
La Chine absorbe désormais plus d’un tiers des exportations vietnamiennes de crevettes et s’impose comme le premier moteur de croissance de la filière, tandis que le marché américain reste pénalisé par les droits de douane et les incertitudes commerciales.
Selon l’Association vietnamienne des exportateurs et producteurs de produits de la mer (VASEP), les exportations de crevettes ont atteint 2,35 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 14,2 % par rapport à la même période de l’an dernier. La crevette demeure l’un des principaux produits d’exportation de la filière halieutique vietnamienne et une source importante de devises pour le pays.
En juin, les ventes à l’étranger ont représenté à elles seules 458 millions de dollars, soit une progression de 24 % sur un an.
La Chine tire désormais la croissance
La Chine continentale et Hong Kong ont généré 845 millions de dollars d’exportations au premier semestre, soit 36 % des recettes de la filière. À elle seule, la Chine continentale a représenté près de 809 millions de dollars, en hausse de 47 % sur un an, confirmant le rôle croissant du marché chinois pour les producteurs vietnamiens.
Le Japon (271 millions de dollars), la Corée du Sud (169 millions) et l’Australie (126 millions) ont également enregistré une croissance de leurs importations de crevettes vietnamiennes.
Cette évolution illustre une tendance plus large observée en Asie : face aux incertitudes qui pèsent sur certains marchés occidentaux, de nombreuses entreprises privilégient des débouchés régionaux, plus proches, moins coûteux à desservir et souvent plus réactifs.
Les États-Unis restent un marché difficile
Le marché américain offre un contraste marqué. En juin, les exportations ont progressé de 32 %, à environ 62 millions de dollars. Selon la VASEP, cette hausse s’explique principalement par l’accélération des expéditions avant d’éventuelles modifications de la politique tarifaire américaine.
Sur l’ensemble du premier semestre, les ventes vers les États-Unis ont toutefois reculé de 15 %, à environ 290 millions de dollars.
Les exportateurs vietnamiens continuent de faire face aux droits antidumping, à des exigences accrues en matière de traçabilité, à une forte concurrence internationale ainsi qu’à des coûts logistiques élevés.
L’Asie offre un avantage logistique
Les coûts de transport renforcent également l’attractivité des marchés asiatiques. À la mi-juillet, l’expédition d’un conteneur de 40 pieds entre Hô-Chi-Minh-Ville et la côte Est des États-Unis coûtait encore près de 8 920 dollars, contre 6 487 dollars vers la côte Ouest américaine. Les livraisons vers la Chine, le Japon ou la Corée du Sud restent, elles, moins coûteuses, plus rapides et permettent une rotation plus efficace des capitaux.
L’Europe peine à retrouver son dynamisme
Les exportations vers l’Union européenne n’ont progressé que de 2 %, confirmant que le marché européen ne constitue pas encore un véritable relais de croissance pour les exportateurs vietnamiens.
Une nouvelle géographie des exportations
En quelques années, la carte des débouchés de la crevette vietnamienne s’est profondément transformée. La Chine s’impose désormais comme le principal moteur de croissance du secteur, tandis que les États-Unis perdent progressivement de leur importance.
Cette réorientation offre de nouvelles perspectives aux producteurs vietnamiens, mais elle accroît également leur dépendance envers le marché chinois, dont la demande, les politiques sanitaires et les conditions de concurrence peuvent évoluer rapidement. Pour les exportateurs, l’enjeu sera désormais de poursuivre leur diversification afin de limiter cette nouvelle forme de vulnérabilité.
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