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Home Accueil ASIE – FRANCE : Comment Anwar Ibrahim est devenu un ami de la République 2/3

ASIE – FRANCE : Comment Anwar Ibrahim est devenu un ami de la République 2/3

Date de publication : 26/07/2023
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Anwar Ibrahim

 

Deuxième volet de la longue chronique rédigée par Édouard Braine, ancien Ambassadeur de France en Malaisie. (Première partie ici)

 

Contrairement aux autres nations d’Asie du Sud-Est, la Malaisie octroie aux ethnies minoritaires, et en priorité la chinoise, la liberté de pratiquer leur langue et le respect de leur identité culturelle et de son affirmation politique, en contrepartie d’un système de discrimination positive au profit des Malais musulmans. Pour pouvoir ainsi co-exister et vivre collectivement, les Malaisiens non Malais, Chinois ou Indiens, doivent accepter un statut de citoyens de deuxième zone qui les exclut de la direction des affaires publiques, de l’accès à certaines professions souveraines et à l’Université, les prive d’une part dès bénéfices sociaux ou droits économiques (marchés publics par exemple) et les soumet à des charges spécifiques comparables au statut de « dimmi » frappant les non musulmans en terre d’islam. Un tel équilibre original et fragile, aux antipodes de notre modèle tricolore de laïcité, a été, dès l’origine, au cœur du dialogue engagé par Anwar Ibrahim avec la France.

 

Le débat sur le port du voile

 

Très logiquement, le débat français sur le port du voile au milieu de la décennie 1990 a été suivi avec passion dans l’opinion publique Malaise. Les agents d’influence et universitaires wahabites, venus d’Arabie Saoudite et financés par elle, ayant sous leur contrôle les universités islamiques de Malaisie, avaient mené ouvertement campagne contre la France. Malgré son image d’intégriste et son rôle de chef de file idéologique de la frange islamiste du parti Malais majoritaire, le vice-premier ministre, loin de s’associer à cette critique de la laïcité, m’avait offert l’aide de l’organisation des jeunes de l’UMNO pour plaider notre cause auprès des étudiants musulmans. En 1997 et au début 1998, mes efforts pour défendre nos positions n’avaient aucun effet, à un moment décisif pour des décisions stratégiques majeures dans les relations franco-malaisiennes (choix de créer une force sous-marine, qui débouchera en 2002 sur l’énorme contrat des Scorpènes d’environ 10 milliards de dollars, qui fera vivre pendant une décennie l’industrie navale de Cherbourg.

 

Je n’aurais rien pu faire sans l’aide conjointe d’Anwar Ibrahim et du Dr. Dalil Boubakeur. J’ai donc échangé avec le recteur de la mosquée de Paris une tournée de conférences en Malaisie contre un séjour de découverte de l’Islam indonésien et malais. Il m’a fallu vaincre les réticences de certains responsables du Quai d’Orsay, où des intégristes de la laïcité contestaient la légitimité du financement d’un tel voyage. Au printemps 1998, le docteur Boubakeur a pu rendre visite à l’Islam asiatique en commençant par une tournée d’une dizaine de jours en Malaisie où il a été reçu comme un chef d’État par le vice-premier ministre et numéro deux du régime. En disposant de la légitimation du porte-drapeau de l’islam politique Malais, l’uléma de la République française a créé un effet de surprise dans l’opinion publique malaisienne à travers une série de conférences dans les principales universités islamiques du pays.

 

Propagande saoudienne

 

La propagande intégriste inspirée par les Saoudiens, caricaturant la laïcité française comme une agression contre l’Islam, a été prise à contre-pied par les prises de position du recteur de la grande mosquée de Paris. Accompagné et soutenu par les jeunes militants islamistes de l’UMNO, arborant sa Légion d’honneur, il s’est exprimé dans un arabe littéraire hors de portée de l’auditoire malais, et en présence de l’ambassadeur de France. L’effet de surprise a été total chez nos adversaires et un dialogue curieux s’est engagé avec les étudiants et intellectuels malais qui ignoraient tout du système français de séparation entre l’État et les religions, aux antipodes des préjugés colportés par les fondamentalistes islamiques.

 

Deux raisons principales expliquent l’écho et l’efficacité du message du Dr. Dalil Boubakeur en Malaisie.

 

A/ En premier lieu, la laïcité à la française, expliquée par une autorité morale légitime du côté arabe et tricolore, a été perçue comme une solution méritant d’être étudiée comme système de gestion d’une société multi-ethnique et multi-religieuse. Tout l’édifice politique du contrat social de la Malaisie du Docteur Mahathir repose en effet sur un objectif comparable, dicté par la volonté d’éviter un affrontement entre les Malais musulmans, qui exercent le pouvoir politique et la minorité chinoise contrôlant l’économie du pays.

 

B/ En second lieu, deux arguments ont touché les jeunes auditoires malais :

 

– l’explication donnée sur notre principe d’égalité absolue des citoyens, à l’opposé des principes discriminatoires du système malaisien ;

– la présentation par le recteur de la mosquée de Paris de l’histoire chaotique des relations de la France avec le monde arabo-musulman, de l’alliance entre François Ier et Suleiman le magnifique, en passant par la colonisation, jusqu’à la page tournée en 1962 avec l’indépendance de l’Algérie. Cet épisode permet de relativiser voire de démentir les accusations d’intégrisme portées contre Anwar Ibrahim par ses ennemis politiques.

