
En bombardant par voie aérienne un marché vers midi le 28 septembre, l’armée birmane a suscité un nouveau tollé international. La frappe a fait près d’une centaine de blessés et de morts dans une zone densément fréquentée.
Les victimes de l’opération menée par un avion de combat construit par la Russie sont des enfants, des femmes, des commerçants, des transporteurs et des personnes de passage.
L’émotion et l’indignation internationales n’en sont que plus grandes.
À Londres, la ministre pour l’Indo-Pacifique Winterton a parlé d’acte « absolument inacceptable ». Du côté de l’Union européenne, on s’est exprimé le 30 septembre par la voix du porte-parole du Service européen pour l’action extérieure. L’Union européenne a, au nom des 27, clairement fait porter la responsabilité du drame sur « les forces armées birmanes » et a rappelé que « le droit international humanitaire est universel et doit être respecté ».
Le secrétaire général Antonio Guterres a été plus loin encore, par la voix de son porte-parole, en demandant que « les responsables soient tenus de rendre des comptes ». Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a quant à lui vu dans cette tragédie un exemple de plus d’un pays « ravagé par une violence extrême ».
Médecins sans frontières a été l’ONG la plus revendicatrice en demandant que les bombardements d’hôpitaux cessent et que les soins médicaux puissent atteindre ceux qui en ont besoin, car désormais, il s’agit d’aider les survivants meurtris. Il faut en effet urgemment prendre en compte les mutilés et les personnes gravement brûlées, à défaut de quoi le bilan victimaire va grossir encore. Nombre d’entre eux ont besoin de soins traumatologiques complexes et vitaux pour lesquels le système de santé de l’État Rakhine est extrêmement mal équipé.
Mais devant cette tragédie, il faut également bien convenir qu’il y a des silences bien pesants, notamment du côté des voisins de l’ASEAN, alors que son envoyée spéciale doit effectuer ce mois-ci une visite portant sur les sujets « humanitaires » et que les leaders sont appelés à discuter en novembre du « recalibrage » des relations de l’association régionale avec le régime militaire en place à Nay Pyi Taw.
François Guilbert
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