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ASIE – SOCIÉTÉ : L’Asie, continent modèle pour le dialogue entre générations

Date de publication : 02/02/2026
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Une chronique de Ioan Voicu, ancien ambassadeur de Roumanie en Thaïlande

 

Alors que l’avenir même des Nations Unies est actuellement remis en question suite au récent lancement par le président américain Donald Trump de l’initiative relative à la création d’un Conseil de la paix, le Secrétariat de l’organisation mondiale a publié un rapport intitulé « Suivi du trentième anniversaire de l’Année internationale de la famille et perspectives d’avenir ». Ce rapport de 11 pages, rédigé par le Secrétaire général de l’ONU, est destiné à être examiné lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui débutera en septembre 2026.

 

Nous examinerons ce rapport dans une perspective asiatique.

 

Une lecture rapide du résumé de ce document révèle qu’il met l’accent sur les bonnes pratiques en matière de politiques familiales face aux grandes tendances que sont le changement technologique, l’évolution démographique, l’urbanisation, les migrations et le changement climatique. Il montre que l’intégration d’approches axées sur la famille, par le biais de services de soutien, d’une planification inclusive et d’une gouvernance participative, a été essentielle pour protéger et autonomiser les familles et construire des sociétés équitables.

 

Le document présente également les résultats des politiques et programmes axés sur la famille adoptés par les États membres à l’appui du Programme de développement durable à l’horizon 2030, tels que rapportés dans les examens nationaux volontaires menés entre 2020 et 2024.

 

Le rapport révèle que les politiques axées sur la famille qui promeuvent, entre autres, le développement de la petite enfance, le soutien à la parentalité, l’offre intégrée de services, l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale et la répartition équitable des responsabilités familiales, contribuent à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire, à l’amélioration du niveau d’instruction et à l’égalité des sexes.

 

Conformément à une conclusion fondamentale de ce document, des efforts accrus sont nécessaires pour renforcer le rôle des familles dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques qui améliorent le bien-être des familles et de leurs membres.

 

Vers une solidarité intergénérationnelle

 

L’un des principaux atouts du document examiné dans cette chronique réside dans le lien établi entre la famille et la valeur de la solidarité.

 

Cette valeur est mentionnée pour la première fois dans le contexte du renforcement de la solidarité communautaire et du soutien intergénérationnel. Aux Philippines, des ateliers de développement familial sont proposés, au cours desquels les personnes responsables des enfants sont invitées à définir et à suivre activement des objectifs en matière d’éducation, de santé et de gestion financière. En Thaïlande, les familles rurales cultivent des produits destinés aux repas scolaires dans le cadre du programme « Agriculture pour les repas scolaires ». Ces programmes permettent aux familles de devenir des partenaires clés dans la lutte contre la pauvreté et la faim et contribuent à l’amélioration de la santé et de la nutrition.

 

La solidarité est mentionnée une seconde fois spécifiquement dans le cadre d’une stratégie sensible au genre, combinant réforme législative, éducation préventive et services coordonnés dans les secteurs de la justice, de la santé et des affaires sociales. Au Laos et au Népal, les actions de prévention menées à la base, la réforme des politiques nationales et la sensibilisation croissante du public ont permis une légère réduction de la violence qui, malgré les progrès législatifs et institutionnels, demeure répandue, y compris dans des pays dotés de systèmes de protection sociale et juridiques solides.

 

Les exemples asiatiques sont particulièrement instructifs. Des initiatives comme le programme « Ville éponge » en Chine visent à renforcer la résilience urbaine grâce aux infrastructures vertes, ce qui profite aux familles en réduisant les risques d’inondation et en améliorant la qualité de l’environnement.

 

La Malaisie propose des services d’aide juridique communautaire et des centres d’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de traite et de migration irrégulière. Certains pays, comme la Thaïlande, ont régularisé la situation des travailleurs migrants originaires des pays voisins et leur donnent accès à l’enregistrement familial, aux soins de santé et à la scolarisation de leurs enfants. Partout en Asie et dans le Pacifique, les stratégies axées sur la famille associent la réduction de la pauvreté et de la faim à la participation communautaire et à l’autonomisation locale. En Inde, le programme Samagra Shiksha soutient la participation des parents à la gouvernance scolaire et à un apprentissage inclusif grâce à des infrastructures tenant compte des spécificités de genre.

