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CAMBODGE – CARNET DE ROUTE : Voyagez autrement dans le royaume avec Jean-Michel Gallet

Date de publication : 30/12/2023
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Notre collaborateur et chroniqueur Jean Michel Gallet est un amoureux du Cambodge. Rien de mieux que cette fin d’année pour vous proposer son carnet de route.

 

Feuille de route 76 – Cambodge : une agriculture mécanisée (2022/2023)

 

Hiver 2022/2023. Quel Cambodge allais-je retrouver après la période covid ? A dire vrai, je m’attendais à trouver un pays plus exsangue que celui que j’avais quitté trois ans auparavant. Erreur. Certes, lors de l’hiver 2022/2023, le secteur touristique n’avait pas encore repris toutes ses couleurs et nombre d’établissements hôteliers ou de restauration étaient encore fermés. Mais les autres secteurs de l’économie ont pendant la période covid, malgré l’absence d’un “quoi qu’il en coûte”, globalement continué les évolutions techniques et économiques amorcées auparavant. Ainsi pour la mécanisation de l’agriculture (1).

 

Carte du Cambodge (source : cartedumonde.net) – Notez les villes de Battambang et de Kampong Speu

 

* où sont les animaux de trait ?

 

Certes, depuis un peu plus d’une décennie, des moissonneuses-batteuses, adaptées à la taille des superficies agricoles, pouvaient s’observer, d’abord et essentiellement dans la plaine rizicole de Battambang, la “Beauce” cambodgienne.

 

Moissonneuse-batteuse (de marque japonaise)

 

Certes, le riz produit au Cambodge depuis des millénaires essentiellement sur les terrasses (80 % de la production rizicole) se faisait à base de riz pluvial -c’est-à-dire lié à la période des pluies- à raison d’une récolte par an. Mais la multiplication des motopompes, puisant l’eau dans les cours d’eau ou dans des forages, avait progressivement, sur une partie du territoire, permis une double récolte de riz.

 

Motopompe actionnée par un motoculteur. A gauche, une rizière non irriguée. A droite, une rizière irriguée, permettent une seconde récolte en début de saison sèche

 

Mais, lors de tous mes précédents séjours cambodgiens, je pouvais encore observer, là une charrette, là une herse ou une charrue, tirée par un animal. En d’autres termes, un paysage et des travaux agricoles conformes à l’imagerie traditionnelle du pays. Ainsi, en 2007, Didier Pillot, un des meilleurs connaisseur et analyste des réalités agronomiques cambodgiennes (2) pouvait encore écrire : “l’élevage des bovins et des buffles est essentiellement orienté vers la production d’animaux de trait”.

 

Or, quelle ne fut pas ma surprise, lors de mon habituel périple cambodgien motocycliste hivernal (3) de ne découvrir aucun, absolument aucun, buffle ou bovin tirant une charrette ou un quelconque engin agricole. Remplacés par le motoculteur ou, de plus en plus, par le tracteur !

 

* un motoculteur ou un tracteur au lieu du traditionnel buffle

 

Un des multiples exemples rencontrés : lors de l’hiver 2014/2015, près de kompong Cham, sur l’île de “koh Paen” reliée à la rive du Mékong par un pont en bambou, j’avais photographié un paysan labourant sa parcelle rizicole avec des bovins tirant une charrue à un soc. Lors de l’hiver 2022/2023, sur cette même île, j’ai découvert des champs de plusieurs dizaines d’hectares parcourus par trois tracteurs exécutant, en même temps, des travaux agricoles successifs. Le premier hersant, le deuxième semant et le troisième déposant divers intrants.

 

Hiver 2014/2015 : île de koh Paen : un paysan cambodgien, portant le traditionnel krama, laboure sa rizière avec une charrue à un soc et deux bovins

 

Sur la même ile, lors de l’hiver 2022/2023

 

Certes, les surfaces agricoles exploitées de grande dimension sont -encore- une exception. L’essentiel de l’agriculture cambodgienne repose encore sur un modèle familial. Un modèle qui toutefois met en valeur des exploitations dont la taille augmente au fil des années.

 

Pour illustrer cette évolution, je reprends des chiffres cités par l’agronome Guillaume Jumel (4). Dans la région de Battambang, là où certes les superficies des exploitations, il y a une quinzaine d’années étaient de deux à quatre fois supérieures à celles rencontrées dans les autres régions agricoles du Cambodge, les superficies moyennes des exploitations rizicoles sont, sur cette période, passées de 4 hectares en moyenne à des superficies comprises entre 10 à 15 hectares.

 

* une évolution technique, démographique et économique

 

Ainsi, l’agriculture cambodgienne connaît l’évolution technique, démographique et économique que connaissent toutes les agricultures d’un monde de plus en plus urbanisé. A chacun de porter son jugement sur cette évolution.

