Home Accueil BIRMANIE – FRANCE : Hommage à Marie-Hélène, Michèle Cardinaud-Steyaert (1950 – 2026)

BIRMANIE – FRANCE : Hommage à Marie-Hélène, Michèle Cardinaud-Steyaert (1950 – 2026)

Journaliste : François Guilbert Date de publication : 18/08/2026
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Marie-Hélène Cardinaud s’est éteinte samedi 15 août. Avec elle, disparaît l’une des fondatrices des études en France de la langue birmane. Diplômée de birman à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) en 1971, la pionnière a effectué toute sa carrière académique dans cet établissement d’enseignement supérieur parisien où elle donna ses premiers cours en 1974. Maître de conférences, la linguiste renommée prit en 1989 la tête de son département de birman.

 

Elle a alors succédé à Denis Bernot (1922 – 2016), une autre très grande dame des Langues O’, qui y inaugura en 1960 la chair et les premiers enseignements de birman. Avec Marie Yin Yin Myint, les trois femmes ont publié un manuel de langue et de grammaire, devenu avec ses deux cassettes enregistrées des volumes de référence à partir de 1990.

 

À ce travail pédagogique et d’encadrement des apprenants d’une langue complexe, Marie-Hélène Cardinaud a ajouté une passion pour la littérature orale et le sens des mots. Cela la mena à y consacrer sa thèse de doctorat (Le conte de pourquoi dans les littératures populaires de Birmanie, 1981). Cet intérêt pour les fables anciennes, elle l’a partagé de revues savantes aux ondes de la radio, et plus encore au travers d’un recueil de contes établis avec Than Tun, collègue de l’université de Mandalay : Pourquoi ce sont les femmes qui donnent naissance aux enfants, paru aux éditions Grancher en 2004.

 

Mais l’héritage majeur que nous laisse Marie-Hélène Cardinaud est, en tout premier lieu, d’avoir corédigée des outils pédagogiques indispensables, et sans pareil jusque-là (cf. Parlons birman, L’Harmattan, 1993).

 

Leurs échos se propagent aujourd’hui encore bien au-delà des cercles francophones. Une carrière bien remplie, y compris sur le plan administratif, Reconnue par ses pairs, Marie-Hélène Cardinaud a siégé à la section 15 du Conseil national des universités, consacrée aux domaines linguistiques. En mai 2011, pour sa 38ème année d’activité professionnelle, elle fut élevée au grade de chevalier de l’ordre national du Mérite.

 

François Guilbert

 

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