
Six constructeurs sud-coréens, turcs, espagnols et singapouriens sont en compétition pour décrocher un contrat de 17,5 milliards de bahts destiné à la Marine royale thaïlandaise. Au-delà de l’achat d’un navire, Bangkok poursuit la modernisation de ses capacités navales dans un contexte régional plus incertain.
La Marine royale thaïlandaise devrait bientôt rendre son verdict. Selon son porte-parole, le contre-amiral Parach Rattanachaiyapan, l’évaluation des offres pour la construction d’une nouvelle frégate est entrée dans sa phase finale.
Le projet, inscrit au budget 2026, représente un investissement de 17,5 milliards de bahts (environ 535 millions de dollars). Il constitue la première étape d’un programme plus vaste prévoyant l’acquisition de deux frégates pour un montant total de 35 milliards de bahts.
Six candidats en lice
Six constructeurs étrangers rivalisent pour décrocher le contrat. Les sud-coréens Hyundai Heavy Industries et Hanwha Ocean affrontent le singapourien ST Engineering, l’espagnol Navantia ainsi que les turcs ASFAT et TAIS Shipyards dans cette compétition à 17,5 milliards de bahts.
Cette diversité de candidatures illustre l’intérêt croissant des industriels étrangers pour les marchés de défense d’Asie du Sud-Est, où plusieurs pays investissent actuellement dans le renouvellement de leurs équipements militaires.
La Marine thaïlandaise affirme toutefois qu’aucun constructeur ne bénéficie à ce stade d’un avantage particulier et que la sélection reste entièrement ouverte.
Une sélection sous surveillance
Le choix final repose sur une analyse approfondie des performances opérationnelles, des capacités techniques, des systèmes d’armes, des équipements de communication, du soutien logistique et du rapport qualité-prix proposés par chaque candidat.
Soucieuse de garantir la transparence de l’appel d’offres, la Marine royale thaïlandaise a placé la procédure sous le contrôle d’un « Integrity Pact », qui associe des observateurs d’organisations anticorruption chargés d’en surveiller les différentes étapes.
Selon la Marine, les experts chargés de l’évaluation examinent les propositions au regard des intérêts nationaux et des besoins stratégiques du royaume à long terme.
Moderniser la flotte
Au-delà de l’attribution du contrat, ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des forces armées thaïlandaises. Le royaume cherche depuis plusieurs années à renforcer ses capacités de surveillance maritime et de protection de ses voies commerciales. Située entre le golfe de Thaïlande et la mer d’Andaman, la Thaïlande dépend largement de la sécurité de ses espaces maritimes pour son commerce et son approvisionnement énergétique.
Le programme intervient également alors que les questions de défense et de souveraineté ont retrouvé une place importante dans le débat public à la suite des tensions récentes entre la Thaïlande et le Cambodge. Si cette acquisition n’est pas directement liée à ce différend, elle témoigne de la volonté de Bangkok de poursuivre la modernisation de ses capacités militaires.
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