
La Chambre des représentants a approuvé mercredi 26 août le décret autorisant jusqu’à 400 milliards de bahts d’emprunts, soit environ 10,5 milliards d’euros. Après la validation de la Cour constitutionnelle en juillet, le débat se déplace désormais vers deux questions : le poids de cette dette supplémentaire et l’utilisation concrète des fonds.
La Chambre a adopté le texte par 285 voix contre 141, avec 52 abstentions.
Le décret, promulgué en mai, autorise le ministère des Finances à emprunter jusqu’à 400 milliards de bahts pour répondre aux conséquences de la crise énergétique et financer la transition du secteur. Il doit encore poursuivre son parcours parlementaire au Sénat.
Deux enveloppes de 200 milliards
Le dispositif prévoit deux grands volets.
Le premier, doté de 200 milliards de bahts, doit soutenir l’économie et atténuer les effets de la crise énergétique sur les ménages, les agriculteurs et les entreprises.
Le second, également plafonné à 200 milliards, est consacré à la restructuration du secteur énergétique : énergies renouvelables, infrastructures, mobilité propre et investissements liés à la transition.
Le décret avait été contesté devant la Cour constitutionnelle, qui l’avait déclaré conforme à la Constitution en juillet.
Anutin défend un coût jugé soutenable
Devant les députés, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a assuré que les dépenses seraient transparentes et contrôlables.
Il a également affirmé que les finances publiques permettaient d’absorber cet emprunt et a évoqué un coût de financement de l’ordre de 1,2 %, qu’il considère comme soutenable au regard des bénéfices économiques attendus.
La dette publique au cœur des critiques
L’opposition se montre beaucoup plus prudente.
La vice-présidente du Parti du peuple, Sirikanya Tansakun, a averti que la dette publique pourrait dépasser le plafond de 70 % du PIB si la croissance ou l’inflation se révélaient plus faibles que prévu.
Elle a aussi critiqué le recours à un décret d’urgence, estimant qu’une loi ordinaire aurait permis un examen plus détaillé des projets et des dépenses.
La députée réclame surtout davantage de clarté sur le remboursement de l’emprunt et sur la sélection des projets qui en bénéficieront.
Le débat sur Thai Chuay Thai Plus
Autre point de friction : l’utilisation future d’une partie des fonds.
Sirikanya a affirmé que 25 milliards de bahts pourraient être réaffectés à une deuxième phase du programme Thai Chuay Thai Plus, un dispositif de soutien à la consommation. Cette hypothèse n’a pas été présentée comme une décision définitive du gouvernement.
L’opposition redoute ainsi que des crédits initialement destinés à la transition énergétique soient utilisés pour financer des mesures de relance à court terme.
Après l’annonce du plan en mai et sa validation juridique en juillet, l’enjeu devient désormais budgétaire et politique : comment répartir ces 400 milliards sans alourdir excessivement la dette ni diluer les objectifs de transition énergétique ?
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