 

Pour un paysan, en tout cas, cette évolution vers, notamment, une mécanisation accrue, est un phénomène incontournable.

 

Je reprends des données mentionnées par Didier Pillot (2) : “une paire de bœufs ou de buffles peut labourer entre 10 à 20 ares par jour. Sachant que deux labours et deux hersages sont nécessaires pour une rizière en deux mois, cela correspond à une capacité de travail de 2 à 3 hectares par an… certes, le bœuf est adapté à un parcellaire morcelé, mais, en comparaison, un tracteur peut labourer 5 à 8 hectares par jour”.

 

Soit. Mais, et ce fut l’objet de mes interrogations lors de mon périple hivernal, et, delà, de cette feuille de route, comment, en si peu de temps, celui grosso modo du covid, la traction animale, mode millénaire, a pu disparaître du paysage agricole ?

 

Il n’y a pas eu de récente “flambée” des prix agricoles à la production, et d’abord du riz, pouvant expliquer un enrichissement soudain des paysans cambodgiens. Bien souvent, même si chaque exploitation agricole, là comme ailleurs de par le monde, présente des coûts de revient différents de l’une à l’autre, ces coûts sont à peine couverts par le prix de vente des produits.

 

Où est donc la réponse ?

 

* un petit retour en arrière

 

Depuis 15 à 20 ans, l’agriculture cambodgienne s’était très progressivement mécanisée. Le signe le plus visible et le plus répandu de cette évolution a été l’apparition des motoculteurs, outils à tout faire, des travaux agricoles au transport des hommes et des marchandises les plus variées, voire permettant le fonctionnement de motopompes.

 

Le motoculteur, le “couteau suisse” de l’agriculture

 

Comment étaient financés ces premiers motoculteurs (5) ?

 

Certaines ONG (organisations non gouvernementales), voire des prêts bancaires ont pu participer à ce financement. Mais, la principale source de financement fut d’abord et principalement constituée par l’aide financière apportée par les différents membres de la famille. Par ceux, mais surtout celles des Cambodgiens embauchés par la première vague industrielle, celle du textile (6). Par ceux qui ont quitté leur pays pour aller travailler à l’étranger, et notamment en Thaïlande, pays où le salaire minimum est le double de celui du Cambodge (7).

 

Dans une société cambodgienne où la cohésion sociale repose, comme souvent en Asie, d’abord sur la famille, l’argent gagné par certains de ses membres à l’extérieur de celle-ci a souvent servi à financer les premières mécanisations de l’agriculture. En d’autres termes, ce n’est pas l’activité agricole qui a servi à payer la première et progressive modernisation mécanique de l’agriculture, mais le développement général de l’économie avec des salaires certes peu élevés (8), mais, en principe, certains.

 

* une “baguette magique”

 

La progressivité de cette “première” phase de mécanisation expliquait pourquoi, lors de mes précédents séjours cambodgiens, il y avait toujours, bien qu’en phase de diminution croissante, là une charrette, là une charrue, encore tirée par un animal.

 

Mais cette lente évolution n’explique pas comment, en trois ans, une “baguette magique” aurait pu faire disparaître la fonction traditionnelle des bovins et buffles, celle d’animal de trait.

 

Et pourtant, cette “baguette magique” existe et a un nom : le foncier !

 

Un foncier dont le prix a récemment “explosé”.

 

Quelques exemples : les membres d’une coopérative agricole (9) sise dans la province de Kompong Speu, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, m’ont déclaré qu’en 5 ans le prix du foncier avait augmenté de 30% à 100 % en fonction de sa localisation par rapport à une voie de communication. Quant au terrain à bâtir, son prix pouvait atteindre 150 000 euros de l’hectare !

 

Quels sont les facteurs qui expliquent cette explosion.

 

Certes, il n’existe au Cambodge aucun moyen de régulation directe du prix du foncier. Même si la loi du marché est la règle, les autorités ont toutefois pris des mesures, à priori positives. A savoir, l’établissement d’un cadastre qui a conforté les droits de propriété et des zonages définissant l’utilisation potentielle des sols. Mesures qui, en clarifiant les droits des propriétaires, ont plutôt favorisé l’augmentation du prix des terres. D’autant que l’augmentation du prix du foncier sur une zone se diffuse systématiquement sur les zones à l’entour.

 

Les prêts bancaires ont accéléré le phénomène. En effet, le foncier servant de garantie aux prêts, l’augmentation du prix du sol augmente automatiquement le montant possible du prêt. En outre, les autorités ont récemment assoupli les règles d’octroi des prêts. Alors qu’auparavant, le prêt ne pouvait couvrir que 50% du montant de l’investissement, désormais, le prêt peut porter sur 70% à 80 % de ce montant, diminuant d’autant la part de l’autofinancement.

