
L’économie thaïlandaise a retrouvé un peu d’élan en mai, mais la reprise demeure fragile. Après avoir subi les effets de la hausse des prix de l’énergie en avril, le royaume bénéficie d’un contexte plus favorable, porté par le redressement de la consommation et du tourisme. Pour autant, les économistes estiment que ces améliorations ne suffisent pas encore à relancer durablement la croissance.
Le principal moteur de cette embellie est la demande intérieure
Les dépenses des ménages ont progressé par rapport au mois précédent, soutenues par les achats de biens durables, notamment les véhicules électriques. L’investissement privé reste également bien orienté, grâce à la poursuite des achats de machines et d’équipements et à l’arrivée de nouveaux investissements étrangers.
Le secteur touristique confirme lui aussi son redressement. Les arrivées de visiteurs comme leurs dépenses ont augmenté en mai, notamment grâce au retour des touristes en provenance des marchés long-courriers. Une évolution encourageante pour une économie où le tourisme demeure un pilier essentiel de la croissance.
En revanche, l’industrie continue d’envoyer des signaux préoccupants
La production manufacturière a reculé de 0,8 % sur un an, pénalisée par le ralentissement de l’industrie automobile (-8,5 %) et de l’agroalimentaire. Plus surprenant, les bonnes performances des exportations ne se traduisent pas pleinement dans les usines thaïlandaises. Les secteurs technologiques continuent d’exporter, mais une part importante de la valeur ajoutée est désormais produite hors du pays, limitant les retombées sur l’économie locale.
L’agriculture offre un tableau plus contrasté
Les volumes de production ont légèrement reculé sous l’effet des conditions climatiques liées au phénomène El Niño. En revanche, la hausse des prix agricoles a permis d’améliorer les revenus des exploitants, offrant un soutien bienvenu aux zones rurales.
Les comptes extérieurs demeurent également sous surveillance. En mai, la Thaïlande a enregistré un déficit courant de 6,4 milliards de dollars, conséquence d’importations toujours dynamiques, supérieures aux exportations. Les analystes estiment toutefois que le recul des prix du pétrole devrait progressivement alléger la facture énergétique au cours des prochains mois.
Les perspectives restent donc contrastées
La baisse des coûts de l’énergie, le redressement du tourisme et les mesures de soutien budgétaire engagées par le gouvernement depuis juin devraient apporter un certain répit. Mais les difficultés persistantes de l’industrie manufacturière et la faible intégration locale d’une partie des investissements étrangers continuent de peser sur le potentiel de croissance.
En résumé, la Thaïlande bénéficie d’un environnement plus favorable qu’au printemps, mais la reprise reste incomplète. Tant que l’industrie ne retrouvera pas un véritable moteur de croissance, l’économie devrait continuer d’évoluer à un rythme inférieur à son potentiel.
Gaston Baht
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici








