
Après plusieurs années de surproduction alimentée par les investissements chinois en Indonésie, le marché mondial du nickel pourrait revenir en déficit dès 2026, selon une analyse publiée par la banque Kiatnakin Phatrax.
Les autorités indonésiennes ont en effet multiplié les mesures destinées à limiter l’augmentation de la production nationale, estimant que la stratégie privilégiant les volumes au détriment de la valeur pesait sur les prix mondiaux et sur les recettes fiscales du pays.
Le gouvernement a notamment réduit les autorisations de production minière. La baisse des quotas accordés à la mine de Weda Bay, exploitée notamment par le groupe minier français Eramet — l’un des principaux acteurs mondiaux du nickel et des métaux stratégiques — a fortement modifié les équilibres du marché. Situé sur l’île indonésienne d’Halmahera, le site de Weda Bay est considéré comme l’un des plus grands gisements de nickel au monde.
Les autorisations de production sont ainsi passées de 42 millions de tonnes humides l’an dernier à seulement 12 millions cette année.
Face à cette réduction, Eramet a annoncé placer le site sous maintenance à partir du mois de mai. Jakarta a toutefois laissé entendre qu’elle pourrait ajuster les permis de manière flexible selon l’évolution du marché.
Très présent en Indonésie dans le cadre du développement mondial des batteries électriques, Eramet joue un rôle clé dans l’approvisionnement en nickel destiné aux véhicules électriques et aux industries liées à la transition énergétique.
Parallèlement, l’Indonésie a également modifié le calcul des prix de référence servant à déterminer les taxes et redevances sur les différents produits liés au nickel. Cette réforme augmente sensiblement les coûts de production, en particulier pour les producteurs utilisant la technologie HPAL (High Pressure Acid Leach), un procédé industriel utilisant de l’acide sulfurique sous haute pression pour extraire le nickel destiné notamment aux batteries de véhicules électriques.
À ces contraintes réglementaires s’ajoute une forte hausse des prix du soufre et de l’acide sulfurique, deux composants indispensables au raffinage du nickel. Cette flambée des coûts a déjà conduit plusieurs producteurs à réduire leur activité.
Les analystes estiment désormais que le marché mondial du nickel pourrait afficher un déficit de 62 000 tonnes cette année, contre une prévision précédente de 39 000 tonnes. Ce retournement pourrait soutenir durablement les prix du nickel après plusieurs années de baisse.
L’Indonésie s’est imposée ces dernières années comme un acteur central de la chaîne mondiale des batteries et des véhicules électriques.
Gaston Baht
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