
À la Chambre des représentants, le député Pheu Thai Jakrapob Penkair a appelé à renforcer le State Audit Office, l’organisme chargé de contrôler l’utilisation des fonds publics. Son constat est sévère : les audits sont nombreux, mais trop peu débouchent sur des corrections effectives. À deux ans de l’objectif d’adhésion à l’OCDE, il estime que la crédibilité institutionnelle de la Thaïlande sera directement scrutée.
Près de 12 000 rapports d’audit portant sur quelque 10 000 organismes publics : le State Audit Office (SAO) ne manque pas d’activité.
Mais, devant la Chambre des représentants le 27 août, Jakrapob Penkair a choisi de mettre en avant un autre chiffre : selon le rapport annuel 2025 du SAO, seuls 22,25 % des dossiers dans lesquels des problèmes avaient été identifiés ont débouché sur une mise en œuvre effective ou une correction par les administrations concernées.
Pour le député Pheu Thai, c’est là que se situe le véritable problème.
Auditer après coup ne suffit plus
Le système de contrôle existe, mais il intervient encore trop souvent après que l’argent public a été dépensé.
Jakrapob Penkair a employé le terme anglais postmortem pour décrire cette logique : l’irrégularité est constatée après coup, alors que certaines pratiques de corruption peuvent se mettre en place bien plus tôt, notamment lors des marchés publics et des appels d’offres.
Il pose donc une question simple : le SAO dispose-t-il aujourd’hui des outils juridiques nécessaires pour agir plus efficacement ?
L’objectif, selon lui, ne doit pas seulement être d’augmenter les pouvoirs de l’institution, mais surtout de faire en sorte que les constats d’audit entraînent réellement des corrections, des sanctions ou des changements de procédure.
L’OCDE comme test de crédibilité
La question prend une importance particulière alors que la Thaïlande vise une adhésion à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à l’horizon 2028.
Gouvernance publique, transparence, intégrité des institutions et lutte contre la corruption font partie des domaines examinés dans ce processus.
Pour Bangkok, l’enjeu est donc autant diplomatique qu’économique. Les investisseurs étrangers observent non seulement la croissance et la taille du marché, mais aussi la qualité des institutions et la capacité de l’État à faire respecter ses propres règles.
Un classement qui reste médiocre
La Thaïlande reste mal classée en matière de perception de la corruption. Dans l’indice 2025 de Transparency International, elle se situe au 116e rang sur 182 pays et territoires, avec un score de 33 sur 100.
Au sein de l’ASEAN, elle demeure derrière Singapour, la Malaisie, le Vietnam et l’Indonésie.
Pour Jakrapob Penkair, ces résultats montrent que la lutte contre la corruption ne peut plus se limiter à des déclarations de principe.
Du contrôle à l’action
Le député estime que le rapport annuel du SAO ne doit plus être simplement présenté au Parlement puis oublié.
À deux ans de l’échéance fixée pour l’OCDE, la Thaïlande devra montrer qu’elle sait transformer les constats en décisions et les audits en résultats concrets.
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