 

Parallèlement, il est reconnu qu’en Asie, la répartition inégale des tâches de soins demeure un défi majeur. Quelques pays, comme la Thaïlande, proposent des crèches financées par l’État ou des congés de maternité prolongés. Singapour a étendu ses services de garde d’enfants subventionnés, ses programmes de soutien à la parentalité et ses aides financières aux aidants. Par ailleurs, certaines régions d’Asie sont confrontées à des difficultés d’accès à une éducation de qualité et à l’emploi.

 

Le rapport met en avant la solidarité intergénérationnelle comme principe fondamental pour des sociétés résilientes. Les familles y sont présentées non seulement comme des unités sociales privées, mais aussi comme des espaces privilégiés où se crée, se transmet et se met à l’épreuve la solidarité entre les générations. La thèse centrale du rapport est que les politiques publiques qui reconnaissent, soutiennent et autonomisent les familles peuvent transformer ces liens privés en un bien commun, contribuant ainsi directement à un développement durable et inclusif.

 

L’une des contributions analytiques majeures réside dans l’étude de l’impact simultané des mégatendances mondiales sur les familles, toutes générations confondues. Le vieillissement démographique, la baisse des taux de fécondité dans de nombreuses régions et l’allongement de l’espérance de vie redéfinissent les rôles des générations au sein des foyers. Les migrations et l’urbanisation séparent souvent les générations physiquement, tandis que les technologies numériques transforment les modes de communication, de prise en charge et de travail.

 

Dans une perspective de solidarité intergénérationnelle, si des liens familiaux forts peuvent atténuer la fragmentation sociale, la répartition inégale des responsabilités liées à la prise en charge des personnes dépendantes – qui pèsent souvent de manière disproportionnée sur les femmes et les générations intermédiaires – peut exacerber les inégalités sociales et générationnelles si elle n’est pas soutenue par des politiques publiques.

 

Les politiques favorisant le développement de la petite enfance, le soutien à la parentalité, l’offre de services intégrés, l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale et le partage équitable des responsabilités domestiques sont particulièrement importantes.

 

Investir dans le développement de la petite enfance génère des bénéfices à long terme non seulement pour les enfants, mais aussi pour la société dans son ensemble.

 

Le rapport conclut par quatre recommandations politiques préconisant une approche holistique du développement social. Bien que non formulées explicitement en termes intergénérationnels, ces recommandations convergent vers un modèle de gouvernance qui reconnaît le rôle central des familles dans la construction de la solidarité intergénérationnelle. Le rapport préconise :

 

  • des politiques familiales intégrées et coordonnées ;
  • une conception des politiques inclusive et participative ;
  • la reconnaissance de la diversité des formes familiales ; et
  • un investissement soutenu dans les services sociaux qui accompagnent les familles tout au long de leur vie.

 

Ces recommandations suggèrent de passer d’interventions fragmentées et spécifiques à chaque âge à des cadres politiques intergénérationnels et axés sur le parcours de vie, capables de répondre aux besoins.

 

Conclusion

 

Le rapport du Secrétaire général ne se limite pas à un simple bilan ; il nous rappelle opportunément que la solidarité intergénérationnelle n’est pas un principe moral abstrait, mais un objectif politique concret. Si la famille demeure le lieu privilégié où cette solidarité se vit au quotidien, sa capacité à remplir ce rôle dépend de plus en plus d’une action publique éclairée.

 

En intégrant des approches axées sur la famille dans les réponses aux grandes tendances mondiales, les États peuvent transformer les liens intergénérationnels privés en un bien commun. À l’heure du vieillissement démographique, de la fragmentation sociale et de l’incertitude économique, le rapport invite implicitement les décideurs politiques à placer la solidarité intergénérationnelle au cœur des stratégies de développement social, reconnaissant ainsi que le développement durable est en définitive un contrat non seulement entre États, mais aussi entre générations.

 

Enfin, il convient de noter que les Émirats arabes unis ont déclaré 2026 Année de la famille, une initiative nationale visant à renforcer le bien-être des familles, à promouvoir la cohésion sociale, à soutenir les programmes communautaires et à favoriser le développement des enfants et des jeunes.

 

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