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BIRMANIE EXPRESS – ACTUALITÉS : Que retenir de l’actualité birmane du 15 au 21 juin 2026 ?

Date de publication : 22/06/2026
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Gavroche a sélectionné pour vous quelques nouvelles marquantes de Birmanie durant la semaine écoulée. Un tour d’horizon indispensable pour tous ceux qui suivent l’actualité de ce pays d’Asie du Sud-Est.

 

Politique, Diplomatie

 

Le président birman Min Aung Hlaing a effectué une visite d’État en Chine du 15 au 19 juin, au cours de laquelle il a rencontré le président Xi Jinping et les plus hauts responsables chinois. Pékin et Naypyidaw ont publié une déclaration conjointe appelant à accélérer la construction d’une « communauté de destin Chine-Birmanie ». Derrière l’accueil officiel, la Chine cherche surtout à protéger ses intérêts stratégiques en Birmanie, pays clé pour son accès à l’océan Indien.

 

Le régime birman organise des pourparlers de paix avec plusieurs organisations armées ethniques. Ces discussions font suite à l’ultimatum de 100 jours lancé le 20 avril par Min Aung Hlaing, qui appelait les groupes armés à rejoindre les négociations et les Forces de défense du peuple (PDF) à déposer les armes.
Le comité de négociation (NSPNC), dirigé par le lieutenant-général Yar Pyae, a rencontré plusieurs organisations, dont le SNSO, le SSPP et des groupes signataires de l’accord de cessez-le-feu de 2015, ainsi que de manière informelle l’UWSA et la NDAA. Les principaux acteurs de la résistance, comme la KIA, la KNU, la KNPP, la CNF, l’AA et les PDF liés au gouvernement d’unité nationale (NUG), restent absents de ce processus.

 

Lors de la visite du président Min Aung Hlaing à Pékin, les deux pays ont signé 18 accords portant notamment sur le commerce, l’agriculture, la technologie et les infrastructures, avec un accent particulier sur le Corridor économique Chine-Birmanie (CMEC), projet majeur des Nouvelles Routes de la soie. Min Aung Hlaing s’est engagé à protéger les intérêts chinois en Birmanie, tandis que Xi Jinping a insisté sur la stabilité des frontières et la poursuite du dialogue de paix.

 

Pékin a réaffirmé son soutien au régime militaire birman à travers un communiqué conjoint publié après la visite de Min Aung Hlaing. Le texte rejette toute pression internationale sur les droits humains et toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures birmanes. La Chine appelle à une participation complète de la Birmanie aux mécanismes de l’ASEAN et de l’ONU et promet d’approfondir sa coopération avec Naypyidaw. En retour, Min Aung Hlaing a réaffirmé son soutien à la politique chinoise sur Taïwan, Hong Kong, le Xinjiang et le Tibet. Les deux pays ont également annoncé un renforcement de leur coopération sécuritaire, notamment dans la lutte contre les escroqueries en ligne, tout en soutenant les grands projets d’infrastructures liés à la Ceinture et la Route.

 

L’Union européenne et plusieurs ambassades occidentales ont marqué vendredi le 81e anniversaire d’Aung San Suu Kyi en appelant à sa libération immédiate, ainsi qu’à celle des autres prisonniers détenus depuis le coup d’État de 2021. Le fils de l’ancienne dirigeante birmane, Kim Aris, et plusieurs groupes pro-démocratie ont également demandé au régime de fournir une preuve de vie. Aung San Suu Kyi n’a pas été vue en public depuis plusieurs années et son lieu exact de détention reste inconnu.

 

À l’occasion du 81e anniversaire d’Aung San Suu Kyi, l’envoyée spéciale de l’ONU pour la Birmanie, Julie Bishop, a appelé devant l’Assemblée générale des Nations unies à la libération immédiate et inconditionnelle de l’ancienne dirigeante birmane, détenue depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021. Julie Bishop a indiqué avoir évoqué son cas lors de sa récente visite à Naypyidaw et a rappelé que, pour de nombreux observateurs, aucun progrès vers la paix n’est possible tant qu’Aung San Suu Kyi reste emprisonnée.

 

Économie

 

Min Aung Hlaing a poursuivi ses efforts pour attirer les investissements chinois lors du Sommet de mise en réseau pour l’investissement et le commerce Birmanie-Chine organisé à Shanghai, dans le cadre de sa visite d’État du 15 au 19 juin. Il a présenté la Birmanie comme un « pont terrestre » entre la Chine, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, au cœur de l’Initiative de la Ceinture et de la Route et du Corridor économique Chine-Birmanie (CMEC). Le président birman a appelé les entreprises chinoises à investir davantage dans l’agriculture, les énergies renouvelables, les véhicules électriques, le commerce en ligne et les services numériques. Le sommet a réuni plus de 270 entrepreneurs birmans et plusieurs centaines d’hommes d’affaires chinois, en présence de personnalités proches du régime, dont le magnat U Zaw Zaw.

 

La birmanie a annoncé la découverte de quatre nouveaux champs gaziers offshore, principalement situés dans les réserves d’Ayeyarwady et de Tanintharyi, représentant selon ses estimations un total de 109 trillions de pieds cubes (TCF) de gaz naturel. L’objectif est de renforcer les revenus en devises étrangères et de soutenir la production d’électricité, d’engrais et les activités industrielles. Le gisement le plus important, situé dans la zone profonde de Tanintharyi, contiendrait environ 95 TCF de gaz et pourrait figurer parmi les plus grands au monde selon des estimations antérieures. Le régime a également signé un contrat de partage de production avec la société thaïlandaise Gulf Petroleum Myanmar (GPM) pour le bloc Min Ye Thu (M10), dans le golfe de Mottama.

