
Thai Airways devrait connaître un net ralentissement de ses résultats au deuxième trimestre 2026, pénalisée par l’envolée du coût du carburant et une demande moins dynamique sur les lignes long-courriers. La situation pourrait toutefois s’améliorer à partir du troisième trimestre, avec le redressement du trafic et les couvertures prises par la compagnie contre la hausse du kérosène.
Le redressement de Thai Airways devrait connaître un trou d’air au deuxième trimestre. Selon les estimations de l’analyste financière de la banque Kiatnakin Phrata, le bénéfice hors éléments exceptionnels devrait tomber à 1,2 milliard de bahts, contre 6,8 milliards un an auparavant.
Le bénéfice net est, lui, attendu à 900 millions de bahts, en hausse de 103 % par rapport au premier trimestre mais en recul de 6 % sur un an. Cette différence s’explique notamment par des éléments comptables, dont un produit fiscal d’environ 1,1 milliard de bahts.
La compagnie nationale thaïlandaise doit surtout composer avec une forte augmentation de sa facture énergétique et un recul du trafic, particulièrement sensible sur les liaisons avec l’Europe et l’Australie.
Des billets plus chers, mais moins de passagers
Le rendement moyen par passager devrait progresser de 18 à 20 % sur un an au deuxième trimestre, dans un contexte de hausse des prix du kérosène.
Cette augmentation devrait toutefois s’accompagner d’un recul de 8 % du nombre de passagers, tandis que les capacités proposées par la compagnie diminueraient de 4 %.
Le coefficient de remplissage perdrait ainsi 6 points pour tomber à 72 %.
Malgré cette baisse de fréquentation, les recettes tirées du transport de passagers devraient progresser de 6 %, grâce notamment à des tarifs plus élevés.
Une facture de carburant en hausse de 70 à 75 %
C’est le principal point noir des comptes de Thai Airways. Les dépenses de carburant devraient bondir de 70 à 75 % sur un an. Les autres charges augmenteraient également de 8 à 10 %, principalement sous l’effet des dépenses de maintenance des avions et des amortissements.
La restructuration financière de Thai Airways commence en revanche à produire des effets favorables sur le coût de sa dette : les charges d’intérêts devraient diminuer de 13 à 15 %.
Une amélioration attendue à partir du troisième trimestre
La situation pourrait commencer à s’améliorer pendant l’été. La faiblesse du deuxième trimestre provient notamment d’une forte contraction du trafic long-courrier, particulièrement vers l’Europe et l’Australie. Cette tendance s’est toutefois atténuée en juillet, ce qui laisse espérer une remontée du taux de remplissage au troisième trimestre.
Thai Airways a également réduit ses tarifs depuis juillet. Ils devraient néanmoins rester supérieurs à ceux pratiqués un an auparavant.
La compagnie dispose surtout d’une protection partielle contre la hausse du carburant : elle a couvert environ 40 % de sa consommation de kérosène prévue au second semestre 2026.
La moitié de ces couvertures avait été mise en place sur le Brent avant le conflit au Moyen-Orient. Les 20 % supplémentaires ont été sécurisés sur le kérosène lors du recul des cours en mai et juin.
Des perspectives revues à la baisse jusqu’en 2028
Les conséquences du conflit au Moyen-Orient devraient néanmoins peser plus longtemps que prévu sur les comptes.
Les prévisions de bénéfices de Thai Airways pour 2026, 2027 et 2028 ont été abaissées de 10 à 14 %. L’hypothèse retenue pour le prix du kérosène a parallèlement été relevée de 120 à 132 dollars le baril.
L’objectif de cours de l’action Thai Airways a ainsi été ramené à 7 bahts.
Cette valorisation intègre également un autre risque : celui de voir certains anciens créanciers de la compagnie vendre les actions reçues en échange de leurs créances lors de la restructuration.
La période pendant laquelle ces titres ne pouvaient pas être cédés a pris fin le 4 août 2026. Leur éventuelle arrivée sur le marché pourrait exercer une pression sur le cours de Thai Airways.
Pour la compagnie nationale thaïlandaise, le second semestre s’annonce donc contrasté. Le retour progressif des voyageurs sur les lignes long-courriers et la couverture d’une partie des achats de carburant devraient améliorer les résultats à partir du troisième trimestre, mais le niveau élevé du kérosène continuera de peser sur les comptes.
Gaston Baht
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