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THAILANDE – FRANCE: Le récit exclusif du douloureux voyage à Phuket de Jacques Chirac

Journaliste : Francois Doré
La source : Le Souvenir Français Thaïlande
Date de publication : 26/10/2019
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C’est une exclusivité Gavroche. Un témoignage direct. Un récit poignant. Son auteur est notre chroniqueur François Doré, dont vous lisez régulièrement les excellentes chroniques sur les écrivains de l’Indochine, et dont nous vous recommandons la superbe Librairie du Siam et des colonies. Mais François est aussi l’une des mémoires vivantes de Bangkok. Le 13 avril 1990, à l’aéroport de Don Muang, il reçoit un visiteur de marque nommé Jacques Chirac. Voici la suite. Avec Gavroche, l’histoire racontée par ceux qui l’ont vécu.

 

Un récit exclusif de François Doré

 

En ce matin ensoleillé du 13 avril 1990, nous n’étions que deux à attendre à la sortie VIP de l’ancien aéroport international de Don Meuang : l’Ambassadeur de France, S.E. Georges-Emile Vinson, et moi-même, directeur de la plus ancienne agence de voyages française en Thaïlande, la Compagnie Générale du Siam.

 

Nos passagers, qui voyageaient incognito, sous un pseudo, pour protéger la tranquillité de leurs vacances, n’étaient autres que la famille Chirac : Jacques, son épouse Bernadette et leur fille cadette, Claude. Arrivés par le vol Air France, ils sortirent rapidement, l’ancien premier ministre et actuel Maire de Paris poussant son chariot à bagages.

 

«Force tranquille»

 

La prise de contact fut rapide et cordiale, bien que l’Ambassadeur, beau-père de Jacques Séguela de la «force tranquille», ne partageât pas forcément le même bord politique que notre voyageur. L’Ambassadeur s’étant retiré, j’emmenais donc les voyageurs vers l’aéroport domestique où les attendait leur vol pour Phuket. Ils devaient y passer des vacances de rêve, dans ce qui était à l’époque, l’hôtel des stars et des Vips, le Phuket Yacht Club, dominant la baie de Nai Han.

 

Ce transit devait se faire par un court trajet automobile. Je prenais donc tout le monde à mon bord, et traversant la zone entourant l’aéroport, Jacques Chirac m’interrompit, le doigt tendu vers l’extérieur, et me demandant : «Oh ! Qu’est ce que c’est ?». Il s’agissait tout simplement du Wat Don Muang, qui se trouve au bord de l’autoroute. Je lui explique donc ce qu’est un temple bouddhique, en lui présentant les divers bâtiments qui traditionnellement forment l’ensemble du lieu saint. Surpris, je dois l’avouer, que celui que l’on a présenté récemment comme le grand spécialiste de l’art asiatique, ne connaissait à cette époque absolument rien de la culture du pays qu’il venait découvrir. Après quelques moments cordiaux passés dans le salon d’attente, nous nous quittâmes, formulant tous mes vœux pour de merveilleuses et reposantes vacances. Hélas, comment pouvais-je deviner à ce moment-là que ces vacances de rêve allaient se transformer en cauchemar ?

 

L’angoisse au téléphone

 

À minuit, ce même jour, le même Jacques Chirac reçoit un coup de téléphone angoissé depuis Paris : coup de tonnerre ! Votre fille aînée, Laurence, vient de se jeter par la fenêtre… Les détails de ce drame sont connus : l’appartement parisien. La chute du 4ème étage ; le corps amaigri par la maladie ; les fractures innombrables… Il est facile d’imaginer l’angoisse qui va saisir la famille Chirac, réveillée au milieu d’un sommeil réparateur du long voyage vers l’autre côté du monde. Branle-bas de combat. L’ami Louis Bronner, directeur de l’hôtel m’appelle, et en pleine nuit nous mettons en place un retour immédiat vers Paris.

 

Premier vol de Phuket

 

A l’arrivée des voyageurs du premier vol venant de Phuket à l’aéroport de Bangkok, cette fois ci j’étais seul pour accueillir une famille rongée par la douleur et l’inquiétude. Nous traversons rapidement l’autoroute par la passerelle et nous les installons dans une suite de l’hôtel de l’aéroport, situé juste en face.

 

Le directeur d’Air France, prévenu, avait fait débloquer les places et nous devions attendre le départ en fin de matinée. Alors que d’un salon voisin, je veillais sur leur attente, le Maire de Paris vient me trouver et me demande : « J’ai peur d’avoir froid dans l’avion et je n’ai que ma chemise sous ma veste. Est-ce qu’il serait possible d’acheter un vêtement un peu chaud ? ». Question bien embarrassante dans un pays tropical comme la Thaïlande. Qu’à cela ne tienne, nous partons donc tous les deux vers l’ascenseur pour rejoindre la galerie marchande du rez-de-chaussée.

 

Évidemment, il fallait s’y attendre : arrivé au milieu de la descente, la cabine s’arrête et deux jeunes filles nous rejoignent dans l’étroite cabine. Selon la coutume en ce lieu exigu, on se regarde du coin de l’œil et l’une d’elle s’exclame : « Vous seliez pas Jecques Chilèc des foués ? » Deux charmantes québécoises… Immédiatement, l’homme politique que nous connaissons tous réapparaît : il serre les mains tendues avec un « Bonjour Madame, bonjour Madame », à un moment où ses préoccupations étaient certes tout autres.

 

Galerie marchande

 

Ce que proposait la galerie marchande ne répondait certainement pas à ce que nous cherchions. Rien qui ressembla à un pull-over ou quelque chose d’approchant. Enfin, dans un magasin proposant les babioles touristiques habituelles, nous trouvons une série de tee-shirts, marqués en grand d’un «Thaïlande» flamboyant et d’un immense soleil rougeoyant. « Ça va faire l’affaire. Je mets le soleil dans le dos et sous ma veste, ce sera parfait, je n’aurai pas froid ! ». Un peu plus tard, alors que j’accompagnais la famille Chirac, dans leur douleur extrême vers l’avion, Bernadette Chirac me dit : « Vous comprenez Monsieur ! Au dernier dîner familial, à la Mairie, pour les fêtes de Noël, elle m’a dit : Maman, je viens à une seule condition : on ne pose rien dans mon assiette ! Si on le fait, je me lève et je m’en vais… ».

 

Pour Jacques Chirac, la tristesse était immense, mais en plus, il m’avoua : « Vous vous rendez compte, tout ce drame ! Et en plus, croyez moi si vous voulez ! C’est Pasqua qui était au chevet de ma fille et c’est lui qui m’a appelé au téléphone cette nuit !… ». (Nous étions au moment de la rupture politique entre les deux anciens amis).

 

François Doré. Librairie du Siam et des Colonies

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