 

La Banque mondiale a abaissé sa prévision de croissance pour la Birmanie à 2 % pour l’exercice 2026-2027, contre 3 % auparavant, citant notamment l’impact du récent choc énergétique mondial. L’institution estime que l’économie birmane reste sous « forte pression » malgré une certaine stabilisation depuis le coup d’État de 2021.

 

Société

Dans la région de Mandalay, les habitants du village de Thon Taung ont commencé à démolir eux-mêmes leurs maisons et commerces après un avertissement du régime militaire concernant des constructions jugées illégales autour du projet Yadanabon Cyber City. Plus d’une centaine de bâtiments seraient concernés par cette mesure, sans proposition d’indemnisation. Les habitants préfèrent procéder eux-mêmes aux démolitions afin d’éviter les amendes et une intervention des bulldozers.

 

Les autorités thaïlandaises ont remis mercredi les premières cartes d’identité non citoyennes, ou « pink cards », à 300 réfugiés birmans du camp de Tham Hin, dans la province de Ratchaburi. Cette mesure, saluée par les communautés réfugiées, doit progressivement bénéficier aux quelque 100 000 réfugiés vivant dans les neuf camps installés le long de la frontière thaïlando-birmane. Ces cartes permettent notamment d’accéder plus facilement aux services bancaires, aux télécommunications et aux soins de santé.

 

Répression / Conflit

 

Le régime militaire birman a perquisitionné le 15 juin la résidence historique de Daw Aung San Suu Kyi située au 54 University Avenue à Rangoun, quelques jours avant son 81e anniversaire. Une équipe d’une quarantaine d’hommes a interrogé les occupants avant de retirer un portrait de son père, le général Aung San, ainsi qu’un panneau portant l’un de ses messages. Cette intervention s’inscrit dans une campagne plus large visant les symboles liés au héros de l’indépendance birmane, avec notamment la destruction récente de plusieurs monuments à sa mémoire.

 

De violents combats se poursuivent dans le canton de Shwegu, dans l’État Kachin, où l’armée tente de progresser vers Bhamo avec l’appui de frappes aériennes répétées, selon l’Armée d’indépendance Kachin (KIA). Les troupes du régime cherchent à sécuriser des positions stratégiques afin de permettre l’acheminement de renforts et de ravitaillement par l’Irrawaddy. La KIA a appelé les habitants à quitter Shwegu face au risque d’une nouvelle intensification des combats, tandis que Bhamo reste sous la menace de frappes d’artillerie, de drones et d’avions.

 

Le think tank ISP-Birmanie a dénoncé la détention de son directeur exécutif U Min Zin, universitaire américano-birman arrêté le 3 juin à Kunming, en Chine, pour des soupçons d’espionnage et d’atteinte à la sécurité nationale chinoise. L’organisation affirme qu’il se rendait simplement à un atelier académique et réclame sa libération immédiate. Les autorités chinoises ont indiqué que l’intéressé faisait l’objet d’une procédure pénale pour des activités présumées d’espionnage. Spécialiste reconnu des relations Chine-Birmanie, de la politique et de l’économie birmanes, U Min Zin dirige l’ISP depuis 2016 et poursuit ses recherches sur la crise politique du pays depuis son installation en Thaïlande après le coup d’État de 2021.

 

Huit civils, dont un jeune enfant, ont été tués et 17 autres blessés le 17 juin lors de bombardements aériens menés par l’armée birmane contre des quartiers résidentiels de Kyauktaw, dans l’État Rakhine contrôlé par l’Armée Arakan (AA). Trois avions de chasse ont effectué plusieurs raids pendant près d’une demi-heure, détruisant notamment des habitations, des entrepôts et un marché. Ces frappes interviennent alors que l’AA poursuit son avancée vers Sittwe et Kyaukphyu, où se trouvent plusieurs projets d’investissement chinois majeurs. Depuis son offensive lancée en novembre 2023, l’AA a pris le contrôle de la majorité des cantons de l’État Rakhine.

 

L’écrivain birman Tin Nyunt, 71 ans, lauréat du Prix national de littérature, et son fils ont été condamnés à trois ans de prison pour « incitation » et « sédition » par un tribunal militaire siégeant dans la prison d’Insein à Rangoun. Les deux hommes avaient été arrêtés en avril après la promotion sur TikTok de plusieurs ouvrages satiriques publiés entre 2014 et 2020, durant la période de transition démocratique.

 

L’armée birmane a repris le contrôle de Khampat, dans la région de Sagaing, après une contre-offensive lancée le long de l’axe routier stratégique Kalay-Tamu, reliant la Birmanie à l’État indien du Manipur. Selon les médias officiels, les Forces de défense du peuple (PDF), proches du Gouvernement d’unité nationale (NUG), se sont retirées de la ville après avoir subi de lourdes pertes. Les rebelles contrôlaient Khampat depuis novembre 2023. Cette reprise s’inscrit dans la volonté de Naypyidaw de sécuriser cette importante route commerciale vers l’Inde, tandis que les forces de résistance conservent encore plusieurs positions dans la région de Sagaing.

 

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