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CAMBODGE – ÉCONOMIE : Non, le Cambodge n’est pas en faillite !

Journaliste : Soreasmey Ke Bin Date de publication : 09/03/2026
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Usine textile Cambodge

 

Gavroche est lu au Cambodge et nous nous en félicitons. Heureux, toujours, d’ouvrir et d’alimenter le débat. Merci à Soreasmey Ke Bin, de Confluences, de nous avoir adressé ce texte. Encore une fois, le débat est ouvert !

 

Le Cambodge est il en faillite ? Non. Mais son économie mérite mieux que des raccourcis.

 

La question posée par Gavroche mérite une réponse claire. Non, le Cambodge n’est pas en faillite. Le pays traverse des difficultés sectorielles et une crise d’image liée aux centres d’arnaques en ligne, mais ses fondamentaux économiques restent solides et sa trajectoire de croissance ne date pas d’hier.

 

La question posée récemment par Gavroche est volontairement provocatrice : le Cambodge serait il en faillite ? Elle appelle une réponse tout aussi claire. Non.

 

Réduire l’économie cambodgienne au phénomène des centres d’arnaques en ligne serait une erreur d’analyse. Le problème existe et il doit être combattu. Les autorités ont d’ailleurs mené ces dernières années des opérations massives pour démanteler ces réseaux.

 

Mais ces activités ne constituent ni le socle ni le moteur de la croissance du pays.

 

Une croissance solide bien avant les scams

 

Depuis plus de vingt ans, le Cambodge figure parmi les économies les plus dynamiques du monde. Entre le milieu des années 1990 et la période précédant la pandémie, la croissance annuelle du PIB a avoisiné 7 à 8 %.

 

Cette trajectoire a permis au pays de réduire fortement la pauvreté, d’entrer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur et de transformer progressivement sa structure économique.

 

Cette croissance repose sur des moteurs bien identifiés : l’industrie textile et de l’habillement, le tourisme, la construction, l’agriculture et, plus récemment, certaines industries manufacturières tournées vers l’exportation.

 

Comme partout, la pandémie a marqué un coup d’arrêt brutal. Mais la reprise est bien engagée. Les projections pour 2025 et 2026 situent la croissance autour de 5 à 6 %, un niveau solide dans un contexte international incertain.

 

Des difficultés réelles mais sectorielles

 

Reconnaître les défis actuels est indispensable pour avoir une analyse honnête.
Le tourisme reste en deçà de son potentiel. Les arrivées internationales ont été affectées par plusieurs facteurs, notamment la réputation liée aux centres d’arnaques en ligne et la guerre frontalière avec la Thaïlande qui a perturbé certains flux régionaux.

 

L’immobilier traverse également une phase de correction. Mais là encore, il faut éviter les raccourcis. Le ralentissement du secteur s’explique par la fin d’un cycle d’investissement très rapide, par un environnement régional moins favorable et par une perception du risque plus élevée chez certains investisseurs, notamment asiatiques.

 

Dans le même temps, d’autres secteurs montrent une réelle dynamique

 

Le commerce extérieur continue de progresser. En 2025, les échanges commerciaux du Cambodge ont atteint plus de 65 milliards de dollars, en hausse de 18 %. Les exportations dépassent désormais 30 milliards de dollars.

 

Le textile reste dominant, mais la diversification est bien réelle. Les exportations de caoutchouc, de meubles, de jouets, d’articles de sport ou encore de bicyclettes progressent fortement. Les exportations de vélos ont par exemple dépassé 600 millions de dollars en 2025, en hausse de plus de 40 %.

 

Plus intéressant encore, le Cambodge commence à attirer des investissements industriels plus sophistiqués. Des groupes internationaux, notamment dans l’automobile ou dans certaines filières industrielles, explorent ou développent désormais des projets dans le pays. C’est encore un début, mais cela montre que l’économie cambodgienne monte progressivement en gamme.

 

Une économie qui continue d’attirer les investisseurs

 

Les investissements étrangers restent soutenus. Selon le Conseil pour le développement du Cambodge, 575 projets d’investissement ont été approuvés en 2025, soit une hausse de 66 % par rapport à l’année précédente. L’année 2026 semble démarrer sur le même rythme.

 

Le secteur manufacturier domine ces investissements, notamment dans les zones économiques spéciales, mais les projets concernent également les énergies renouvelables, la logistique ou certaines activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.

 

Cette attractivité repose aussi sur un cadre économique particulièrement ouvert.
Dans tous les secteurs, les investisseurs étrangers peuvent créer une entreprise sans obligation de s’associer à un partenaire local. Le Cambodge ne pratique pas de contrôle des changes et une société peut détenir librement des comptes en dollars ou en euros.

 

La politique d’immigration, malgré un resserrement lié à la lutte contre les activités criminelles, reste également accessible pour les entrepreneurs étrangers. Beaucoup d’expatriés installés au Vietnam ou en Thaïlande continuent d’ailleurs de venir faire leurs visa runs au Cambodge. Les lecteurs de Gavroche savent bien de quoi il s’agit.

 

Une économie qui avance malgré les chocs récents

 

Il faut également replacer la situation actuelle dans son contexte. Ces derniers mois, le Cambodge a dû faire face à plusieurs facteurs défavorables. Une guerre frontalière a conduit à la fermeture complète d’une partie de la frontière terrestre, perturbant les flux touristiques et commerciaux. Dans le même temps, le scandale régional des centres d’arnaques en ligne a fortement affecté l’image du pays auprès de certains marchés asiatiques.

 

C’est dans ce contexte que la question posée par Gavroche prend tout son sens.
Mais malgré ces difficultés, l’économie continue d’avancer. Les exportations progressent, les investissements se poursuivent et les autorités maintiennent leur stratégie de transformation économique avec l’objectif d’amener le Cambodge vers le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur dans les prochaines décennies. Une économie en faillite ne voit pas ses exportations augmenter, ses investissements étrangers progresser et ses projets industriels se multiplier.

 

Le regard d’un acteur économique

 

C’est aussi ce que nous observons sur le terrain. Confluences, société spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises et le développement de projets au Cambodge, travaille depuis plus de dix ans avec des investisseurs internationaux. Nos équipes de market access n’ont rarement été aussi sollicitées.

 

Les demandes d’exploration du marché, de partenariats ou d’implantation restent nombreuses. Et cette dynamique pourrait encore s’accélérer dans les prochains mois, à l’approche du Sommet de la Francophonie de 2026 et des forums économiques qui l’accompagneront.

 

Le Cambodge n’est pas un pays parfait. Mais il n’est certainement pas un pays en faillite. C’est une économie jeune, ouverte, encore en transformation, mais qui continue d’avancer.

 

Et pour les entrepreneurs français installés dans la région, qu’ils soient à Bangkok, Hô-Chi-Minh-Ville ou ailleurs, il mérite sans doute d’être regardé avec un peu moins de clichés et un peu plus d’attention. Car le Cambodge demeure aussi l’un des rares pays de la région où la francophonie conserve une présence économique et culturelle tangible.

 

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