 

Mais tous ces facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls l'”explosion” du prix du foncier agricole. En réalité, le facteur premier et explicatif de cette évolution est à rechercher hors l’agriculture, à savoir auprès d’une économie -non agricole- qui demande toujours plus de terres. Ainsi -statistique gouvernementale- le nombre d’usines est passé entre 1997 et 2023 de 64 à 1 326. La croissance du PIB (produit intérieur brut) cambodgien pourrait, en 2023, retrouver le niveau qui est le sien depuis une vingtaine d’années, à savoir entre 6% et 7%/an. Ainsi apparaît une “classe moyenne” qui recherche des lotissements pavillonnaires pour habiter et des routes pour se déplacer (10). Autant de causes de pressions, voire de spéculations, sur le foncier agricole !

 

La cause de l’actuelle généralisation de la mécanisation agricole est donc différente de celle des premières phases de cette mécanisation. Mais, dans les deux cas, ce n’est pas la croissance de l’agriculture (11) et des revenus des paysans qui expliquent cette généralisation, mais des facteurs externes liés à la croissance générale de l’économie cambodgienne.

 

ile de koh Pich Cambodge
Illustration de la pression foncière : l’ile de koh Pich à Phnom Penh

 

Voilà pourquoi, désormais, le visiteur, sauf spectacle aménagé à dessein, ne rencontrera plus guère de bovins ou de buffles (12) tirant une charrette ou un soc de charrue !

 

Pour toutefois rendre un hommage à ces animaux qui ont permis à la population khmère de se déplacer ou de cultiver son sol pendant des siècles, cette feuille de route est accompagnée de deux diaporamas qui collectent quelques photos -maintenant d’archives- de ces bovidés alors compagnons inséparables des paysans cambodgiens (13).

 

Jean-Michel GALLET

 

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(1) voir la feuille de route 41 : “So Theara, un village cambodgien” (2013) et la feuille de route 47 : “Cambodge, une agriculture en mutation” (2014)

 

(2) lire “jardins et rizières du Cambodge – les enjeux du développement agricole” – Didier Pillot – éd. GRET-Karthala

 

(3) soit 5 000 km sur les routes et pistes du pays

 

(4) voir http://www.vivredesa terre.org ou guillaume.jumel@vivredesaterre.org

 

(5) : coût en neuf : environ 1 000 dollars

 

(6) : on estime à 600 000 le nombre de personnes, essentiellement des femmes, qui, au Cambodge, travaillent directement dans le secteur textile. A ce chiffre s’ajoutent des emplois connexes (transport, alimentation, etc.)

 

(7) des chiffres fort variables circulent pour estimer le nombre de Cambodgiens partis travailler en Thaïlande. Selon les sources, ce chiffre varie entre 1 à 3 millions de personnes

 

(8) salaire minimum cambodgien dans le textile : 200 dollars/mois en janvier 2023 pour 48 heures de travail/semaine

 

(9) coopérative initiée et soutenue par une ONG française (voir site http://www.afdi-opa.org)

 

(10) lorsque, en 1990 ou 1991, je m’étais rendu de Phnom Penh à un village situé dans la province de Kompong  Speu pour assister avec l’ONG le “GRET” (groupe de recherche et d’étude technologique) à la création de la première caisse de micro-crédit -une caisse villageoise qui octroyait des prêts de 1 à 5 dollars-. Sur la distance qui séparait la capitale du village, soit une quarantaine de kilomètres, nous ne parcourions qu’un paysage de rizières.  Cet hiver, me rendant avec une autre ONG (AFDI d’Alsace – voir point précédent) dans un autre village de cette province, nous n’avons rencontré, sur une distance équivalente, qu’un continuum de constructions les plus diverses (habitations, magasins, ateliers et usines entrecoupés de voies de communication plus encombrées les unes que les autres)

 

(11) selon les prévisions gouvernementales, en 2023, le secteur industriel devrait croître de 9,2%, le secteur des services de 6,6% et celui de l’agriculture .. de 1,1%

 

(12) le pluriel a pour explication le fait qu’au Cambodge, à la différence de la Thaïlande ou du Vietnam, les animaux sont toujours attelés par paire sauf chez les minorités ethniques du nord-est du pays

 

(13) ce qui me rappelle un souvenir personnel et quelque peu ancien, conté par un de mes cousins agriculteur dans la plaine des Flandres. Un agriculteur qui au début des années soixante cultivait encore avec un cheval : “figure-toi, Jean-Michel, que le mois dernier, alors que je labourais mon champ, une voiture s’arrête. En descend une dame qui, après m’avoir salué, se présente : bonjour, je suis journaliste à “la Voix du nord”. Me permettez-vous de vous prendre en photo ? “

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