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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : L’intelligence artificielle pousse le royaume à investir massivement dans l’électricité

Date de publication : 14/10/2026

Lignes à haute tension au-dessus de l’industrie

 

La Thaïlande veut devenir un pôle majeur de l’intelligence artificielle en Asie du Sud-Est. Mais cette ambition a un coût énergétique considérable. Pour répondre aux besoins croissants des centres de données, l’autorité publique de l’électricité EGAT prépare de nouvelles capacités de production et un investissement de 31 milliards de bahts dans le réseau électrique. Un défi industriel qui pourrait redessiner la stratégie énergétique du royaume.

 

La révolution numérique thaïlandaise passe aussi par les centrales électriques. L’Electricity Generating Authority of Thailand (EGAT), l’entreprise publique chargée notamment de la production et du transport d’électricité à haute tension, envisage de développer 4 200 mégawatts (MW) de capacités supplémentaires dans l’Eastern Economic Corridor (EEC).

 

Cette vaste zone économique, située à l’est de Bangkok, couvre notamment les provinces de Chachoengsao, Chonburi, et Rayong. Elle concentre une part importante des investissements industriels et technologiques du pays.

 

Selon les informations rapportées par le quotidien économique thaïlandais Thansettakij, les nouvelles capacités électriques seraient réparties entre Bang Pakong, à hauteur de 1 400 MW, et Rayong, pour 2 800 MW.

 

EGAT prévoit également d’investir environ 31 milliards de bahts dans les infrastructures de transport d’électricité. Le programme doit encore obtenir les autorisations nécessaires, notamment celle du gouvernement, avant un lancement envisagé en 2027.

 

Les centres de données font exploser les besoins

 

À l’origine de cette accélération : la multiplication des projets de centres de données, ces installations informatiques indispensables au stockage des informations, aux services numériques et au développement de l’intelligence artificielle.

 

Leur particularité ? Une consommation électrique importante et presque permanente, notamment pour alimenter les serveurs et assurer leur refroidissement. Dans l’EEC, EGAT anticipe une demande potentielle d’environ 4 000 MW pour ces installations.

 

À l’échelle nationale, les demandes de raccordement déposées auprès des distributeurs atteindraient même 35 000 MW. Un chiffre à relativiser : il ne signifie pas que tous les projets concernés seront effectivement construits. Pour la Thaïlande, l’enjeu est désormais de garantir une alimentation électrique suffisante et stable afin d’attirer les grandes entreprises technologiques internationales.

 

Mais construire de nouvelles centrales prend du temps. La forte demande mondiale de turbines à gaz pourrait notamment retarder certains projets, obligeant les autorités à adapter leur calendrier.

 

Produire davantage, mais avec quelle énergie ?

 

La question n’est pas seulement quantitative. Les groupes technologiques internationaux recherchent également une électricité compatible avec leurs engagements environnementaux. EGAT développe donc plusieurs mécanismes permettant aux entreprises de s’approvisionner en énergie renouvelable, notamment des tarifs d’électricité verte (Utility Green Tariffs) et des contrats d’achat direct auprès de producteurs (Direct PPA).

 

À plus long terme, l’entreprise publique étudie aussi la possibilité de recourir à de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), capables de fournir une production électrique continue avec de faibles émissions directes de carbone. Aucune décision de construction n’a toutefois été annoncée.

 

Derrière ces projets se dessine une compétition régionale. La Thaïlande entend rivaliser avec Singapour et la Malaisie pour attirer les investissements numériques, tout en maîtrisant le coût de ses infrastructures.

 

Reste une interrogation essentielle : ces investissements permettront-ils de développer une véritable industrie thaïlandaise de l’intelligence artificielle, créatrice d’emplois qualifiés, ou serviront-ils principalement à alimenter les serveurs des géants internationaux ? Pour Bangkok, le défi est désormais de transformer cette demande d’électricité en croissance économique durable.

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AFI Thaïlande

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