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BIRMANIE EXPRESS – ACTUALITÉS : Que retenir de l’actualité birmane du 11 au 17 mai ?

Date de publication : 18/05/2026
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Birmanie PDF soldats

 

Gavroche a sélectionné pour vous quelques nouvelles saillantes en Birmanie durant cette semaine écoulée. Un survol de l’actualité indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à ce pays d’Asie du Sud-Est.

 

Politique, Diplomatie

 

La Russie accueillera en juin le sommet ASEAN-Russie célébrant les 35 ans des relations entre Moscou et l’organisation régionale, tandis que des spéculations grandissent autour d’une possible invitation du président birman Min Aung Hlaing. Ces interrogations se sont intensifiées après une récente rencontre à Naypyidaw entre l’ambassadeur russe et le ministre birman des Affaires étrangères, au cours de laquelle les deux parties ont préparé le sommet de mi-juin à Kazan et discuté du renforcement de leur partenariat stratégique.

 

Le gouvernement birman a présenté le 14 mai un projet de loi visant à durcir la lutte contre la fraude en ligne, avec des peines allant d’un an de prison jusqu’à la peine de mort dans les cas les plus graves. Cette initiative intervient alors que le régime affirme renforcer ses opérations contre les réseaux d’escroqueries numériques implantés dans les États Shan et Karen ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays. Le texte prévoit la création d’un comité central de supervision et d’un centre national anti-fraude, en coopération avec Interpol et Aseanapol.

 

Le gouvernement birman a intensifié ses critiques contre l’ASEAN après le maintien de l’exclusion de ses dirigeants des sommets régionaux. Le 10 mai, Naypyidaw a dénoncé des « mesures discriminatoires » à la suite de l’absence de Min Aung Hlaing au sommet de Cebu, aux Philippines. Dans les cercles proches du pouvoir, certaines figures pro-junte ont même évoqué l’hypothèse d’un retrait de la Birmanie de l’ASEAN. La Birmanie cherche désormais à renforcer ses liens avec la Chine et la Russie, tout en affichant un intérêt croissant pour des organisations alternatives comme les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

L’Inde a lancé le 11 mai à Naypyidaw une formation destinée aux officiers birmans dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Trente officiers de l’armée birmane participent à ce programme de formation. Cette coopération militaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que l’armée birmane intensifie ses opérations contre les populations civiles, suscitant de vives critiques de la communauté internationale. Malgré ces controverses, New Delhi poursuit sa stratégie d’influence régionale en Birmanie, où l’Inde cherche à préserver ses intérêts sécuritaires et géopolitiques face à l’influence croissante de la Chine.

 

Économie

 

Le régime militaire birman a renforcé le blocage des importations chinoises dans le cadre d’un « plan de 100 jours » visant à affaiblir les groupes armés ethniques. Des marchandises sont confisquées sur les axes frontaliers, notamment Muse-Mandalay. Malgré ces restrictions, certains flux commerciaux persistent, notamment l’exportation de mangues vers le Yunnan via des zones contrôlées par des groupes armés.

 

La Birmanie a exporté plus de 350 tonnes de crevettes en avril, générant plus de 1,16 million de dollars de revenus, selon le Département des pêches. Les exportateurs birmans ont acheminé près de 339 tonnes par voie maritime et vendu environ 13 tonnes supplémentaires aux pays voisins via les postes-frontières. Sur l’ensemble de l’exercice fiscal 2024-2025, le pays a exporté plus de 9 000 tonnes de crevettes pour une valeur avoisinant 30 millions de dollars. La Birmanie commercialise ses produits de la mer dans une quarantaine de pays, notamment en Chine, en Thaïlande, au Bangladesh et au Japon.

 

Le régime birman tente également de pénétrer le marché américain du riz parfumé haut de gamme en s’appuyant sur un partenariat avec une entreprise américaine. Une première cargaison test est à l’étude, même si les conflits dans plusieurs régions agricoles continuent de limiter la production.

 

Le projet urbain de Yatanarpon New City alimente désormais une intense spéculation foncière, faisant fortement grimper les prix des terrains. Des investisseurs et des proches du pouvoir militaire tirent profit de cette situation dans un climat marqué par l’opacité et le manque de transparence.

 

La Birmanie a exporté plus de 333 000 tonnes de caoutchouc durant l’exercice fiscal 2025-2026, générant plus de 519 millions de dollars de revenus, selon le ministère birman du Commerce. La Chine reste de loin le principal débouché du caoutchouc birman et absorbe à elle seule près de 75 % des exportations. La Birmanie vend également sa production à la Malaisie, l’Indonésie, le Vietnam, l’Inde et le Japon. Les États Mon et Karen ainsi que la région de Tanintharyi concentrent l’essentiel de la production nationale. Le pays exporte près de 90 % de son caoutchouc, la consommation intérieure demeurant relativement faible.

