
Le Vietnam veut dynamiser son tourisme en misant sur la vie nocturne et les grands investissements. Le gouvernement a présenté, samedi 7 novembre, un projet de résolution qui autoriserait certaines zones de loisirs à fonctionner jour et nuit, avec d’importants avantages fiscaux pour attirer les investisseurs.
Faire du tourisme un moteur de croissance, y compris après minuit. C’est l’ambition du gouvernement vietnamien. La ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Lam Thi Phuong Thanh, a présenté à l’Assemblée nationale une série de mesures pour renforcer l’attractivité du pays face à la concurrence régionale.
Le projet autoriserait certaines rues festives, salles de spectacle et grands complexes de loisirs à fonctionner 24 heures sur 24, dans le cadre d’une expérimentation de cinq ans au maximum. Les avantages se concentreraient sur Hanoï, Hô-Chi-Minh-Ville et Da Nang, ainsi que sur les grands centres et zones touristiques du pays.
Des avantages fiscaux pour les investisseurs
Le gouvernement veut accompagner cette ouverture par des incitations fiscales, réparties en trois niveaux selon la taille des projets. Les plus importants, ceux d’au moins 30 000 milliards de dôngs (environ un milliard d’euros), pourraient être exonérés d’impôt sur les sociétés pendant quatre ans, puis bénéficier d’une réduction pouvant atteindre 50 % pendant neuf ans de plus. Ils devraient en contrepartie consacrer au moins la moitié de cette somme au tourisme et créer au moins 2 000 emplois. Le texte prévoit aussi des avantages pour des projets plus modestes, à partir de 3 000 milliards de dôngs. Les activités immobilières, les casinos, les jeux et les paris en seraient exclus.
Le projet prévoit également d’aider les compagnies qui ouvrent de nouvelles liaisons aériennes, et de développer le tourisme médical. Il assouplirait les visas pour plusieurs catégories d’étrangers : les touristes à fort pouvoir d’achat, les séjours longs, les patients venus se soigner avec leur famille, et, à titre expérimental, les personnes qui travaillent à distance.
Un pays en pleine croissance touristique
Le Vietnam n’attend pas cette réforme pour attirer les visiteurs. Il a accueilli 19,5 millions de touristes étrangers sur les dix premiers mois de 2026, en hausse de 13,8 % sur un an, selon son Office national du tourisme. Il vise 25 millions d’arrivées sur l’année. Les visiteurs européens progressent de plus de 50 %.
La Thaïlande, elle, a choisi une autre voie : moins de visiteurs, mais des séjours plus chers. Elle a aussi joué la carte de la nuit, mais plus prudemment. Depuis décembre 2023, les bars et discothèques peuvent y rester ouverts jusqu’à 4 heures du matin dans des zones désignées, à Bangkok, Phuket, Pattaya, Chiang Mai et Koh Samui. Le Vietnam, lui, envisage de ne plus fermer du tout.
Une réforme encore à adopter
Si l’Assemblée nationale l’adopte, la résolution s’appliquerait pendant dix ans, de 2027 à 2036. Le vote est attendu le 21 novembre. La commission de la culture et de la société de l’Assemblée, qui a examiné le texte, juge déjà les avantages fiscaux très élevés sans évaluation de leurs bénéfices. Elle demande au gouvernement de justifier ses seuils d’investissement.
Avec cette réforme, le Vietnam cherche à prolonger la durée des séjours, à augmenter les dépenses des visiteurs et à développer une offre touristique qui ne s’arrête plus à la tombée de la nuit.
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