divulgation illégale d’informations confidentielles.
Selon le Bureau central des enquêtes, les suspects auraient coordonné un système permettant de modifier les résultats des concours avec la complicité de plusieurs fonctionnaires. L’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées.
Une décision attendue le 23 juillet
Le Comité central chargé des concours de la fonction publique locale a déjà recommandé l’annulation des nominations des 5 814 agents concernés. Les trois commissions nationales de gestion des personnels territoriaux examineront cette recommandation lors de leur réunion du 23 juillet.
Si elles la valident, les collectivités locales engageront les procédures de révocation des fonctionnaires concernés.
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a également annoncé que les enquêteurs continueraient à élargir leurs investigations à mesure que de nouvelles preuves émergeraient. Il a assuré que les autorités poursuivraient en justice tous les responsables, sans exception.
Au-delà des poursuites judiciaires, ce scandale fragilise la crédibilité des concours de la fonction publique locale, principal mode de recrutement des administrations territoriales.
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