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Avouez que les paroles de la fameuse chanson laissent à désirer: « Eh watching you / t’as fraoute les roubloutes / Canapé bidet à coudre/ Merde in France (cacapoum cacapoum) / Watch euh me again/ Même triple again/ Merde in France (cacapoum cacapoum). » Comment ne pas avoir envie d’écouter ce refrain après avoir lu l’un des derniers éditoriaux de « The Economist » consacré au pays de Voltaire. Le mot de Cambronne y figure en surtitre. En haut de la page du magazine britannique chéri par Emmanuel Macron. « Utter Merde ». Traduisez au choix: « pure merde », « merde totale», ou « complètement la merde »… Verdict sans appel : vue de Londres, cette République là, enlisée dans son débat budgétaire en forme d’impasse, ne sent pas bon et colle aux chaussures. Pas sûr même que marcher dedans porte bonheur !
Pourquoi cette tentation merdique de « The Economist », magazine d’ordinaire si distingué ? Sans doute parce que son excellente correspondante à Paris, autrice d’un essai admiratif sur les débuts de Macron intitulé « Revolution Française » (rien que ça), commence à se sentir flouée. « Que restera-t-il du macronisme ? Posons-nous tous la question » rigolait, ce dimanche 11 janvier, l’un des invités du plateau de « Tout est politique » sur France Info TV. Une participante a parlé de la résilience du pays pendant l’épidémie de Covid 19. Je me suis pour ma part risqué à défendre la politique d’attractivité économique, et le volontarisme européen du locataire de l’Élysée. Pan sur le bec: 2026 s’annonce, côté attractivité, comme l’année de l’Italie. Et voilà Macron vent debout contre l’accord commercial avec les pays du Mercosur. Sacré caca politique, alors que l’ombre d’une dissolution de l’Assemblée se remet à planer…
J’aime bien pourtant ce mot. Surtout sous la plume des journalistes britanniques. Tellement français, ce terme utilisé à toutes les sauces. « Arrêtez d’emmerder les Français », clamait Georges Pompidou. L’occasion de redire, aussi, que l’héroïque général Cambronne riposta, parait-il, en ces termes, aux assauts anglais contre le dernier carré de la Garde impériale à Waterloo. Macron-Napoléon. Avis à « The Economist » : les Français, dans leur histoire, se sont souvent accommodés du « caca » ambiant. Sans pour autant se remettre en cause. Et merde !
Bonne lecture, avec Jacques Dutronc !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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