Accueil Thaïlande Société THAÏLANDE – BIRMANIE : Le « job de vacances » qui tourne au cauchemar à la frontière

THAÏLANDE – BIRMANIE : Le « job de vacances » qui tourne au cauchemar à la frontière

Date de publication : 03/10/2026
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Police Thaïlandaise scam japonais

 

Ils étaient venus en Thaïlande pour un travail de vacances bien rémunéré. Leur voyage les a finalement conduits clandestinement de l’autre côté de la frontière birmane. Le récit de ces deux étudiants japonais dévoile une impressionnante mécanique criminelle à quelques kilomètres du royaume.

 

Un travail de vacances bien payé en Thaïlande, le billet d’avion et l’hébergement offerts : pour deux étudiants japonais de 20 et 21 ans, la proposition semblait séduisante. Quelques jours plus tard, ils se retrouvaient de l’autre côté de la frontière, en Birmanie, contraints de participer à des escroqueries téléphoniques visant leurs propres compatriotes.

 

La police thaïlandaise a dévoilé jeudi 2 octobre les circonstances de leur recrutement et de leur retour en Thaïlande. Les deux jeunes hommes avaient répondu à une offre diffusée sur les réseaux sociaux par un recruteur japonais.
Arrivés dans le royaume comme touristes, ils ont été conduits vers la province de Kanchanaburi, puis ont franchi clandestinement la frontière pour rejoindre Payathonzu.

 

Cette ville birmane se trouve immédiatement de l’autre côté de la frontière, face au district thaïlandais de Sangkhla Buri et à proximité du célèbre col des Trois Pagodes, à environ 300 kilomètres à l’ouest de Bangkok.
Des centaines d’appels par jour

 

Une fois dans le complexe, le travail promis a laissé place à une tout autre réalité.

 

Les deux étudiants affirment avoir été contraints de passer plusieurs centaines d’appels téléphoniques par jour, principalement à destination de personnes âgées au Japon. Ils devaient se faire passer pour des policiers, des procureurs ou des représentants de l’administration afin de tromper leurs interlocuteurs.

 

Ils disent n’avoir reçu aucun salaire et avoir subi des menaces visant également leurs familles. Le réseau aurait en outre réclamé le paiement d’une rançon pour les laisser rentrer au Japon. Après une vingtaine de jours, les deux jeunes hommes ont trouvé une occasion d’alerter leurs proches. Sous un prétexte, ils ont réussi à obtenir le téléphone de l’un des responsables chinois du centre et à contacter leurs familles au Japon.

 

Celles-ci ont alors sollicité l’aide des autorités japonaises. Une coordination entre les représentations diplomatiques japonaises, la police thaïlandaise et les forces chargées de surveiller la frontière a permis leur retour en Thaïlande le 30 septembre. Les autorités thaïlandaises les ont depuis reconnus comme victimes de traite des êtres humains.

 

Une véritable « usine » à escroqueries

 

Le témoignage des deux étudiants donne surtout une idée de l’ampleur présumée du complexe de Payathonzu. Ils estiment que 2 000 à 3 000 personnes y travaillaient, principalement des ressortissants chinois, mais également des personnes d’autres nationalités. Ce chiffre repose sur leur témoignage et n’a pas été confirmé indépendamment.

 

Selon les deux Japonais, les escroqueries ne visaient pas seulement leur pays. Les opérateurs du centre cibleraient également des victimes en Chine, aux États-Unis et dans d’autres pays. L’affaire attire désormais l’attention des autorités thaïlandaises sur les passages clandestins autour de Sangkhla Buri. Le général de police Thatchai Pitaneelabutr, numéro deux de la police nationale, s’est rendu dans la région et a ordonné un renforcement des contrôles afin d’empêcher l’acheminement de nouvelles victimes vers les complexes situés en Birmanie.

 

Les grands centres d’arnaques de Myawaddy, face à la province thaïlandaise de Tak, ont largement attiré l’attention internationale ces dernières années. Le témoignage des deux étudiants rappelle que Payathonzu constitue un autre foyer de ces activités criminelles, directement aux portes de la Thaïlande.

 

Et leur histoire pourrait ne pas s’arrêter à leur propre sauvetage. Les deux étudiants ont signalé la présence d’autres ressortissants japonais dans les centres d’arnaques de Payathonzu. Les autorités thaïlandaises ont transmis ces informations à l’ambassade du Japon afin de poursuivre les vérifications.

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