
Un créateur de contenu laotien de 26 ans, installé en Thaïlande, n’a plus donné signe de vie depuis le 15 septembre. De nouvelles images de vidéosurveillance permettent de retracer ses derniers déplacements, tandis qu’une ONG craint un cas de répression transnationale.
Khieo Lapchanh, 26 ans, vivait en Thaïlande depuis 2019 et travaillait dans un restaurant de Samut Sakhon, à l’ouest de Bangkok. Sur Facebook, sa page « Khiew Chennel », qui compte aujourd’hui environ 161 000 abonnés, diffusait notamment des vidéos critiques envers le gouvernement laotien.
Selon la Fondation Manushya, qui l’accompagnait dans sa demande d’asile, Khieo devait se rendre le 16 septembre à Bangkok pour un entretien avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il préparait activement ce rendez-vous et avait rassemblé ses documents ainsi que les éléments relatifs aux menaces qu’il disait avoir reçues.
Les dernières images connues
Des images de vidéosurveillance ont depuis permis de préciser ses derniers déplacements. Elles montrent Khieo quittant son travail dans la nuit du 15 septembre et prenant le chemin de son domicile. Il n’y serait jamais arrivé.
La Fondation Manushya affirme que rien ne laisse penser qu’il préparait volontairement son départ. Elle demande désormais aux autorités thaïlandaises d’exploiter les caméras de surveillance et toute image susceptible de retracer son trajet.
Une disparition encore inexpliquée
À ce stade, aucune source publique crédible ne permet d’établir ce qui est arrivé à Khieo Lapchanh. La Fondation Manushya redoute toutefois un cas de répression transnationale, c’est-à-dire une opération visant un opposant politique à l’étranger. Cette hypothèse n’est pas confirmée.
Le jeune homme avait commencé à publier régulièrement des vidéos critiques envers le pouvoir laotien fin 2025. Selon l’ONG, il avait ensuite reçu plusieurs menaces et décidé de demander l’asile en Thaïlande. Son cas ravive le souvenir de plusieurs disparitions ou assassinats de dissidents laotiens dans le royaume ces dernières années.
Pour l’heure, Khieo Lapchanh reste porté disparu.
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