
Le Cambodge a approuvé pour 5,22 milliards de dollars de projets d’investissement au cours des sept premiers mois de 2026. Derrière ce montant, qui ne correspond ni à des investissements exclusivement étrangers ni à des capitaux déjà intégralement décaissés, se dessine une diversification progressive de l’économie du Royaume.
Selon les données du Conseil pour le développement du Cambodge (CDC), 309 projets ont reçu le feu vert entre janvier et juillet. Ils devraient permettre la création d’environ 177 000 emplois.
L’industrie reste le premier moteur
Les activités manufacturières et industrielles continuent de concentrer la plus grande part des investissements approuvés. Le CDC relève toutefois une progression des capitaux consacrés aux grandes infrastructures, à l’hôtellerie et au tourisme, ainsi qu’un intérêt croissant pour les énergies renouvelables et l’assemblage de véhicules électriques.
Cette évolution accompagne la stratégie de Phnom Penh visant à élargir une base industrielle historiquement dominée par le textile, l’habillement et la chaussure. Le pays cherche désormais à attirer davantage d’activités à plus forte valeur ajoutée, notamment dans l’électronique, l’automobile et les industries vertes.
Les projets approuvés au premier semestre illustrent cette diversification : ils comprennent notamment des installations solaires, éoliennes et de biomasse, une usine d’assemblage de véhicules électriques, une usine de motos et une unité de fabrication de pneumatiques.
Les capitaux cambodgiens conservent un poids important
Les statistiques du CDC ne doivent pas être assimilées à des investissements directs étrangers. Sur les 4,7 milliards de dollars de projets approuvés au premier semestre 2026, les capitaux cambodgiens représentaient environ 42 % du total, devant la Chine, première source étrangère avec près de 36 %.
Pékin demeure donc un acteur majeur de l’investissement au Cambodge, sans pour autant financer à lui seul l’essentiel des nouveaux projets.
Le Royaume mise également sur son intégration économique régionale pour séduire les industriels. Son appartenance au RCEP, vaste accord commercial réunissant les pays de l’ASEAN ainsi que la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, facilite son insertion dans les chaînes de production asiatiques.
Une comparaison avec 2025 à manier avec prudence
À première vue, les chiffres de 2026 sont inférieurs à ceux publiés un an plus tôt. Entre janvier et juillet 2025, le CDC avait annoncé 440 projets représentant environ 6,7 milliards de dollars, contre 309 projets et 5,22 milliards cette année.
Cette comparaison doit toutefois être maniée avec prudence. Le périmètre statistique utilisé par le CDC a évolué et les données de 2026 intègrent des projets approuvés par des sous-comités provinciaux qui n’étaient pas comptabilisés de la même manière dans le total publié un an auparavant. En l’absence d’une série 2025 recalculée selon une méthodologie identique, il serait donc hasardeux d’en déduire un taux précis d’évolution annuelle.
Le CDC fait en revanche clairement état d’une progression des investissements dans les infrastructures et le tourisme, tandis que l’industrie reste le principal secteur d’investissement.
Les 5,22 milliards de dollars constituent ainsi avant tout un indicateur du volume de projets agréés par les autorités cambodgiennes. Plus que le seul montant, leur répartition montre la volonté de Phnom Penh d’élargir progressivement son modèle industriel vers l’énergie, les infrastructures et des activités à plus forte valeur ajoutée.
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