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La Cuisine laotienne

Date de publication : 28/07/2026
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Saeng Douangdara entre héritage lao et fusion américaine, une chronique culinaire de François Guilbert

 

Appartenant à la première génération de Lao-Américains, Saeng Douangdara ne saurait renier sa double culture culinaire. Il en a même fait l’un des étendards de sa vie. Tout en se montrant fier de ses racines familiales laotiennes et de la publication d’un ouvrage de cuisine dédié à cet héritage, le chef de Los Angeles n’a pas hésité à consacrer un chapitre complet de ses 95 recettes à la cuisine fusion avec celle de son pays d’adoption. Ce n’est pas la moindre des originalités de son premier manuscrit.

 

Douze plats lao à la mode yankee mis en valeur

 

Ainsi sont déclinés, par exemple, pancakes, macaronis ou poulets rôtis. Ces plats se veulent des contributions à la culture nord-américaine. Ils ne sont pas simplement des adaptations des savoir-faire laotiens. Ils sont autant de proclamations d’une intégration réussie et de la construction des rêves états-uniens. Plus que tout, ils sont des signes de réussite pour une communauté qui a été contrainte à l’exil.

 

Une cuisine aux saveurs et aux couleurs multiples

 

Ses sauces pimentées (jeow) introduisent d’ailleurs l’exploration des racines de l’auteur. Si vous le souhaitez, il vous aide à vous lancer dans la fabrication de l’incontournable sauce de poisson fermentée (padaek), indispensable à toute table lao. Suivent des descriptions de snacks, des en-cas qui peuvent constituer de véritables festins.

 

Avec des commentaires analytiques sur la géographie lao, l’histoire des conflits indochinois, les chemins de migration et des souvenirs pertinents liés à chaque recette, Saeng présente les nourritures fermentées, les riz gluant (khao niew) de son enfance, les salades de bœuf (laab), les soupes et ragoûts ou encore les desserts des jours festifs à l’image des célébrations de Pi Mai.

 

La mémoire de la diaspora à travers les traditions culinaires

 

Le Californien prend grand soin de rendre compte des traditions qui persistent dans le quotidien de la diaspora. C’est pour lui l’occasion de rendre hommage à sa mère et à la manière dont les exilés entretiennent gastronomiquement leurs souvenirs du pays.

 

Cette approche est d’autant plus utile que rares sont encore les livres de cuisine anglophones consacrés intégralement au patrimoine lao, mais également aux apports mien ou hmong. L’auteur se montre attentif à dépeindre les spécificités régionales laotiennes, y compris pour les nouilles, dont l’épaisseur ou la clarté du bouillon peuvent changer d’un terroir à l’autre. Il en est de même pour le riz, ici et là, plus ou moins ferme ou moelleux.

 

En passant, le créateur de contenus s’est également intéressé aux traductions locales de recettes venues de Chine (comme les beignets khanom khuu) et du Vietnam (comme le lao pho). En tout état de cause, c’est la diversité lao, sa saisonnalité et l’inventivité qu’elle peut susciter qui s’invitent dans nos assiettes et s’affichent ici gracieusement à nos yeux.

 

The Lao Kitchen de Saeng Douangdara, Ten Speed Press, New York, 2026.

 

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