
À Phuket, Nui Beach est devenue bien plus qu’une simple plage prisée des visiteurs. Ce petit coin de sable niché entre Kata et Nai Harn est aujourd’hui le symbole d’une bataille engagée par l’État thaïlandais pour reprendre le contrôle de portions du littoral dont l’accès a, selon les autorités, été progressivement accaparé par des intérêts privés.
Le gouvernement a lancé une vaste opération de démantèlement des installations jugées illégales sur ce site, avec un objectif affiché : rendre cette plage au public après plus de dix ans d’exploitation privée.
Une plage au cœur des controverses
Réputée pour son cadre préservé, Nui Beach est depuis longtemps au centre de polémiques. Les visiteurs devaient généralement emprunter un accès contrôlé par des opérateurs privés et s’acquitter d’un droit d’entrée pour rejoindre la plage. Cette situation alimentait depuis des années les critiques sur la privatisation de fait d’un espace pourtant considéré comme appartenant au domaine public.
En Thaïlande, les plages sont en principe accessibles à tous. Dans plusieurs régions touristiques, notamment à Phuket, certaines portions du littoral ou leurs voies d’accès ont toutefois fait l’objet de conflits récurrents entre autorités, propriétaires fonciers et exploitants touristiques.

Une opération décidée au plus haut niveau
L’offensive actuelle a été lancée sur instruction du Premier ministre Anutin Charnvirakul. Le ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Suchart Chomklin, s’est rendu sur place avec le vice-ministre de l’Intérieur Worasit Petchsriwong pour superviser les opérations.
Selon le ministre, il s’agit de restituer aux habitants et aux visiteurs une plage qui aurait été exploitée pendant plus d’une décennie au profit d’intérêts privés.
À ce jour, entre 70 % et 80 % des installations concernées ont déjà été démantelées, tandis que 26 constructions ont officiellement été retirées du site.

Des preuves réunies avant l’intervention
L’opération ne se limite pas aux démolitions. Suchart Chomklin affirme que ses services avaient anticipé les contestations des occupants du site. Convaincu que certains nieraient avoir contrôlé l’accès à la plage ou fait payer les touristes, il indique avoir ordonné, plusieurs mois avant l’intervention, la collecte méthodique de preuves.
Selon lui, ce travail préparatoire doit permettre d’engager des procédures judiciaires solidement étayées. « Je savais dès le départ que certains refuseraient de reconnaître les faits. J’ai donc demandé aux autorités de réunir toutes les preuves nécessaires afin que chaque dossier puisse être traité conformément à la loi », a déclaré le ministre.
Il ajoute que « les plages publiques sont un bien appartenant à la population, et non une propriété privée ».
La justice prend le relais
Le Département royal des forêts a été chargé d’établir les constats officiels après les démolitions, tandis que les éléments recueillis seront transmis aux différentes administrations compétentes afin d’engager des poursuites. Le ministre affirme vouloir mener les procédures « jusqu’à leur terme » contre toutes les personnes dont la responsabilité pourrait être retenue.
À ce stade, les personnes visées n’ont pas répondu publiquement aux accusations formulées par les autorités.
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