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SRI LANKA – GÉOPOLITIQUE : Une déroute sri-lankaise qui en dit long sur l’état du pays et de la région

Journaliste : Rédaction Date de publication : 16/07/2022
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Gotabaya Rajapksa

 

Nous signalons régulièrement à nos lecteurs les analyses parues dans d’autres publications. L’excellent site Asialyst, dont nous vous recommandons la lecture, vient de publier un très bon article sur le Sri Lanka. En voici des extraits.

 

La scène serait cocasse si la situation actuelle du pays – dramatique à plus d’un titre, au niveau alimentaire et économique notamment – prêtait au relâchement, à la légèreté. Ce mardi 12 juillet, on en est hélas fort loin. Imaginez un président de la République, dont la population réclame depuis des mois le départ, faisant dire la veille par la voix de son Premier ministre, lui-même démissionnaire, qu’il entendait présenter sa démission mercredi 13 juillet et qui, malheureusement pour lui, se retrouve en matinée du 12 juillet contre toute attente bloqué à l’aéroport international par le personnel refusant de le laisser fuir en catimini un pays plongé dans le désarroi, les carences et les pénuries !

 

C’était précisément le sort ubuesque réservé au chef de l’État sri-Lankais Gotabaya Rajapaksa au pouvoir depuis l’automne 2019 et dont le mandat courait jusqu’en 2024. Il en ira désormais bien autrement. Un épilogue politique peu flatteur pour l’intéressé et sa famille politique, la « dynastie Rajapaksa » ou « clan Rajapaksa » pour les médias et ses détracteurs. À l’image d’une gouvernance elle aussi très controversée ces dernières années.

 

NATION EN BANQUEROUTE

 

Entre autres glissements et évolutions douteuses, la République démocratique socialiste du Sri Lanka, régime présidentiel aux mains de la dynastie politique Rajapaksa*, autorisa sans état d’âme une fratrie à accaparer le pouvoir : Gotabaya Président, son frère ainé Mahindra Premier ministre**, son frère cadet Basil ministre des Finances… Dans un pays qui en avait vu bien d’autres depuis son indépendance de la couronne britannique en 1948, ce système aurait certainement pu perdurer encore quelques temps si l’environnement économique et comptable de la 16ème économie d’Asie n’avait pas été tiré vers les abysses, et bien aidé en cela par l’incurie de son gouvernement.

 

Quelles sont les causes de cette descente aux enfers ? Le Sri Lanka a subi ces derniers années des coups de boutoir successifs. À commencer par le retour du péril terroriste dans l’île au printemps 2019*, qui a brutalement anéantit toute velléité touristique nationale. Peu après, le Covid-19** s’abattait sur le pays, avec ses ondes de choc multiples sur les hommes et l’économie nationale***. Ajoutez les conséquences désastreuses**** pour les comptes publics de coûteux emprunts à l’étranger***** finançant le développement d’infrastructures (routes, ports, aéroports, etc.) à l’intérêt parfois très relatif sinon négatif, finalement impossibles à rembourser et menant au défaut de paiement – le ‘’piège de la dette’’ dans toute sa gravité. Sans oublier l’évaporation à grand vitesse des réserves de change nationales interdisant mécaniquement le financement des importations (alimentation, énergie, médicaments, biens de consommation). Résultat : à l’été 2022, une nation de 23 millions d’habitants en faillite, en situation de banqueroute, manquant de tout ou presque, rationnant le peu encore disponible au prix de bien des sacrifices, malmenant plus encore une population déjà exsangue, éreintée, ne voyant de secours à court terme venir de nulle part alors que ses dirigeants font étalage dans le même temps de leur incapacité à tenir la barre de ce navire à la dérive, affrontant sa pire tempête économique et alimentaire de ces 75 dernières années. Aussi, le weekend dernier, l’ancien Ceylan (Sri Lanka depuis 1972) a vécu des moments pour le moins agités. Le 9 juillet, à Colombo, une foule importante autant qu’enfiévrée prenait d’assaut – sans résistance particulière des forces de sécurité – le Secrétariat de la Présidence, la résidence officielle du président Rajapaksa et le domicile privé du Premier ministre Wickremesinghe (ce dernier a été incendié). Conscients du décalage possible entre les annonces et la réalité, échaudés et prudents, les manifestants ayant investi les lieux annonçaient demeurer sur place tant que le président et son chef de gouvernement n’auront pas officiellement et matériellement quitté leurs fonctions…

 

La suite sur www.asialyst.com

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