
Après avoir multiplié les contrats avec la marine indonésienne, l’industrie italienne de défense prend position dans les airs. Jakarta a commandé douze M-346 F Block 20 à Leonardo, confirmant la montée en puissance de Rome dans la modernisation militaire de l’archipel. Une percée qui intervient sur un marché où la France occupe déjà une place importante.
L’Italie ne se contente plus de naviguer dans les eaux indonésiennes. Le groupe Leonardo a conclu avec Jakarta un contrat portant sur douze M-346 F Block 20, dont les premières livraisons sont prévues à partir de 2030. L’appareil italien se situe à mi-chemin entre l’avion d’entraînement avancé et le chasseur léger. Il permettra notamment à l’armée de l’air indonésienne de préparer ses pilotes aux avions de combat modernes, tout en disposant de capacités opérationnelles air-air et air-sol.
Le montant du contrat n’a pas été rendu public. L’accord prévoit également le développement en Indonésie de capacités de maintenance, de soutien et de formation.
Une offensive italienne commencée en mer
Cette commande aéronautique intervient alors que les industriels italiens ont déjà remporté plusieurs contrats importants auprès de la marine indonésienne. En mars 2024, Fincantieri avait décroché un marché de 1,18 milliard d’euros pour fournir deux grands bâtiments polyvalents initialement construits pour la marine italienne. Rebaptisés KRI Brawijaya-320 et KRI Prabu Siliwangi-321, ils renforcent sensiblement les capacités hauturières de Jakarta.
À cette opération s’est ajouté le transfert de l’ancien porte-aéronefs italien Giuseppe Garibaldi. Gavroche avait consacré un article à cette opération en avril dernier. Le bâtiment a depuis rejoint l’Indonésie et doit être adapté aux besoins de la marine indonésienne.
Jakarta multiplie les fournisseurs
L’offensive italienne s’inscrit dans une stratégie indonésienne plus vaste. Jakarta modernise rapidement ses forces armées tout en évitant de dépendre d’un fournisseur unique.
La France occupe elle aussi une place importante dans cette politique, notamment avec les 42 Rafale commandés à Dassault Aviation. L’Indonésie a également commandé deux A400M à Airbus, tandis que Naval Group et le chantier indonésien PT PAL doivent construire sur place deux sous-marins Scorpène Evolved.
Cette coopération franco-indonésienne dépasse désormais les seuls contrats d’armement. Comme Gavroche l’évoquait récemment, elle comprend également la formation, les transferts de compétences et les exercices militaires communs. Des Rafale français et indonésiens se sont notamment entraînés ensemble pour la première fois en septembre.
La progression italienne s’inscrit donc dans un paysage où Jakarta multiplie les partenariats européens plutôt que de choisir un fournisseur exclusif.
Pour Rome, la commande des M-346 marque néanmoins un changement d’échelle. Après avoir ouvert la voie avec Fincantieri et les contrats navals, Leonardo prend désormais pied au sein de l’armée de l’air indonésienne.
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