
Après douze ans d’attente, l’autoroute Bến Lức–Long Thành vient d’ouvrir sur toute sa longueur, au sud de Hô-Chi-Minh-Ville. Une étape importante pour les transports vietnamiens, qui met aussi en lumière les difficultés du réseau : péages, équipements incomplets et inquiétudes de certains chauffeurs face aux règles de circulation.
Près de 58 kilomètres pour contourner le centre de Hô-Chi-Minh-Ville et faciliter les déplacements entre le delta du Mékong et le sud-est du Vietnam. Depuis le 1er octobre 2026, les véhicules peuvent emprunter l’intégralité de l’autoroute Bến Lức–Long Thành. Elle doit notamment améliorer l’accès au futur aéroport international de Long Thành et aux installations portuaires de la région.
Lancée en 2014, sa construction devait durer environ cinq ans. Mais en 2019, alors que le projet était réalisé à près de 80 %, des difficultés de financement et de procédures ont paralysé le chantier. La reprise générale n’est intervenue que fin 2023. Des sections ont ensuite ouvert progressivement, avant l’achèvement des derniers ouvrages nécessaires à une liaison continue.
Cette ouverture illustre l’ambition vietnamienne : raccourcir les trajets, faciliter le transport des marchandises et désengorger les grandes villes. Pourtant, pour certains usagers, une autoroute plus rapide ne constitue pas toujours le choix le plus avantageux.
Quand les péages pèsent davantage que le temps gagné
Le quotidien Dân Trí rapporte le cas d’un transporteur de Đắk Lắk, propriétaire de cinq camions, qui demande désormais à ses chauffeurs de privilégier la nationale 1. Pour ses marchandises, dont la livraison n’est pas urgente, les économies de péage peuvent justifier un trajet plus long.
Le transporteur évoque également la crainte de sanctions pour non-respect des distances de sécurité, notamment lorsque d’autres véhicules s’insèrent dans l’espace laissé devant son camion. Ces témoignages révèlent les arbitrages de certains professionnels ; ils ne permettent pas de conclure à une désaffection générale pour les autoroutes.
Les autorités reconnaissent néanmoins des difficultés dans l’application des règles. Le 14 septembre, le gouvernement a demandé leur réexamen afin de mieux tenir compte des vitesses, de la densité du trafic et des caractéristiques des routes. Il a également insisté sur la nécessité de mieux informer les conducteurs.
Des équipements qui doivent suivre
Autre faiblesse : les services n’avancent pas toujours au même rythme que les chaussées. Le gouvernement a demandé d’accélérer la construction des aires de repos sur l’axe autoroutier nord-sud. Sur plusieurs sections, les équipements essentiels restent incomplets. Les autorités ont aussi engagé un travail de mise à niveau des autoroutes construites selon une configuration réduite ou provisoire.
La qualité des ouvrages suscite également des interrogations. Sur Biên Hòa–Vũng Tàu, un affaissement et des fissures localisés ont nécessité une intervention près de la rivière Buông. Le 2 octobre, le journal Đồng Nai annonçait la réparation du revêtement, mais précisait qu’une limitation à 60 km/h resterait en vigueur jusqu’au traitement complet de la cause.
Le changement d’échelle est considérable : une publication de septembre faisait état d’environ 3 345 kilomètres d’autoroutes exploitées ou ayant fait l’objet d’une ouverture technique. Le ministère de la Construction propose désormais près de 3 000 kilomètres de constructions nouvelles et d’élargissements pour la période 2026–2030.
Pour les usagers, la réussite de cette modernisation se mesurera aussi à la fiabilité des routes, aux possibilités de faire une pause et au coût du trajet. Autant de conditions pour que les kilomètres construits deviennent des kilomètres réellement utiles.
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