
Le classement annuel des 50 plus grandes fortunes de Thaïlande publié par Forbes offre un aperçu des groupes qui structurent l’économie du royaume. Parmi eux figurent cette année cinq femmes, associées à des entreprises présentes dans la finance, l’industrie, la distribution, la logistique ou l’agroalimentaire. Si leurs patrimoines retiennent l’attention, leur influence tient avant tout aux groupes qu’elles dirigent ou représentent.
Cinq dirigeantes au cœur de l’économie thaïlandaise

Daonapa Patcharachai, la finance au service des particuliers
En tête de cette sélection, Daonapa Patcharachai est associée à Muangthai Capital (MTC), dont le patrimoine est estimé par Forbes à 1,4 milliard de dollars. Pour la première fois, le magazine américain la classe à titre individuel, après le décès en début d’année de son époux et cofondateur de l’entreprise, Chuchat Patcharachai.
Fondée en 1992 autour du financement de motos, Muangthai Capital est devenue l’un des principaux établissements de microfinance de Thaïlande. Le groupe accompagne aujourd’hui des millions de particuliers, d’entrepreneurs et de petites entreprises à travers le pays et joue un rôle essentiel dans l’accès au crédit hors des circuits bancaires traditionnels.
Jareeporn Jarukornsakul, au cœur de l’industrie thaïlandaise
La fortune de Jareeporn Jarukornsakul, cofondatrice et directrice générale de WHA Corporation, progresse de 69 % en un an pour atteindre 1,25 milliard de dollars.
WHA est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs du développement industriel thaïlandais. Le groupe aménage des zones industrielles accueillant de nombreux investisseurs étrangers, développe des plateformes logistiques et investit désormais dans les infrastructures destinées aux centres de données, un secteur porté par l’intelligence artificielle et les nouveaux investissements internationaux.
Trois autres figures majeures du pouvoir économique
Avec un patrimoine estimé à 1,12 milliard de dollars, Supaluck Umpujh et sa famille occupent la 32ᵉ place du classement. À la tête de The Mall Group, elle dirige l’un des principaux groupes thaïlandais du commerce et de l’immobilier commercial. Le groupe exploite plusieurs des centres commerciaux les plus emblématiques de Bangkok, dont Emporium, EmQuartier et Emsphere, devenus des vitrines du commerce haut de gamme et des nouvelles habitudes de consommation dans la capitale.
Au 33ᵉ rang, Nutchamai Thanombooncharoen affiche une fortune estimée à 1,1 milliard de dollars. Cofondatrice et présidente de Carabao Group, elle a accompagné l’essor d’une entreprise devenue l’une des rares marques thaïlandaises à s’être imposée sur le marché international des boissons énergétiques. Exportée dans de nombreux pays, Carabao poursuit également sa diversification dans la distribution grâce au développement de la chaîne de proximité CJ Express.
Enfin, Chansamorn Wattanavekin et sa famille se classent 38ᵉ, avec un patrimoine estimé à 850 millions de dollars. IIssue de la famille Wattanavekin, fondatrice du groupe Kiatnakin, elle appartient à l’une des grandes dynasties financières du royaume. Son fils aîné, Supol Wattanavekin, préside aujourd’hui Kiatnakin Phatra Bank, tandis que la famille conserve également des intérêts dans le sucre et l’hôtellerie.
Au-delà du classement
Ces cinq femmes suivent des parcours différents. Certaines ont fondé leur entreprise, d’autres ont développé ou perpétué un groupe familial. Toutes occupent aujourd’hui une place de premier plan dans des secteurs clés de l’économie thaïlandaise.
Finance, logistique, industrie, distribution ou immobilier commercial : les entreprises qu’elles dirigent ou représentent figurent parmi les acteurs majeurs de ces marchés.
C’est sans doute là que réside l’intérêt du classement publié par Forbes. Plus qu’un palmarès des fortunes, il offre un aperçu des groupes qui occupent une place centrale dans l’économie thaïlandaise. Derrière les patrimoines apparaissent des entreprises présentes dans le financement, la consommation, l’industrie ou les infrastructures, autant de secteurs qui accompagnent le développement du royaume.
Pour un lecteur français, ces noms restent souvent méconnus. Les entreprises qu’elles dirigent ou représentent, en revanche, comptent parmi les principaux acteurs de l’économie thaïlandaise.
Gaston Baht
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Imaginez cette personne clouée sur un lit dans une pièce sans climatisation, dans une maison locale en très mauvais état. J’ai même dû, il y a peu, payer un artisan pour refaire une partie du toit, car la pluie tombait directement sur elle.
Moi, je le fais, n’étant ni religieux ni bouddhiste. Je suis simplement humain.
Vous pouvez venir faire un reportage, les Gavroche. Vous toucherez du doigt la misère réelle des personnes pauvres atteintes par la maladie dans ce pays.
La high so thaïlandaise, celle des ultra-riches, ignore la réalité de ses citoyens les plus malheureux.
Moi, je la connais. La sœur de ma compagne, âgée de 64 ans, a fait un AVC il y a presque un an. Hospitalisée, elle a été renvoyée chez elle au bout de trois jours. La situation est bloquée : elle est handicapée, ne peut plus marcher et n’a plus qu’un bras valide. On ne peut rien faire de plus.
C’est moi, retraité modeste installé ici depuis 32 ans, qui ai acheté le lit médical. Son fils, âgé de 40 ans, s’occupe d’elle à domicile : il la lave, la change, lui met des couches chaque jour et la fait manger, avec l’aide de ma compagne trois fois par semaine.
Une infirmière la visite gratuitement une fois par semaine, ainsi qu’un médecin tous les quinze jours. Elle est également transportée gratuitement une fois par semaine, dans un véhicule spécialisé, pour une heure de massages et de kinésithérapie.
Elle perçoit une retraite de 600 bahts par mois, à laquelle s’ajoute une allocation de 800 bahts, soit 1 400 bahts mensuels. Les couches lui sont fournies gratuitement.
Pour ma part, je lui verse 4 000 bahts par mois, parce que je suis humain. Si je peux nourrir mon chat, je ne peux pas laisser mourir de faim quelqu’un que je connais depuis 32 ans. Mais je ne peux pas faire davantage, avec mon assurance française qui me coûte 340 euros par mois et me ruine.
Voilà la réalité de la Thaïlande, bien loin de la high so, et que la majorité des adorateurs des bars à filles ignore.
C’est aussi cette situation qui m’a conduit à m’opposer fermement aux agents du Revenue Department lorsqu’ils ont voulu, selon moi, me faire payer illégalement des impôts malgré la convention fiscale. Je leur ai répondu que je contribuais déjà volontairement à aider une citoyenne thaïlandaise, là où, à mes yeux, les autorités ne faisaient pas suffisamment leur part.