
Le lourd bilan de l’incendie du Rong Beer Na Lat Phrao, qui a fait 27 morts et 63 blessés dans la nuit du 12 au 13 juillet à Bangkok, a immédiatement ravivé le souvenir de deux autres catastrophes qui ont profondément marqué la Thaïlande : le Santika Club, en 2009, et le Mountain B, en 2022.
Le parallèle est inévitable tant ces trois drames ont frappé des établissements de divertissement accueillant un large public. Mais les autorités appellent déjà à la prudence : si les enquêtes sur le Santika Club et le Mountain B ont permis d’établir les causes des incendies, celle du Rong Beer Na Lat Phrao ne fait que commencer.
Au-delà de l’émotion suscitée par cette nouvelle tragédie, un même objectif s’impose : comprendre précisément ce qui s’est passé avant d’en tirer les enseignements.
Le Santika Club, un traumatisme national
Dans la nuit du 31 décembre 2008 au 1er janvier 2009, plusieurs centaines de personnes célèbrent le Nouvel An au Santika Club, dans le quartier d’Ekkamai à Bangkok. Un feu d’artifice utilisé à l’intérieur de l’établissement met le feu au plafond. Les flammes et les fumées envahissent rapidement la salle.
Le bilan est dramatique : 67 morts et plus de 200 blessés, parmi lesquels plusieurs ressortissants étrangers.
L’enquête révélera plusieurs défaillances majeures : utilisation de matériaux inflammables, sorties de secours insuffisantes et dépassement de la capacité d’accueil. Ce drame conduira les autorités thaïlandaises à renforcer les règles de sécurité applicables aux établissements recevant du public.
Mountain B : des causes différentes, les mêmes interrogations
Treize ans plus tard, dans la nuit du 5 août 2022, un nouvel incendie meurtrier frappe le Mountain B, à Sattahip, dans la province de Chonburi. Les investigations mettent alors en évidence d’autres failles : des panneaux d’isolation acoustique très inflammables, des difficultés d’évacuation et des irrégularités administratives concernant l’exploitation de l’établissement.
Le bilan est de 25 morts et plusieurs dizaines de blessés.
Cette catastrophe relance le débat sur l’application effective des normes de sécurité et sur la fréquence des contrôles dans les établissements de divertissement.
Le Rong Beer : une enquête qui ne fait que commencer
Le 13 juillet 2026, Bangkok est une nouvelle fois confrontée à un incendie meurtrier.
Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, de la fumée serait apparue au-dessus de la scène du Rong Beer Na Lat Phrao avant qu’une panne d’électricité ne plonge l’établissement dans l’obscurité. Quelques instants plus tard, le feu se propage rapidement, provoquant un mouvement de panique. Le dernier bilan fait état de 27 morts et 63 blessés.
À ce stade, les enquêteurs privilégient la piste d’un court-circuit électrique, mais aucune conclusion n’a encore été arrêtée. Les experts devront déterminer l’origine exacte de l’incendie, comprendre comment les flammes et les fumées se sont propagées et vérifier si les dispositifs de sécurité ainsi que les voies d’évacuation répondaient aux normes en vigueur.
Contrairement aux drames du Santika Club et du Mountain B, il est donc encore impossible de tirer des enseignements définitifs de cette catastrophe.
Ce que l’enquête devra établir
L’incendie du Rong Beer Na Lat Phrao rappelle inévitablement le Santika Club et le Mountain B par son lourd bilan humain. En revanche, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que les causes de ces trois catastrophes sont comparables.
Les experts devront établir si le départ de feu résulte d’une défaillance électrique, si la propagation des fumées a joué un rôle déterminant, si les dispositifs d’évacuation ont fonctionné comme prévu et si les règles de sécurité ont été respectées.
Les réponses à ces questions seront déterminantes, non seulement pour établir les responsabilités, mais aussi pour savoir si ce drame appelle de nouvelles mesures ou rappelle avant tout l’importance de faire appliquer les règles existantes.
À chaque catastrophe, la Thaïlande s’interroge sur la sécurité de ses établissements accueillant du public. L’enquête sur le Rong Beer Na Lat Phrao devra dire si cette nouvelle tragédie révèle une faille inédite ou si elle met, une fois encore, en lumière des problèmes déjà connus.
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