
Alors que le conflit se poursuit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la Thaïlande se veut rassurante. Mais quels sont les impacts réels pour le pays ? Voici les principales questions — et les réponses du gouvernement.
La Thaïlande est-elle directement menacée ?
Non, selon le gouvernement. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a réuni le Conseil national de sécurité et réaffirmé la position de neutralité du royaume. Bangkok appelle à une résolution pacifique du conflit par la voie diplomatique, conformément au droit international.
Les autorités ont toutefois renforcé la surveillance des sites sensibles, notamment les ambassades concernées, et suivent de près les risques de désinformation en ligne.
Les Thaïlandais au Moyen-Orient sont-ils en danger ?
La situation varie selon les pays. En Iran, entre 200 et 300 ressortissants sont présents. Une vingtaine souhaitent rentrer. Des plans d’évacuation par voie terrestre vers la Turquie sont prêts, avec un appui possible de l’armée de l’air.
En Israël, près de 65 000 Thaïlandais — principalement des travailleurs agricoles — résident actuellement. Aucune victime n’a été signalée. Les autorités israéliennes ont assuré donner priorité à leur sécurité.
Aux Émirats arabes unis, plus de 1 000 Thaïlandais ont enregistré une demande de retour. Des solutions de transit via Oman sont envisagées.
Le Ministre des Affaires étrangères coordonne ces opérations en lien étroit avec les ambassades, tandis que le ministère du Travail a activé un centre de réponse rapide pour suivre la situation des travailleurs.
Les prix de l’énergie vont-ils augmenter en Thaïlande ?
La hausse des cours mondiaux du pétrole est surveillée de près. Le Ministère de l’énergie assure que le pays dispose d’environ 60 jours de réserves stratégiques de brut et de carburant. Surtout, le Premier ministre a annoncé une mesure immédiate : le prix du diesel est plafonné à 29,94 bahts par litre pendant 15 jours, avec effet immédiat. Cette décision vise à limiter l’impact sur le coût de la vie.
Toutes les stations-service du groupe PTT Public Company Limited appliqueront ce tarif. Le gouvernement réévaluera la situation à l’issue de cette période et pourrait adopter de nouvelles mesures de soutien si nécessaire.
L’économie thaïlandaise risque-t-elle d’être fragilisée ?
À ce stade, l’exécutif se veut confiant. Les exportations vers le Moyen-Orient ainsi que les arrivées touristiques en provenance de la région représentent chacune moins de 4 % des totaux nationaux, limitant l’exposition directe.
Les marchés financiers demeurent stables, soutenus par près de 300 milliards de dollars de réserves internationales.
Le ministère du Commerce a mis en place six axes d’action : contrôle des prix des produits essentiels, sécurisation des chaînes d’approvisionnement alternatives, soutien aux exportateurs, gestion logistique, hotline 24h/24 et suivi des pressions inflationnistes. Le ministère de l’Industrie surveille, lui, les impacts indirects sur les PME et les coûts de production.
Les transports aériens sont-ils affectés ?
Les vols entre la Thaïlande et six pays — Israël, Iran, Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite et Koweït — restent perturbés en raison des tensions régionales. Certaines liaisons sont limitées aux vols de rapatriement, tandis que les services vers Oman fonctionnent presque normalement. Les restrictions d’espace aérien obligent plusieurs compagnies à rerouter leurs vols, allongeant les trajets vers l’Europe. Les voyageurs bénéficient des protections prévues par la réglementation sur les droits des passagers.
Faut-il s’inquiéter ?
Le gouvernement reconnaît un contexte international instable mais estime la situation « gérable ». Entre diplomatie prudente, mesures de stabilisation économique et soutien aux ressortissants, Bangkok cherche à limiter les risques tout en préservant la stabilité intérieure.
En complément des annonces officielles, certains groupes pétroliers ont communiqué des hausses à la pompe à partir du 3 mars. Shell a augmenté le diesel de 4,20 baht par litre et le gasoil de 1,50 baht par litre et Caltex a relevé le prix du diesel de 1,80 baht par litre à partir de 11h, portant le Diesel Techron D à 31,74 baht par litre. Les prix de la plupart des grades de gasoil ont augmenté de 0,90 baht par litre.
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