Accueil Asie Asean LAOS – POLITIQUE : Saleumxay Kommasith hérite d’un pays sous pression

LAOS – POLITIQUE : Saleumxay Kommasith hérite d’un pays sous pression

Date de publication : 09/10/2026

Saleumxay Kommasith Premier ministre du Laos

 

Le Laos a un nouveau Premier ministre. Lundi 5 octobre, l’Assemblée nationale a nommé Saleumxay Kommasith, ancien chef de la diplomatie, à la tête du gouvernement. Francophone, formé à Moscou et en Australie, ce dirigeant de 57 ans hérite d’une économie encore fragile, malgré le retour de la croissance. Son arrivée intervient à quelques semaines d’une échéance importante pour le pays.

 

Un diplomate prend les commandes du Laos. Lundi 5 octobre, les 158 députés présents à l’Assemblée nationale ont approuvé à l’unanimité la nomination de Saleumxay Kommasith au poste de Premier ministre. Il succède à Sonexay Siphandone, qui prend pour sa part la présidence du Parlement.

 

Ce changement intervient après le décès, en août, de Xaysomphone Phomvihane, précédent président de l’Assemblée nationale. Il s’agit donc d’un réaménagement au sommet de l’État, et non d’une alternance politique.

 

Depuis 1975, le Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL) exerce seul le pouvoir. Dans ce régime à parti unique, le Premier ministre dirige le gouvernement, mais le parti et son secrétaire général déterminent les grandes orientations politiques.

 

La nomination de Saleumxay Kommasith attire néanmoins l’attention en raison de son parcours international. Né le 31 octobre 1968 dans la province de Houaphan, au nord-est du pays, il a étudié les relations internationales à Moscou, avant de poursuivre sa formation à l’université Monash, en Australie. Il parle notamment français, anglais et russe.

 

Entré au ministère des Affaires étrangères en 1992, il a représenté son pays auprès des Nations unies avant de diriger la diplomatie laotienne de 2016 à 2024. Nommé vice-Premier ministre en 2022, il siège également au Bureau politique du PRPL, l’une des principales instances dirigeantes du régime. Cette expérience diplomatique pourrait lui être utile dans un pays qui dépend largement des investissements et des financements étrangers.

 

Une économie encore fragile

 

Le nouveau Premier ministre hérite d’une économie qui a retrouvé une certaine stabilité après plusieurs années de forte inflation et de dépréciation du kip, la monnaie nationale. Selon la Banque mondiale, la croissance a atteint 4,8 % en 2025, mais devrait ralentir à 3,8 % en 2026. La dette publique demeure élevée et son remboursement réduit les moyens dont dispose l’État pour financer ses infrastructures et ses services publics.

 

Le Laos doit également préserver ses relations avec ses principaux partenaires. La Chine joue un rôle majeur dans le financement des infrastructures, tandis que le Vietnam reste un allié politique privilégié. La Thaïlande constitue, de son côté, un partenaire commercial essentiel, notamment pour les exportations d’électricité.

 

Devant les députés, Saleumxay Kommasith a notamment promis de soutenir l’agriculture, de renforcer les investissements et de poursuivre les efforts de stabilisation économique. Sa nomination intervient enfin à quelques semaines d’une échéance symbolique : le 24 novembre 2026, le Laos doit officiellement quitter la catégorie des pays les moins avancés, selon le calendrier des Nations unies.

 

Cette évolution témoigne des progrès accomplis par le pays, mais elle pourrait également modifier progressivement son accès à certains avantages commerciaux et dispositifs internationaux de soutien.

 

Pour ce diplomate habitué aux négociations internationales, le principal défi sera désormais intérieur : transformer les investissements étrangers et les grands projets d’infrastructures en une amélioration durable du niveau de vie des Laotiens.

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