
La crise qui a fortement perturbé Thai Airways à la fin septembre touche à sa fin. La compagnie a retrouvé un programme de vols normal, mais quelque 600 bagages attendent encore de retrouver leurs propriétaires. À Suvarnabhumi, les autorités veulent désormais tirer les leçons de l’épisode en renforçant les services au sol et leurs obligations contractuelles.
Après plus d’une semaine de perturbations, Thai Airways a retrouvé un fonctionnement normal. Le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a indiqué mardi 6 octobre que la compagnie assurait désormais normalement l’ensemble de ses vols. Les opérations de fret ont également retrouvé leur rythme habituel.
Un dernier problème reste toutefois à régler : celui des bagages. Environ 600 valises attendent encore d’être restituées. Pour quelque 200 d’entre elles, les passagers ont déjà pris contact avec la compagnie. Les équipes cherchent encore à joindre les propriétaires des 400 autres.
Le chemin parcouru est important : le 30 septembre, le ministre des Transports faisait encore état d’environ 8 000 bagages en attente de livraison.
Une crise provoquée par les inondations
Les fortes inondations de la fin septembre avaient empêché une partie du personnel au sol de rejoindre l’aéroport de Suvarnabhumi. Le manque d’effectifs avait rapidement provoqué une accumulation des bagages, des retards puis des annulations de vols.
La crise avait notamment touché plusieurs liaisons européennes. Thai Airways avait encore annoncé des annulations entre le 29 septembre et le 1er octobre, dont le vol TG930 Bangkok-Paris le 1er octobre.
L’affaire a également provoqué des remous au sommet de la compagnie. Le conseil d’administration de Thai Airways a suspendu le CEO Chai Eamsiri de ses fonctions le 2 octobre, le temps d’établir les responsabilités dans la gestion de la crise. Une enquête doit notamment examiner l’accumulation des bagages, les annulations de vols et le recours à du personnel extérieur pour les opérations au sol.
Un troisième opérateur à Suvarnabhumi
L’épisode devrait surtout entraîner des changements durables à l’aéroport. Airports of Thailand (AOT) prévoit de signer le 8 octobre un contrat avec AOT Ground Aviation Services (AOTGA), qui deviendra le troisième prestataire de services au sol à Suvarnabhumi. Deux opérateurs assurent actuellement ces prestations et travaillent, selon AOT, près de leurs capacités maximales. Le nouvel opérateur devrait commencer ses activités au début de 2027 afin de répartir la charge de travail et de disposer d’une capacité supplémentaire en cas de nouvelle crise.
Le gouvernement veut également revoir les règles du jeu. Phiphat Ratchakitprakarn a reconnu que le contrat actuel ne permettait pas à AOT d’infliger des pénalités contractuelles à Thai Airways pour les défaillances constatées dans les services au sol.
Le futur contrat avec AOTGA comprendra donc des objectifs de performance, des pénalités financières et la possibilité de résilier le contrat si les normes imposées ne sont pas respectées.
La crise des bagages se résorbe ainsi progressivement. Mais elle aura surtout mis en évidence la vulnérabilité des opérations au sol de Suvarnabhumi lorsque les effectifs viennent brutalement à manquer. Avec l’arrivée d’un troisième prestataire et des contrats plus contraignants, les autorités thaïlandaises veulent désormais éviter qu’un épisode similaire ne paralyse à nouveau le principal aéroport international du royaume.










