
Le cinéaste de la diaspora khmère ChanChrisna « Kayleb » Lee s’est installé pour un mois à Kep afin de préparer How to Grow a Ghost, un film où fantômes, mémoire familiale et traumatismes hérités se répondent.
Invité par le programme de résidence Art for Kep, le réalisateur a débuté son séjour le 17 août. Il ne s’agit pas encore de tourner : Kayleb Lee consacre ce mois à la recherche et au développement du film, au contact des paysages, des communautés locales et de l’environnement de cette station balnéaire du sud du Cambodge.
Un fantôme pour réparer la mémoire
How to Grow a Ghost raconte le retour au Cambodge d’un couple issu de la diaspora khmère. Dans une ferme familiale, les deux personnages entreprennent de fabriquer leur propre esprit à partir de matériaux et d’objets du quotidien.
Le fantôme n’y apparaît pas seulement comme une présence inquiétante. Il peut aussi réconforter, avertir et réparer, permettant au cinéaste d’explorer la mémoire ancestrale, les traumatismes transmis entre générations et certaines pratiques traditionnelles khmères de guérison.
Le film se trouve encore en phase de développement et son tournage est prévu ultérieurement. Kayleb Lee a précédemment réalisé le court métrage Papaya, présenté dans plusieurs festivals américains consacrés aux cinémas asiatiques et asiatico-américains.
Un mois de recherches à Kep
La résidence comporte également un volet de transmission. Le cinéaste développe avec la Sunflower Film Organization un projet de mentorat rémunéré destiné à de jeunes professionnels cambodgiens du cinéma. Le dispositif est encore en préparation.
Soutenu notamment par Knai Bang Chatt et Kep West, Art for Kep accueille des créateurs cambodgiens et étrangers autour de l’art, de la musique et de la protection du milieu marin. Le programme a notamment reçu l’écrivain français Emmanuel Pézard, venu travailler à Kep sur Les Villas de Kep, un ensemble de douze nouvelles traversant un siècle d’histoire cambodgienne.
Avec How to Grow a Ghost, le retour au Cambodge devient ainsi plus qu’un décor : il sert à interroger ce que la diaspora conserve et transmet de son histoire familiale, et les fantômes avec lesquels elle continue de vivre.
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