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THAÏLANDE – FRANCE : A Chanthaburi, le moment d’histoire de l’Ambassadeur Thierry Mathou

Journaliste : François Doré
La source : Gavroche
Date de publication : 24/10/2021
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Visite de l'ambassadeur à Chantaburi

 

 

Notre chroniqueur et contributeur François Doré a récemment guidé l’Ambassadeur de France en Thaïlande Thierry Mathou à Chanthaburi, qui fut une possession française. Il le raconte dans le Souvenir Français et pour Gavroche. Merci !

 

Un récit de François Doré pour le Souvenir Français

 

C’est avec un immense plaisir et une grande reconnaissance, que notre Délégué général a pu accompagner la visite officielle de notre ambassadeur, M. Thierry Mathou et de son épouse, au site historique de Chanthaburi, les 15 et 16 octobre derniers.

 

Plaisir de retrouver le charme de la vieille ville, rassemblée autour de sa cathédrale, la plus grande de Thaïlande. Plaisir de flâner tout au long de la vieille rue du Marché, aux pittoresques maisons chinoises dont les façades avaient déjà vu déambuler les soldats français, lors de leur occupation de onze ans, au début du XXème siècle.

 

La vieille rue du Marché et le charme de ses façades chinoises.

 

Reconnaissance, pour la fondation Phra Racha Wang Derm, qui grâce aux efforts de sa présidente, la Khunying Nongnuj Siridej, a su restaurer de manière parfaite les sept bâtiments encore existants du camp militaire français d’autrefois. Un haut-lieu historique, qui doit rester le témoin de notre amitié franco-siamoise.

 

Reconnaissance et fierté de nos amis thaïlandais, qui par un accueil chaleureux et sans faille de leurs autorités militaires, saluaient là ce qui n’était que la deuxième visite d’un Ambassadeur de France en ce site historique.

 

Fédérateur de la nation siamoise

 

Dépôt de gerbe devant la statue du Roi Taksin, ancien fédérateur de la nation siamoise, avant la visite complète du musée.

 

Et puis traversée de la rivière grondante des pluies de mousson, sur une frêle passerelle, pour rejoindre l’immense cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception, dont le curé, le Père Philippe Adisak nous ouvrit avec gentillesse les lourdes portes.

 

Ancien cimetière catholique

 

Après avoir traversé le parking, emplacement de l’ancien cimetière catholique, nous retrouvons la modeste grotte mariale, site de toutes les attentions du Souvenir Français, puisque s’y trouvent les plaques historiques qui énumèrent les noms des soldats français et annamites, tous morts de morts naturelles pendant une occupation de onze ans.

 

Rappelons ici que pas un seul coup de feu ne fut tiré.

 

Mais plaques mortuaires aussi de deux des prêtres qui autrefois dirigèrent leur communauté catholique et souvent annamite, les Pères Ranfaing et Peyrical.

 

En leur honneur, l’ambassade de France, la mission de Défense et le Souvenir Français ont déposé quelques fleurs, pour leur dire qu’ils n’étaient pas oubliés.

 

Paknam Chanthaburi

 

Après un peu de route, c’est sirène hurlante, que nous rejoignons le deuxième site de l’occupation française, le Paknam Chanthaburi, situé 30 km au sud, le long de l’embouchure de la rivière. Site merveilleux de beauté, qui abritait autrefois une des résidences d’été des monarques siamois. Plages sans fin, qui s’étendent jusqu’à la frontière du Cambodge, soulignées par les monts bleutés des Cardamomes.

 

‘Prison du caca des poulets’ qui ne fut jamais une prison et ne vit jamais un poulet, canon napoléonien, devenu américain, courageux bateaux de pêche, préparés pour leurs conquêtes nocturnes, l’endroit est d’un charme fou, avec au loin, de l’autre côté de l’estuaire, le cap du Lion, couronné du chédi blanc du roi Chulalongkorn, symbole d’une liberté retrouvée en 1905.

 

Devant le Khuk Khi Kai, la prison du caca des poulets.

 

Traversée, sur l’audacieux pont Taksin, de l’estuaire, qui vit passer tant de voyageurs célèbres, puis remontée de notre convoi, salué des deux côtés d’une route sinueuse par des rangées de singes macaques, intrigués par cette animation peu courante, vers la batterie de canons édifiée en haut de la colline par le roi Rama III, pour protéger la région des invasions cambodgiennes. Plaisir bien chauvin, de retrouver une marque française, sur le tourillon d’un des deux canons conservés.

 

Le plus ancien site khmer

 

Notre visite historique, se terminera par la visite du site khmer de Phaniat, complètement oublié, et qui pourtant, semble être le plus ancien site khmer situé sur le territoire du royaume thaïlandais.

 

Une fois de plus, nous répétons donc notre reconnaissance aux membres de cette mission, dirigée par S.E. M. Thierry Mathou et son épouse, M. Christophe Hemmings, Consul de France, le colonel Stefan Stefancic, attaché de Défense, et de son adjointe, Mlle Manon Lefrancq, à qui nous devons les photographies qui illustrent cet article.

 

Le Souvenir Français ne peut que souhaiter que ces moments du souvenir, deviennent un lieu de pèlerinage pour toutes nos autorités de passage à venir en Thaïlande.

 

Nous rappelons également, pour ceux qui seraient curieux de connaître l’histoire de l’occupation française de Chanthaburi de 1893 à 1905, le livre de François Doré, publié en France aux éditions Soukha.

 

François DORE
Délégué général
Le Souvenir Français de Thaïlande.

4 Commentaires

  1. ah ! les” “possessions françaises” … cultivons en le … “charme” … surtout celui de leur prêtres … une fonction des ambassades de France dans leurs missions les plus … surannées. La France qui sent bon la France … c’est dans l’air du temps , ne nous privons pas … jusqu’à l’ivresse …

  2. D’ailleurs. l’ambassadeur Paul Cambon a une idee bien precise sur le sujet; c’est la fraction la plus stupide de la politique francaise qui est responsable de l’incident, les memes qui sont a l’origine de Fachoda. C’est a Delcasse qu’il devait revenir de retablir la situation, et donner a la France un respect et une confiance qu’elle n’avait jamais conus auparavant (Paul Cambon, Correspondance).

  3. Et il faut savoir aussi, qu’aujourd’hui encore on enseigne aux enfants des écoles thaïlandaises qu’au XIXe siècle la France fut le prédateur attitré de la Thaïlande (j’ai une petite nièce qui a 11 ans). Et tout ça pourquoi ? Pour faire du Laos une colonie chinoise… Il n’y a pas de quoi être fier. Humilité, retenue seraient bienvenues.

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