Accueil Opinions et débats Chroniques THAÏLANDE – CHRONIQUE : Ce pays du sourire que tu aimes ou tu quittes

THAÏLANDE – CHRONIQUE : Ce pays du sourire que tu aimes ou tu quittes

Journaliste : Patrick Chesneau Date de publication : 11/10/2026

touristes immigration

 

Une chronique siamoise et sociétale de Patrick Chesneau.

 

L’amour suppose le respect.

 

Ce qui est vrai entre les individus l’est également dans le domaine des rapports entre les citoyens (de toutes nationalités) et les différents États auxquels ils ont affaire quand ils voyagent.

 

Il suffit, pour en juger, de considérer le dossier de l’immigration.

 

Entre la France et la Thaïlande, la différence d’approche est aussi flagrante que radicale.

 

La préférence nationale, sans complexe

 

C’est ainsi que, dans tous les pays d’Asie du Sud-Est, la préférence nationale et la priorité nationale s’appliquent avec la plus extrême rigueur.

 

Pour prendre l’exemple de la Thaïlande, les droits des nationaux priment, sans l’once d’une discussion, sur ceux des étrangers. Dans tous les domaines. Pour faire simple, on peut dire que tout est fait pour protéger les citoyens thaïlandais. Emploi, propriété foncière, immobilier, logement, acquis sociaux, santé… entre autres.

 

Pas l’amorce d’une allocation à vocation sociale n’est versée aux migrants venus de l’Ouest ou d’ailleurs, quel que soit leur statut. Pas même de couverture financière pour les soins et séjours à l’hôpital. Tout est à la charge pécuniaire du voyageur, qu’il soit en séjour provisoire ou de longue durée.

 

Immigration : tolérance zéro

 

Les lois sur l’immigration sont draconiennes.

 

Aucune illégalité n’est tolérée.

 

Ici, pas d’équivalent d’une OQTF.

 

Pas de Farang sans papiers.

 

Les clandestins ont intérêt à le rester.

 

Sinon, ils se ménageront une vie très compliquée. Semée d’embûches et de lourdes pénalités. Avec, à la clé, un maintien impossible dans le pays.

 

À la moindre infraction aux lois vernaculaires, la sanction tombe : arrestation, amende, emprisonnement, expulsion express en application d’une récente procédure.

 

On assiste depuis quelque temps à un raccourcissement des étapes et à une accélération fulgurante des formalités juridiques à franchir avant l’exécution d’une peine.

 

Dans les cas les plus graves : bannissement, possiblement à vie.

 

Les contrevenants blacklistés ne bénéficient d’aucune mansuétude.

 

Aucun dépassement de visa n’est plus admis.

 

Principe basique de fonctionnement : Toute entorse aux textes vaut sanction.

 

Dans les cas où le corpus de la loi n’a pas changé, c’est son application qui a été rendue encore plus stricte.

 

Policiers et enquêteurs veillent au grain.

 

Sur le terrain et sur ordinateur, avec un recours méthodique à l’IA.

 

Entreprises et immobilier sous surveillance

 

Hors du champ des visas, les secteurs économiques et immobiliers sont désormais passés au peigne fin.

 

Tout montage illégal sur le plan juridique, par le biais de prête-noms (nominees), dans le but de créer des entreprises ou d’acquérir des terrains, donne lieu à des arrestations régulières. Toutes les nationalités sont dans le viseur.

 

En somme, les contrôles de situation sont dorénavant permanents et généralement implacables.

 

Exemple de ce crescendo dans la rigueur.

 

Un étranger naturalisé a été tout récemment déchu de la nationalité thaïlandaise d’un trait de plume. Sur simple directive du Premier ministre.

 

La politique du gouvernement en la matière se résume aisément :

 

Tour de vis.

 

Fin de tout laxisme.

 

L’époque « baba cool » est définitivement révolue.

 

Le nationalisme comme boussole

 

Reste un constat : Sur ce chapitre de l’immigration, ostensiblement liée à la question de la sécurité et de la délinquance, le consensus est total au royaume de Siam.

 

Aucun parti politique, aucune force économique, aucun syndicat de travailleurs ne prône le retour aux accommodements d’avant.

 

Pas non plus de voix dissonante dans les milieux intellectuels et artistiques.

 

Le nationalisme est la boussole du peuple siamois.

 

Le paradis, à condition d’être en règle

 

Pour autant, aucun étranger n’a l’impression de vivre en enfer. Bien au contraire.

 

Cette terre tropicale dispense ses délices et procure des émerveillements à foison.

 

Parmi les touristes et les résidents venus d’ailleurs, qui trouve à redire à la tolérance zéro ainsi appliquée, y compris à eux-mêmes ?

 

À vrai dire, personne.

 

Sauf les profils perturbateurs, privés du pays de cocagne où ils avaient pris l’habitude de sévir en toute impunité.

 

Le fait est que des centaines de milliers de Français viennent chaque année passer leurs vacances dans cette destination de villégiature. Et reviennent toutes affaires cessantes. Prenant irréversiblement goût à la variété locale du farniente.

 

En parallèle, des dizaines de milliers de Français vivent en Thaïlande parfaitement heureux. S’épanouissent. Malgré un corset juridique effectivement contraignant, ils en redemandent.

 

À l’évidence, les avantages l’emportent, et de loin, sur les éventuels inconvénients.

 

Nulle tracasserie administrative n’a, à ce jour, déclenché un mouvement d’exode significatif dans la communauté des étrangers, expatriés ou retraités.

 

À noter qu’aucun ne crie sérieusement au racisme anti-immigrés.

 

Sont-ils masochistes au point d’endurer un régime inique ?

 

Que nenni.

 

À la condition impérative d’être en règle sur tous les plans administratifs, ce coin d’Orient entre Triangle d’Or, boucle du Mékong et mer d’Andaman symbolise une forme très élaborée d’assignation au bonheur. Une aubaine, un bain de jouvence. La matrice d’un équilibre de vie.

 

Les « aliens » (vocable utilisé par les services d’immigration pour désigner les étrangers) qui accomplissent leur choix de vie sous cette latitude sont d’admirables épicuriens.

 

Évoquer le pays du sourire n’est pas un abus de langage, mais une réalité partagée entre autochtones et visiteurs.

 

L’hospitalité des Thaïlandais est légendaire.

 

Elle demeure véridique.

 

Conclusion : En majorité écrasante, les Farang (terme générique pour nommer les Occidentaux blancs) et les Farangset (Français), souvent sur la sellette dans l’actualité, ne quitteraient pour rien au monde leur pays d’accueil.

 

Patrick Chesneau

« La Thaïlande, tu l’aimes ou tu la quittes. »

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