
Troisième destination préférée des expatriés, première pour le coût de la vie et l’accueil de la population… mais dernière pour la qualité de l’air. L’enquête Expat Insider 2026 d’InterNations dresse un portrait contrasté de la Thaïlande, où 86 % des étrangers interrogés se disent satisfaits de leur vie. La France, elle, se classe 14e.
Vivre en Thaïlande rendrait-il heureux ? À en croire les étrangers qui ont répondu à la dernière enquête Expat Insider d’InterNations, la réponse est largement positive.
Le royaume se classe troisième parmi les 31 destinations évaluées en 2026, derrière le Panama et le Mexique. Il devance les Émirats arabes unis, le Brésil et l’Espagne. Singapour arrive 7e, la Malaisie 9e et la France 14e.
L’Asie du Sud-Est place ainsi trois pays dans les dix premiers. Le Vietnam et l’Indonésie n’apparaissent pas dans le classement 2026, faute d’avoir atteint le nombre minimal de répondants requis par InterNations.
Le portefeuille et l’accueil font la différence
Le premier atout de la Thaïlande est très concret : le coût de la vie. Le royaume arrive en tête sur ce critère, avec 85 % d’opinions positives, contre seulement 39 % en moyenne parmi l’ensemble des personnes interrogées.
La Thaïlande occupe par ailleurs la deuxième place de l’indice consacré aux finances personnelles. Le logement contribue à cette performance : il est considéré comme le plus abordable des 31 destinations étudiées et comme l’un des plus faciles à trouver.
Mais l’argent n’explique pas tout. La Thaïlande arrive également première pour l’amabilité de la population locale et pour le sentiment de « se sentir chez soi ». Au total, 89 % des expatriés interrogés portent un jugement positif sur l’accueil des Thaïlandais.
Résultat : 86 % se déclarent satisfaits de leur vie en Thaïlande, contre 70 % dans l’ensemble de l’enquête. Aucun autre pays étudié ne fait mieux sur ce critère. Et 42 % des répondants installés dans le royaume déclarent vouloir y rester définitivement.
Le paradoxe thaïlandais : heureux malgré la pollution et les embouteillages
Ce podium cache pourtant des résultats beaucoup moins flatteurs.
La Thaïlande n’arrive qu’au 21e rang pour la qualité de vie. Son principal point noir est la qualité de l’air : le royaume termine 31e et dernier, avec seulement 33 % d’opinions positives. Son environnement urbain se classe également parmi les moins appréciés.
Les déplacements constituent une autre faiblesse. La Thaïlande arrive 25e pour ses infrastructures routières et 28e pour la disponibilité des transports publics. Embouteillages, état des routes, pollution et inondations pèsent donc sur le quotidien sans pour autant remettre en cause l’appréciation générale du pays.
L’administration réserve également quelques surprises. La Thaïlande se classe dernière pour la facilité à ouvrir un compte bancaire et seulement 20 % des répondants portent un jugement positif sur leurs relations avec la bureaucratie locale. En revanche, trouver un logement reste particulièrement facile et abordable.
La France 14e, mais championne pour la santé
La comparaison avec la France permet de mesurer la singularité du résultat thaïlandais. La France occupe la 14e place sur 31, onze rangs derrière la Thaïlande.
Les expatriés installés en France lui reconnaissent pourtant d’autres qualités. Le pays arrive premier pour les soins de santé et 9e pour la qualité de vie. Près des trois quarts des étrangers interrogés, 74 %, se déclarent satisfaits de leur vie en France.
Mais la France souffre précisément là où la Thaïlande marque des points. Elle n’est que 16e pour la facilité d’intégration et 26e pour les aspects pratiques de la vie d’expatrié. La bureaucratie et la barrière de la langue pèsent particulièrement sur son classement.
La comparaison est révélatrice : la France obtient de meilleurs résultats pour la qualité de vie et la santé, tandis que la Thaïlande séduit davantage par son coût de la vie et la facilité avec laquelle les étrangers disent s’y sentir chez eux.
Une destination particulièrement prisée des retraités
Le profil des étrangers interrogés en Thaïlande apporte une autre clé de lecture. Quatre répondants sur dix sont retraités, contre 14 % dans l’ensemble de l’enquête. Et 22 % expliquent avoir déménagé dans le royaume spécifiquement pour leur retraite, contre seulement 4 % au niveau mondial.
Le classement ne mesure donc pas uniquement l’expérience de cadres étrangers envoyés en Thaïlande par leur entreprise. InterNations emploie le terme « expatrié » dans un sens large : salariés en mobilité internationale, retraités, personnes ayant rejoint un conjoint ou étrangers ayant choisi de s’installer dans un autre pays pour des raisons personnelles.
Un classement à prendre pour ce qu’il est
L’enquête mérite toutefois une précaution méthodologique. InterNations a interrogé en ligne 7 786 expatriés de 162 nationalités entre le 1er février et le 31 mars 2026. Pour entrer dans le classement, une destination devait recueillir au moins 50 réponses ; seules 31 ont franchi ce seuil.
Il ne s’agit donc ni d’un classement exhaustif de tous les pays du monde ni d’une mesure objective de leur qualité de vie. InterNations mesure avant tout la satisfaction personnelle des étrangers qui ont participé à son enquête, à travers 53 critères regroupés en cinq grands indices.
Reste un paradoxe qui parlera sans doute à beaucoup d’étrangers installés dans le royaume : la Thaïlande cumule des défauts bien identifiés — pollution, circulation, infrastructures ou bureaucratie — sans entamer fortement leur satisfaction générale. Pour les expatriés interrogés, le coût de la vie, l’accueil des Thaïlandais et la facilité à se sentir chez soi semblent largement faire pencher la balance du bon côté.
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