
Dans un rapport publié le 22 juin, Human Rights Watch affirme que les autorités cambodgiennes utilisent les poursuites pénales, la détention et les aveux publics pour faire pression sur des opposants politiques. Le gouvernement cambodgien n’avait pas réagi à ces nouvelles accusations au moment de la publication.
Human Rights Watch a publié un rapport très critique sur les pratiques des autorités cambodgiennes à l’encontre de militants politiques et de membres de l’opposition. L’organisation internationale de défense des droits humains affirme que Phnom Penh recourt à des accusations pénales, à la détention et à des déclarations publiques forcées afin d’affaiblir les mouvements d’opposition.
L’ONG indique avoir analysé plus de 140 affaires sur une période de dix ans. Elle dit également avoir mené des entretiens avec des militants, des membres de partis d’opposition, des proches de détenus et des avocats.
Des aveux publics au cœur des accusations
Selon Human Rights Watch, certains militants auraient été poussés à présenter des excuses publiques, à reconnaître des faits contestés ou à rejoindre le Parti du peuple cambodgien (PPC), au pouvoir, en échange d’une remise en liberté.
Le rapport affirme que ces déclarations sont ensuite diffusées par des médias proches du gouvernement, ce qui aurait pour effet de discréditer les opposants et de décourager toute contestation politique.
Pour Bryony Lau, directrice adjointe pour l’Asie à Human Rights Watch, ces pratiques viseraient à affaiblir durablement l’opposition et à renforcer la domination du parti au pouvoir.
Un système judiciaire régulièrement critiqué
Human Rights Watch met également en cause l’indépendance de la justice cambodgienne. Selon l’organisation, les autorités utilisent fréquemment des chefs d’inculpation tels que « l’incitation à commettre une infraction » ou le « complot contre l’État » pour poursuivre des détracteurs du gouvernement.
Depuis la dissolution du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) en 2017, plusieurs ONG internationales dénoncent un rétrécissement de l’espace politique dans le royaume. Les autorités cambodgiennes rejettent régulièrement ces critiques, qu’elles présentent comme infondées ou comme des ingérences dans les affaires intérieures du pays.
Phnom Penh appelé à réagir
Human Rights Watch demande au gouvernement cambodgien d’abandonner les poursuites qu’elle juge motivées par des considérations politiques, d’annuler les condamnations considérées comme injustes et de libérer les opposants et militants actuellement détenus.
L’organisation rappelle que le Cambodge avait accepté, lors de l’Examen périodique universel des Nations unies en 2024, de poursuivre des réformes destinées à améliorer son système judiciaire.
Au moment de la publication du rapport, le gouvernement cambodgien n’avait pas réagi à ces nouvelles accusations. Les autorités ont toutefois, par le passé, régulièrement rejeté les critiques formulées par Human Rights Watch et d’autres organisations internationales de défense des droits humains.
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