Accueil Thaïlande Politique THAÏLANDE – NUCLÉAIRE : Deux stations thaïlandaises surveillent les essais atomiques dans le monde

THAÏLANDE – NUCLÉAIRE : Deux stations thaïlandaises surveillent les essais atomiques dans le monde

Date de publication : 15/09/2026
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station Nakhon Pathom - essai nucléaire

 

Une station sismique à Chiang Mai, une autre chargée de détecter les particules radioactives à Nakhon Pathom : la Thaïlande participe directement au réseau mondial chargé de repérer d’éventuels essais nucléaires. Le royaume prépare désormais l’installation du premier système de détection des gaz nobles radioactifs de ce type en Asie du Sud-Est.

 

C’est un rôle discret de la Thaïlande, mais particulièrement sensible. Depuis Chiang Mai et Nakhon Pathom, deux stations intégrées au système international de surveillance contribuent à détecter les phénomènes susceptibles de révéler un essai nucléaire quelque part dans le monde.

 

Bangkok vient de rappeler cette contribution aux Nations unies. Le 31 août à New York, Pawaree Xuto Chaipatiyut, représentante permanente adjointe de la Thaïlande auprès de l’ONU, a réaffirmé l’engagement du royaume en faveur de l’interdiction complète des essais nucléaires.

 

La diplomate a notamment appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à permettre l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE, CTBT en anglais), adopté il y a trente ans.

 

De Chiang Mai à Nakhon Pathom

 

La contribution thaïlandaise ne se limite pas à la diplomatie. La Thaïlande accueille deux installations appartenant au Système de surveillance international, un réseau mondial développé sous l’égide de l’organisation chargée de préparer l’application du traité.

 

À Chiang Mai, la station PS41 surveille les ondes sismiques. Une explosion nucléaire souterraine produit en effet des vibrations qui peuvent être enregistrées à grande distance.

 

À Nakhon Pathom, la station RN65 recherche dans l’atmosphère des radionucléides susceptibles d’apporter des informations complémentaires sur la nature d’un événement détecté.

 

Ces installations transmettent leurs mesures au système international de la CTBTO. Les données sismiques peuvent également avoir des applications civiles, notamment pour l’étude des tremblements de terre et les dispositifs d’alerte aux tsunamis.

 

Une première en Asie du Sud-Est

 

La Thaïlande doit désormais franchir une nouvelle étape à Nakhon Pathom. Un système de surveillance des gaz nobles radioactifs est en cours d’installation. Selon la représentation thaïlandaise auprès des Nations unies, il s’agira, une fois opérationnel, de la première installation de ce type en Asie du Sud-Est.

 

Pourquoi rechercher ces gaz ? Certains isotopes radioactifs du xénon peuvent être produits par une explosion nucléaire. Lorsqu’ils s’échappent dans l’atmosphère, ils peuvent être transportés sur de longues distances et détectés par des équipements extrêmement sensibles.

 

Les différentes techniques sont donc complémentaires : les instruments sismiques peuvent signaler une explosion souterraine, tandis que l’analyse de radionucléides peut apporter des éléments permettant d’en déterminer la nature nucléaire.

 

Un traité vieux de trente ans qui attend toujours

 

Cette infrastructure internationale repose sur un traité dont l’histoire est pour le moins inhabituelle. Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 septembre 1996. La Thaïlande l’a signé la même année et l’a ratifié en 2018.

 

Mais trente ans plus tard, le traité n’est toujours pas juridiquement entré en vigueur. Une disposition impose en effet sa ratification par 44 États possédant, au moment de sa négociation, certaines capacités nucléaires. Neuf d’entre eux doivent encore le ratifier : Chine, Égypte, Inde, Iran, Israël, Corée du Nord, Pakistan, Russie et États-Unis. L’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ne l’ont jamais signé, tandis que la Russie a révoqué sa ratification en 2023.

 

Cela n’a pas empêché la construction progressive du réseau international de surveillance : il fonctionne déjà et fournit quotidiennement des données aux États participants.

 

Bangkok veut renforcer son rôle régional

 

La Thaïlande souhaite désormais aller plus loin. En juillet, Robert Floyd, secrétaire exécutif de la CTBTO, s’est rendu dans le royaume pour discuter avec les autorités thaïlandaises du développement de la coopération technique et de la formation.

 

Bangkok s’est également déclaré prêt à coorganiser en 2027 un atelier régional consacré à l’Asie du Sud-Est et au Pacifique.

 

À New York, la Thaïlande a donc défendu l’entrée en vigueur d’un traité vieux de trente ans. Mais loin des salles de conférence de l’ONU, Chiang Mai et Nakhon Pathom participent déjà, chaque jour, au dispositif mondial chargé de détecter les signes d’un éventuel essai nucléaire.

 

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