
Une vingtaine d’exposants référencés sous la bannière France participeront à Gastech 2026, du 14 au 17 septembre au BITEC de Bangkok. TotalEnergies, ENGIE, Technip Energies, GTT, Schneider Electric ou encore Axens arrivent dans une région où la consommation électrique a bondi de 24 % entre 2021 et 2025. Pour les groupes français, l’enjeu est clair : se positionner sur un marché qui doit simultanément produire davantage, sécuriser ses approvisionnements et accélérer sa transition énergétique.
Bangkok accueillera du 14 au 17 septembre l’un des principaux rendez-vous mondiaux de l’énergie. Dans la liste officielle des exposants, Gavroche a recensé une vingtaine de participants enregistrés sous la bannière France.
Parmi eux figurent notamment TotalEnergies, ENGIE Global Energy Management & Sales, Technip Energies, GTT, Schneider Electric, Bureau Veritas Marine & Offshore, Axens et Arkema. Autour de ces grands noms, plusieurs spécialistes du GNL, de la cryogénie, des infrastructures, des matériaux et des technologies bas carbone compléteront la présence française.
Un Pavillon France organisé avec EVOLEN sera également présent.
Une région qui a besoin de toujours plus d’électricité
Cette mobilisation intervient alors que les besoins énergétiques de l’Asie du Sud-Est progressent rapidement. Selon une analyse de Boston Consulting Group, la consommation électrique régionale a augmenté de 24 % entre 2021 et 2025, soit plus du double de la moyenne mondiale.
Mais cette hausse reste largement couverte par les énergies fossiles : le charbon et le gaz ont assuré 70 à 80 % de la nouvelle demande électrique. La région doit donc produire beaucoup plus d’électricité sans enfermer sa croissance dans une dépendance accrue aux combustibles fossiles.
Les marchés commencent à évoluer. Le Vietnam expérimente les contrats directs d’achat d’électricité entre producteurs renouvelables et grandes entreprises, tandis que la Malaisie, le Vietnam et l’Indonésie ouvrent progressivement leurs réseaux à de nouveaux acteurs. Le projet d’ASEAN Power Grid, destiné à renforcer les échanges d’électricité entre pays de la région, retrouve également une place centrale.
Le GNL reste au cœur de la sécurité énergétique
La transition vers les renouvelables ne signifie pas pour autant la disparition du gaz. Les tensions au Moyen-Orient et les risques entourant le détroit d’Ormuz rappellent la vulnérabilité des approvisionnements asiatiques en GNL. Dans ce contexte, les États-Unis, devenus premier exportateur mondial, offrent aux acheteurs asiatiques une source supplémentaire de diversification. L’Asie devrait d’ailleurs redevenir un moteur majeur de la demande mondiale de GNL avec l’arrivée de nouvelles capacités d’exportation.
L’intelligence artificielle consomme aussi de l’énergie
Autre évolution majeure : la croissance des centres de données et de l’intelligence artificielle. Gastech consacre cette année un programme spécifique, AixEnergy, aux relations entre IA, énergie et infrastructures. Les débats porteront autant sur l’utilisation de l’IA pour optimiser réseaux, pipelines et installations énergétiques que sur la consommation électrique croissante provoquée par l’IA elle-même.
Singapour, la Malaisie et la Thaïlande attirent de nouveaux investissements dans les data centers. Ces installations nécessitent une alimentation électrique massive et continue et commencent déjà à exercer une pression supplémentaire sur les réseaux régionaux.
Pour les pays d’Asie du Sud-Est, l’enjeu devient aussi économique : disposer d’une énergie fiable et compétitive constitue désormais un argument pour attirer les investissements internationaux dans l’IA et le cloud.
Les Français viennent avec une offre très large
La diversité des entreprises présentes reflète directement cette transformation. Le GNL reste fortement représenté avec TotalEnergies, ENGIE, GTT, SOFREGAZ ou Cryostar, mais l’offre française s’étend également à l’hydrogène, au captage et au transport du CO₂, à l’efficacité énergétique, à la certification, aux infrastructures maritimes, aux matériaux et aux équipements industriels.
Plusieurs groupes ont déjà précisé leurs ambitions. ENGIE mobilisera à Bangkok plusieurs responsables de ses activités d’approvisionnement et de gestion de l’énergie. Technip Energies interviendra notamment sur le GNL, l’ammoniac et les gaz renouvelables, tout en présentant des solutions d’optimisation des installations par l’intelligence artificielle. SOFREGAZ affiche pour sa part un objectif clairement commercial : rencontrer développeurs de projets et partenaires industriels en Asie.
Même la question du méthane illustre cette évolution. Les technologies de mesure se multiplient, mais l’enjeu devient désormais de transformer les données recueillies par satellites, drones ou capteurs en réductions concrètes d’émissions et en gains opérationnels.
Bangkok, vitrine d’un marché régional en transformation
Gastech ne sera donc pas seulement un salon consacré au gaz. À Bangkok, se croisent désormais sécurité énergétique, croissance électrique, décarbonation et révolution numérique. Pour les industriels français, le rendez-vous offre surtout l’occasion de se positionner sur un marché régional en pleine transformation : plus d’électricité, plus de numérique, davantage de contraintes climatiques, mais aussi des besoins croissants en infrastructures, technologies et services énergétiques.
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