
Un Français de 51 ans a été arrêté jeudi 8 octobre à Chiang Mai, où il exploitait, selon la police, une auberge de jeunesse sans licence. Mais l’enquête a rapidement pris une autre tournure : les autorités soupçonnent l’entrepreneur d’avoir utilisé une associée thaïlandaise comme prête-nom pour contourner les restrictions imposées aux entreprises étrangères.
C’est une opération de la police touristique qui a révélé l’affaire. Jeudi 8 octobre, les policiers ont perquisitionné le Mapping Hostel, une auberge située dans le quartier de Wat Ket, à Chiang Mai.
Selon les enquêteurs, l’établissement accueillait des voyageurs étrangers depuis plus de cinq ans sans disposer de la licence d’exploitation hôtelière requise. Les agents ont interpellé son responsable présumé, un Français de 51 ans.
L’intéressé détenait un Destination Thailand Visa (DTV), valable jusqu’en 2027, selon les informations communiquées par la police. Ce visa ne dispense toutefois pas son titulaire des obligations commerciales et des éventuelles autorisations de travail nécessaires à l’exploitation d’un établissement.
Une associée thaïlandaise au rôle contesté
En examinant les documents de la société, les enquêteurs ont découvert une répartition du capital qui a attiré leur attention : une ressortissante thaïlandaise détenait officiellement 51 % des parts, contre 48 % pour le Français.
Mais selon les déclarations rapportées par la police, Julien aurait reconnu gérer seul l’auberge, en percevoir les bénéfices et en assumer les pertes. Il aurait également expliqué que son associée thaïlandaise ne participait pas à l’activité, n’avait jamais reçu de dividendes et ne l’avait rencontré qu’une seule fois. Ces éléments alimentent les soupçons d’un éventuel montage de prête-nom.
En Thaïlande, le Foreign Business Act encadre strictement l’exercice de certaines activités économiques par des étrangers. Le recours à des actionnaires thaïlandais fictifs pour contourner ces restrictions peut constituer une infraction.
Les autorités ne s’intéressent donc pas uniquement à la répartition officielle du capital. Elles cherchent également à déterminer qui finance réellement l’entreprise, prend les décisions et perçoit les bénéfices. La présence d’actionnaires thaïlandais majoritaires n’est évidemment pas illégale en soi. C’est le caractère éventuellement fictif de leur participation qui pose problème.
La police a remis le ressortissant français aux enquêteurs du commissariat de Mae Ping pour la procédure relative à l’exploitation présumée d’un hébergement sans licence. Les investigations se poursuivent parallèlement sur la structure de l’actionnariat.