 

Entre le 8 et le 15 mai, la Banque centrale de Birmanie (CBM) a injecté plus de 12 millions de dollars sur le marché afin de soutenir les importations d’huile alimentaire, tout en allouant plusieurs centaines de milliers de dollars au secteur textile CMP (Cut, Make and Pack) et 2 millions de dollars aux importateurs de gaz naturel liquéfié (LNG). Par cette intervention, les autorités cherchent à stabiliser l’approvisionnement du pays en produits essentiels et à soutenir les secteurs exportateurs dans un contexte économique toujours fragile.

 

Société

 

Les autorités birmanes ont annoncé l’arrestation de 91 personnes — dont 86 ressortissants chinois — lors d’opérations menées du 4 au 9 mai contre des réseaux présumés d’escroqueries en ligne dans les townships de Laihka et Mongpan, dans le sud de l’État Shan. Les raids ont permis la saisie de 14 ordinateurs, 90 téléphones portables et divers équipements électroniques.

 

Le commandant en chef birman Ye Win Oo a annoncé vendredi à Naypyidaw que le gouvernement préparait des débouchés professionnels pour les conscrits ayant achevé leurs deux années de service militaire obligatoire. Ceux qui ne trouveraient pas d’emploi pourraient être autorisés à se réengager dans l’armée. Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la conscription en février 2024, environ 120 000 hommes âgés de 18 à 35 ans auraient été mobilisés, la dernière vague datant du 27 avril. Le régime affirme également vouloir faciliter l’accès des anciens conscrits à des emplois publics ou à des postes à l’étranger, notamment en Thaïlande, au Japon et en Malaisie.

 

Répression / Conflit

 

Dans l’État Chin, les forces de défense chin (CDF) affirment avoir attaqué plusieurs colonnes de l’armée birmane déployées sur l’axe Falam-Hakha après la reprise de Falam par le régime. Selon les rebelles, quatre officiers, dont un commandant stratégique, auraient été blessés et quatre soldats tués lors des affrontements près du village de Chun Kyun. Le CDF affirme également que l’armée birmane a mené des frappes de drones et utilisé des armes lourdes dans la zone alors que ses troupes progressaient vers Hakha avec un contingent estimé à environ 500 hommes.

 

Le régime birman a déployé une colonne de 350 soldats dans les régions de Magwe et de Chin, reprenant progressivement le contrôle de plusieurs zones stratégiques malgré la résistance des groupes locaux.

 

Les autorités ont révoqué lundi les licences de trois nouveaux médias — Myaelatt Athan, Red News Agency et Asia Citizens — accusés de porter atteinte à la « sécurité nationale », à « l’État de droit » et à « la paix publique », selon le ministère de l’Information. Depuis le coup d’État de 2021, au moins douze médias indépendants ont perdu leur licence en Birmanie, parmi lesquels DVB, Myanmar Now, Mizzima, The 74 Media ou encore Chin World.

 

Le cardinal Charles Maung Bo a alerté sur une « polycrise » en Birmanie, marquée par l’effondrement économique, la pauvreté et plus de 3,5 millions de déplacés. L’Église reste l’une des rares structures d’aide humanitaire encore actives.

 

Le chef du gouvernement régional Chin nommé par l’armée, Wong Sun Htan, s’est rendu à Falam pour discuter du retour de près de 5 000 habitants déplacés par les combats depuis avril 2025. Située au nord de Hakha, la ville de Falam a été reprise par les forces du régime le 25 avril après plusieurs mois d’affrontements avec les groupes de résistance chin. Des habitants ont toutefois confié craindre une reprise rapide des combats, alors que l’armée birmane poursuit ses opérations dans l’État Chin.

 

Les Forces de défense du peuple birman (PDF) envisagent de renforcer leurs tactiques de guérilla face à la contre-offensive de l’armée, qui a repris le contrôle de sept villes depuis janvier, notamment dans les régions de Sagaing, Mandalay et Karenni ainsi que dans l’État Chin. Selon plusieurs analystes, les groupes rebelles souffrent désormais d’un manque de munitions après l’arrêt présumé des ventes d’armes de l’United Wa State Army (UWSA) sous pression chinoise. Le régime a par ailleurs annoncé la réouverture de l’axe routier reliant Mandalay au sud de l’État Kachin, une route stratégique pouvant servir à renforcer ses positions à Bhamo, où les combats contre la KIA se poursuivent.

 

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