 

3/ Le destin tragique d’Anwar Ibrahim

 

Quand j’ai fait la connaissance d’Anwar Ibrahim au printemps 1995, il était près du sommet de sa carrière politique. Je l’ai quitté trois ans et demi plus tard à l’automne 1998, une semaine avant qu’il soit mis en prison où il a passé près de 10 ans, à la suite d’une série d’épisodes judiciaires plus que discutables.

 

J’ai commencé à écrire ces lignes au moment où il allait retrouver la liberté dans l’espoir de devenir premier ministre, lorsque l’inusable docteur Mahathir jetterait l’éponge. Le dernier chapitre de cette nouvelle est le plus délicat. Il s’agit de témoigner de la terrible traversée du désert d’Anwar Ibrahim, entre l’automne 1998 où il a échappé de peu à la mort et l’été 2018 où son épouse Wan Aziza, après avoir partagé la victoire électorale, est vice-premier ministre d’un gouvernement malaisien, à nouveau dirigé par le docteur Mahathir. Cette histoire ressemble à une version moderne, et véridique, du comte de Monte-Cristo.

 

En cet été 2021, où la Malaisie, jusque-là relativement épargnée fait face à une agression violente de la Covid, l’heure du dénouement approche. Anwar Ibrahim affirme détenir une majorité parlementaire, et revendique désormais le poste de premier ministre, 23 ans après avoir été écarté du pouvoir par des moyens condamnables. C’est seulement aujourd’hui.

 

J’ai été un témoin privilégié de la divergence dramatique entre le docteur Mahathir et Anwar, prétendant à sa succession, à propos de l’attitude à adopter face à la crise de l’économie asiatique déclenchée en 1997. Le patron de la Malaisie avait choisi de défier les États-Unis, tandis que son ministre des finances et vice-premier ministre recevait les hommage unanimes de la presse et des autorités américaines pour la ligne orthodoxe de sa politique économique. J’étais dans le bureau d’Anwar Ibrahim, quand le magazine Time lui consacra sa première page, alors que le premier ministre provoquait Washington par une visite à Cuba. L’échange téléphonique dont j’ai été alors témoin entre les deux hommes ne laissait aucun doute sur le caractère irréversible de la rupture au sommet du pouvoir.

 

Dès le printemps 1998, une campagne de presse diffamatoire a été lancée contre Anwar Ibrahim, accusé de sodomie dans des journaux malais contrôlés par des proches du premier ministre. L’objectif du Dr. Mahathir et de ses deux associés, le milliardaire malais Tun Daim, ancien ministre des finances, et le chef des services spéciaux malaisiens n’était pas seulement d’éliminer politiquement Anwar Ibrahim, mais de l’assassiner en lui inoculant le virus du sida, ce qui aurait au passage permis de prouver l’accusation d’homosexualité portée contre lui. Mes relations confiantes avec la victime de cette conspiration m’ont amené à jouer un rôle totalement inattendu dans la vie d’un ambassadeur, pour sauver Anwar Ibrahim.

 

Tout s’est joué au moment où j’allais quitter mes fonctions, à la fin de l’été 1998. Après mon dernier 14 juillet à Kuala Lumpur, j’avais pris un mois de vacances en France, avant de revenir faire mes adieux à mes interlocuteurs malaisiens, et d’abord à Anwar Ibrahim dont la position avait continué à se dégrader. Deux amis communs, proches d’Anwar Ibrahim, me faisaient part de leur inquiétude grandissante quant à la menace pesant sur Anwar.

 

Les vacances dans le Quercy ont été consacrées à des retrouvailles familiales lors du mariage de Ludovic, le fils aîné de Chantal, avec Annelies, soprano néo-zélandaise. En marge de cette fête, de nombreux amis étaient venus de Malaisie, à l’occasion de la remise de ma croix de la Légion d’honneur, pour marquer la fin de ma mission à Kuala Lumpur. Parmi eux, Bruce Bland, australien francophile et patron de la lyonnaise des eaux en Malaisie, suivait avec inquiétude pour le compte de Jérôme Monod, conseiller industriel officieux du chef de l’État, le cours de la confrontation entre le dr. Mahathir et Anwar Ibrahim. Dans ce climat d’incertitude, j’ai tenu à ne pas partir à la sauvette, et j’ai passé une semaine au mois de septembre 1998 pour faire mes adieux à la Malaisie, c’est-à-dire d’abord à l’équipe exceptionnelle que j’avais pu réunir autour de moi à l’ambassade, et pour dire au revoir à Anwar Ibrahim. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un rendez-vous a priori protocolaire soit L’occasion de partager un secret d’État qui aurait pu déboucher sur un crime politique inspiré par le mode de succession de la famille Borgia ou les pires heures de la décadence de l’empire romain.

 

A suivre…..

 

Remerciements à Yves Carmona

 

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