
Deux plantes jusqu’alors inconnues de la science ont été identifiées dans un parc national de la province de Tak, dans l’ouest de la Thaïlande, près de la frontière birmane. Elles figurent parmi dix nouvelles espèces du même genre décrites cette année par des botanistes, signe que la flore du Royaume réserve encore des découvertes.
Les botanistes ont identifié les deux espèces, Didymocarpus niveus et Didymocarpus vilaiwaniae, dans le parc national de Khun Phawo, dans le district de Mae Ramat. Toutes deux appartiennent à la famille des Gesnériacées.
Le Département des parcs nationaux, de la faune et de la conservation des plantes (DNP) a présenté les deux espèces le 20 août. Les chercheurs avaient toutefois déjà publié leur description scientifique le 2 juillet 2026 dans le Thai Forest Bulletin (Botany).
Les chercheurs ont travaillé à partir de spécimens collectés au cours de plusieurs campagnes de terrain avant de confirmer qu’il s’agissait d’espèces jusqu’alors inconnues de la science.
Dix nouvelles espèces en une seule étude
La découverte dépasse le seul parc de Khun Phawo. L’étude publiée en juillet décrit dix nouvelles espèces de Didymocarpus en Thaïlande.
À elle seule, elle fait passer de 25 à 35 le nombre d’espèces connues de ce genre dans le pays, soit une augmentation de 40 % des espèces scientifiquement recensées.
Le travail est signé par Pranee Nangngam, David J. Middleton, Piyakaset Suksathan et Somran Suddee. Il s’inscrit notamment dans le cadre de Flora of Thailand, vaste programme consacré à l’inventaire et à la description de la flore du Royaume.

Une blanche, l’autre violette
Didymocarpus niveus se distingue par ses fleurs blanches en forme d’entonnoir. Son nom latin, niveus, fait référence à leur couleur « blanche comme neige ». La plante, qui peut atteindre environ 25 centimètres, pousse sur le sol ou sur les rochers et entre en dormance pendant la saison sèche.
La seconde espèce, Didymocarpus vilaiwaniae, produit au contraire des fleurs d’un violet vif et présente des feuilles couvertes de poils argentés. Son nom rend hommage à Vilaiwan Anusarnsunthorn, ancienne enseignante du département de biologie de l’université de Chiang Mai et fondatrice de l’herbier de cette université.
Les deux plantes restent encore très mal connues. Faute de données suffisantes sur leur aire de répartition et leurs populations, les chercheurs les classent provisoirement dans la catégorie « données insuffisantes » (Data Deficient) selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Dix espèces nouvelles décrites dans une seule étude : ces travaux rappellent surtout que, même dans des espaces protégés et déjà étudiés, une partie de la biodiversité thaïlandaise reste encore inconnue de la science.
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